Daydream

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 C'est joli chez vous. [PV Ankomst]

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Argantatel
Quoth the Raven : Nevermore!

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MessageSujet: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Lun 7 Fév - 6:55

[Suite : "Une p'tite tasse, moussaillon?" ]

Occupée à retirer les panneaux en bois des volets, Argantatel ne prit même pas la peine de dire au revoir à Avel qui partit aussi vite qu’il était venu. Elle décela une pointe d’agacement dans sa voix, mais ça ne la concernait pas. La muse avait juste détecté leurs regards surpris devant la flopée d’étagères couvertes de bocaux, de fleurs, autres herbes, et entrailles d’animaux conservées dans du formol. Mais bon, Ankomst finirait par s’y faire, ça ne mord pas, c’était juste un peu intimidant au début. Et puis, il pouvait vérifier : il n’y avait pas d’êtres humains conservés. Ni de corbeaux, elle les remplaçait par des pigeons. Jugeant qu’il n’avait pas besoin d’elle pour s’installer, elle monta à l’étage histoire de changer de vêtements et de libérer les fenêtres de l’étage, histoire d’aérer un minimum. L’odeur d’éther rendait facilement malade quiconque n’était pas habitué, et voir son invité vomir partout n’était pas vraiment sa priorité. Argantatel redescendit histoire de voir comment il allait, et elle put voir qu’il s’était déjà trouvé une occupation sur sa terrasse. Elle appréciait le fait qu’il avait eu la présence d’esprit de ne pas mettre de copeaux de partout sur son sol, et de son côté, elle se rendit dans son labo.

Retrouver son travail après une journée loin de chez elle, il n’y avait rien pour le mettre plus à l’aise. Si la colocation se passait aussi tranquillement que ça, elle pourrait être vivable pour les deux parties. Bon, elle allait quand même tenter un minimum de contact, parce qu’avoir un inconnu sous son toit pendant des jours, voire des semaines, il n’y avait rien de plus stressant quand on avait fuit la civilisation pendant 300 ans. Pour l’heure, elle s’amusa dans son coin avec ses fioles à classer et ses préparations. Le doux bruit des mixtures en train de bouillir la relaxa instantanément, et elle se plongea dans son travail en fredonnant quelque chose.

Le temps passa vite, et elle était dans son salon en train de classer ses fioles quand elle remarqua, par la fenêtre, deux silhouettes qui s’approchaient par ici. Elle n’y fit pas plus attention, se disant que c’était très certainement des clients venus pour s’offrir une potion pour le mal de tête, ou bien pour satisfaire sa femme au lit. Toujours très prisée celle-là. Sauf que quand ils s’approchèrent, Argantatel trouvait que ces dites silhouettes avaient comme une espèce de déjà-vu. Bien planquée à sa fenêtre, elle plissa les yeux et observa les deux personnages monter à leur allure, alors qu’ils semblaient bien discuter. Elle finit par les reconnaitre, et ne put retenir une exclamation de surprise, et lâcha la fiole qu’elle tenait. Argantatel jura en voyant que les débris de verre avaient légèrement coupés ses pieds nus, mais se précipita dehors, pas vraiment sûre d’être contente de ce qui se passait.

Elle avait bel et bien vu juste, c’était son père et son frère adoptif qui s’approchaient de chez elle. Après 300 ans, et des milliers de kilomètres parcourus, ils l’avaient retrouvé, et ce, précisément aujourd’hui. Ce qui aurait pu être des émouvantes retrouvailles, ce révélait en fait être une vraie catastrophe. Comment elle allait pouvoir gérer tout ça, avec Ankomst sous son toit ?! Comment leur dire avec subtilité qu’elle allait devoir les foutre à la porte parce qu’elle n’avait pas de places pour eux ? Et il fallait faire tout un résumé au pirate, qui devait avoir autre chose à foutre qu’écouter des vieilles histoires de familles. Et surtout, elle espérait juste que Dorian était passé à autre chose et n’était pas venu avec la ferme attention de la prendre pour épouse, parce que c’était vraiment très mal parti ! Ah si seulement ils étaient arrivés plus tôt, elle n’aurait pas eu tout ça à gérer !

Ils s’arrêtèrent, s’attendant visiblement à ce qu’elle leur court dans les bras. Elle l’aurait volontiers fait, mais elle ne bougea pas, et resta sur sa terrasse à côté d’Ankomst qui ne comprenait rien. Il y avait une espèce de blocage, la surprise l’avait laissé pantoise et elle avait été incapable d’aller les rejoindre, ou même de parler. Ils se regardèrent en chien de faïence pendant vingt bonnes secondes, jusqu'à ce que son père prenne les devants et écarta les bras pour s’avancer vers elle, l’air un minimum accueillant, vu qu’il comprenait que leur arrivée inopinée tenait plus du flop que de la merveilleuse surprise.

« Lenore. »
commença-t-il. Elle n’était plus habituée à ce prénom depuis très longtemps et ne le comprit que quelques secondes plus tard qu’il s’adressait à elle. Les bras ouverts, il attendait surement une réaction de la part de la chaire de sa chaire, qui n’avait pas bougé d’un pouce. Argantatel finit par s’éclaircir la gorge péniblement, avant de dire d’une voix inhabituellement rauque :

« Bonjour père. »


Elle hésita quelques secondes avant de finalement s’engouffrer dans ses bras comme il semblait le réclamer en silence depuis tout à l’heure. C’était dur après 300 ans de reprendre ses marques, surtout après s’être fermé hermétiquement à toute forme d’affection. Pourtant rien n’avait changé en apparence. Son père était toujours aussi grand et elle lui arrivait toujours à peine au bassin. Sauf que les choses, elles, avaient bien changés. Premièrement, elle s’appelait désormais Argantatel, et elle ne se priverait pas de bien lui faire comprendre, plus tard.

Sa priorité, c’était plutôt de calmer les ardeurs de Dorian qui s’approchait déjà vers elle. Elle aurait pu l’accueillir comme elle l’avait fait avec son père, mais Argantatel voulait juste mettre au clair les choses, histoire que tout reparte sur des bonnes bases. Elle se cala vite fait derrière le pirate, toujours occupé avec sa sculpture en bois, et dit dans la précipitation :

« Eeet, je vous présente Ankomst. On habite ensemble. »

Elle se gifla intérieurement pour avoir dit une chose pareille, mais c’était la seule chose qui lui était venu à l’esprit. Ce n’était pas faux, mais la façon dont elle avait tourné la phrase indiquait qu’ils ne passaient pas leurs soirées à jouer aux échecs. Et vu les regards mi curieux, mi suspicieux de sa famille qui glissèrent sur le pirate, visiblement l’effet escompté avait été atteint. En revanche, elle n’osa même pas regarder Ankomst, et pria juste pour qu’il ne fiche pas son plan en l’air. Charmante réunion de famille.
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Ankomst
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Jeu 10 Fév - 10:47

Au départ, Ankomst n'avait pas prévu d'écouter la conversation entre Argantatel et les deux inconnus. Il s'agissait sûrement de vieilles connaissances, de clients, bref, de quelque chose qui ne le regardait en rien. Il avait donc d'abord continué à sculpté, se concentrant sur la future forme du bout de bois. Probablement une biche. Cependant, les mots "bonjour, père" tombèrent presque innocemment dans ses oreilles. Il releva la tête, intrigué, et cacha son regard vert derrière une mèche de cheveux sombres. Certes, il y avait un certain air de ressemblance... Si on oubliait la différence de taille, qui en était presque comique. En revanche, l'autre type dont il ne connaissait le nom ou le lien qu'il avait avec Argantatel, semblait différent. En quoi, il n'aurait sut vraiment le dire. Se rappelant brusquement que tout ceci ne le concernait pas, il reprit sa sculpture. Il n'aurait pas apprécié que quelqu'un se mêle de ses affaires personnelles... Bon, d'un côté, Argantatel l'avait fait mais ce n'était pas vraiment volontaire. c'était surtout à cause de cette saleté d'Amaltea. A cette pensée, il sculpta un peu trop rageusement son morceau de bois, et son couteau vint riper légèrement sur son doigt. Il étouffa un juron particulièrement coloré et s'apprêta a rentrer en quête d'un quelconque tissus pour épancher le sang qui commençait à gouter. Pas grand chose, certes, mais il n'aimait pas l'idée de dégueulasser sa terrasse avec son hémoglobine. Mais alors qu'il prenait en main ses roues, Argantatel se glissa derrière lui et lâcha une phrase lourde de sens.

Ankomst s'immobilisa, le visage parfaitement impassible. Bon dieu, elle avait de la chance qu'il avait très rapidement apprit à dissimuler sa surprise. Non pas que ce fut un signe de faiblesse chez les pirates, mais c'était toujours mieux perçus de faire semblant d'avoir tout vu tout entendu. ça imposait plus le respect, surtout quand on est capitaine. Elle avait aussi de la chance qu'il fut quelqu'un d'a peu près intelligent et surtout, avec l'esprit rapide. Il analysa la situation, et comprit rapidement que celui dont il ne connaissait l'identité avait dû un jour courir après Argantatel et qu'elle essayait désormais de lui faire comprendre que ce n'était plus la peine d'essayer. De plus, son silence un peu long pouvait facilement être interprété comme une certaine gêne d'être présenté aussi rapidement à la famille de sa... de sa... "compagne". Il eut du mal à simplement penser le mot, tant il lui semblait inapproprié à lui-même. Il espérait être convainquant en tant qu'acteur... Il leva la tête de manière à pouvoir la voir et tenta de lui offrir son plus beau sourire, avant de regarder monsieur père droit dans les yeux :

- J'aimerais beaucoup vous parler, mais pour le moment, je ferais mieux de mettre un truc sur cette petite coupure. Et puis Tely a oublié de me mettre mes bandages ce matin...

Il parlait de ceux qui recouvrait habituellement ses tatouages, mais il n'était pas sur qu'Argantatel ne s'en rappel. Ils étaient partis précipitamment ce matin, et il n'avait pas eut le temps de les mettre. Pourquoi dont continuait il de se sentir mieux avec, il n'en avait aucune idée. Sûrement un truc psychologique auquel il ne comprendrait rien. Il roula à l'intérieur de la maison pour aller fouiller dans son sac. Habituellement, il aurait envoyé quiconque essayait de lui demander de l'aide comme la jeune femme un peu plus tôt. Mais après tout, il lui devait la vie alors il pouvait bien faire un geste... Il espérait que ça n'irait pas trop loin. Il enleva sa chemise et commença à mettre ses bandages. Les deux hommes et Argantatel l'avaient suivis à l'intérieur, et ils pouvaient à présent voir ses tatouages. Et, accessoirement, les deux flingues glissés dans son dos. Il lança un regard condescendant au monsieur inconnu, tandis qu'Argantatel l'aidait dans sa tâche. Il lui chuchota à l'oreille, juste assez fort pour qu'il l'entende :

- C'est qui ce type ?


Il leur adressa un pure sourire de politesse. Bizaremment, la piraterie lui avait aussi apprit la "négociation". Parfois, il était nécessaire de faire un minimum dans la finesse s'il voulait sauver ses hommes. Mais il était difficile pour Ankomst de leur faire croire qu'il était ici chez lui, puisque tout dans la maison appartenait à Argantatel. Absolument rien ne dénonçait la présence d'un homme dans sa vie... Surtout pas le sac d'Ankomst, avec toutes ses affaires dedans, jeté sur le canapé. Si le pirate voulait que les deux autres s'en aillent au plus vite, afin qu'il retrouve sa tranquillité, il allait devoir inventer un mensonge. Crédible, si possible, vu la suspicion qui luisait dans ses yeux. Il se râcla la gorge, tentative désuette pour rendre sa voix moins rauque qu'elle ne l'était.

- Je viens de rentrer du port, pardonnez moi si je fatigue. Pas facile de venir jusqu'ici en fauteuil...

Il parvenait même à laisser son accent de "voyou" de côté. S'il parvenait à leur faire avaler ce presque mensonge, il entamerait derechef une carrière d'acteur...
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Argantatel
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Ven 11 Fév - 12:48

Tout ceci tenait d’un miracle, ce n’était pas possible autrement. Argantatel ne savait jamais à quel saint se vouer, et elle s’était plutôt préparée à une réaction outrée de la part de son invité. Ce dernier lui faisant comprendre que ce n’était pas à lui de résoudre ses problèmes de famille. Il avait pas tort, et elle ne mettrait pas sa main à couper qu’elle-même aurait bien réagit dans la même situation. En fait elle ne l’aurait surement pas fait. Alors un gars comme Ankomst, qui après qu’elle lui ait sauvé la vie déjà moult fois, se retrouvait incapable de dire merci, elle n’imaginait pas qu’il irait se plonger dans cette mascarade improvisée. Alors elle dut se contenir pour ne pas, à son tour, afficher la surprise quand il feinta effectivement qu’ils étaient ensemble. Vu la tournure de phrase, il aurait aussi pu rien comprendre, mais visiblement, le pirate était loin d’être bête. Elle eut juste du mal à reconnaitre le gars austère qu’elle avait tiré de la noyade, à la place de celui qui lui accorda un charmant sourire, quoiqu’un un peu crispé. Elle tenta de lui sourire à son tour, en y mettant un peu de bonne volonté. Elle ignorait si ça avait marché, mais les regards suspicieux semblaient plus être pour le « compagnon » de la muse plutôt que par réel doute sur la nature de leur relation. Après tout, un homme et une femme seuls dans une vieille bicoque perdue loin de la ville, et qui proclament être ensemble, ça tient la route non ? Bon. Il n’y avait plus à espérer que ça dure comme ça.

… TELY ? Mais ça sortait d’où ça ?! Strictement personne n’osait donner de diminutif à Argantatel ! Même pas sa famille ! Vu sa capacité à prendre la mouche très facilement, personne ne s’était aventuré dans une pente aussi risquée. Et d’ailleurs Son père et Dorian étaient bien au courant de la chose, vu leur regard qui doublèrent de volume. Argy, quant à elle, dut utiliser toute la force de ses muscles pour ne pas laisser sa fierté reprendre le dessus, et rester sur la terrasse avec un sourire satisfait aux lèvres. Au moins il s’était prêté au jeu. Il fallait quand même se montrer un semblant d’affection pour que les deux autres avalent la couleuvre. Ça risquait d’être difficile. Déjà pour elle, qui avait une peur bleue de toute forme d’affection, et lui, qui tenait plus du rustre qu’autre chose. On pouvait juste dire que c’était bien parti.

Tous les trois restaient donc sur la terrasse. Argantatel se souvint qu’il était perpétuellement armé, et devina donc que ce n’était pas une bonne idée de les faire rentrer tant qu’il n’avait pas fini de mettre ses bandages. Déjà qu’il n’avait pas l’allure d’un gentleman, si ils se mettaient à croire que c’était un bandit de grand chemin, ils allaient surement mal réagir. Elle reprit donc l’air de gentille petite fille qu’elle avait revêtit des années, histoire de les distraire un moment.

« Et bien… c’est une sacrée surprise ! Comment m’avez-vous retrouvé ? »
Fit-elle, ne sachant pas vraiment comment amorcer une conversation après tant de temps. Visiblement aucun des deux n’avaient l’air d’avoir véritablement changé, contrairement à la jeune fille qui elle, était devenu une tout autre personne.

« C’est une longue histoire… »
Commença Dorian, avant de couper court et de passer du coq à l’âne. « Mais nous serions mieux à l’intérieur pour discuter. Veux-tu nous laisser entrer ? »

Ah, toujours la même façon de s’inviter tout seul. Bizarrement, le temps avait passé, et l’affection et l’amour fraternel qu’elle lui octroyait auparavant semblait s’être quasiment évaporé. Argantatel mit cela sur le compte de la situation houleuse, et pensa qu’il faudrait un peu de temps pour que tout soit comme avant. Et pour qu’il digère qu’elle ne sera jamais à lui par la même occasion. Elle évita donc de grincer des dents et les invita donc poliment à entrer, avant de déclarer qu’ils n’avaient qu’à s’asseoir sur le canapé pour se mettre à leur aise. Mauvais plan : Ankomst était bel et bien en train de changer ses bandages au milieu du salon, et si les tatouages n’étaient pas gênants, du moins pas outre mesure, les revolvers, eux, l’étaient déjà plus. Elle s’approcha de lui pour l’aider, pendant qu’elle surprit Dorian glisser un mot dans l’oreille de son père. A la question du pirate, très légèrement provocante, mais Argantatel ne lui tiendrait pas rigueur, et même, appréciait l’idée, elle répondit à voix haute et sur un ton un peu trop enjoué

« C’est Dorian, mon frère adoptif ! Et voici Maverick, mon père. »


Présentation faite, mais la voix grave de Dorian résonna derrière eux comme un reproche bien senti :

« Dois-je comprendre que tu ne lui as jamais parlé de nous, Lenore ? »


Profitant du fait qu’elle était de dos, prenant son temps pour bander Ankomst, elle se mordit la lèvre inférieure en levant les yeux au ciel :

« Chaque chose en son temps Dorian. Et je m’appelle Argantatel. »


Le ton enjoué avait quelque peu baissé. Si il continuait de cette manière, elle n’était pas certaine de ne pas le virer rapidement de chez elle. Elle laissa Ankomst continuer la conversation, voyant qu’il était en train de justifier la présence du sac sur le canapé. Elle bénit le fait qu’il est un minimum de jugeote, parce que c’était un détail qu’elle avait totalement oublié.

« Vous êtes Marin, Ankomst ? »
Demanda Maverick, choisissant sagement la voix de la paix, alors que Dorian enchaîna d’un ton ironique :
« Effectivement, ça ne doit pas être facile, en fauteuil. »

Argantatel, appuya légèrement sur sa prise sur les bandes, histoire de lui faire comprendre qu’il allait devoir éviter de jouer la carte de l’agressivité, et que même si il se comporter comme le dernier des cons, il restait son grand frère. Et puis si il se mettait à se servir de ses armes sous son toit, il allait tout bousiller. Son œuvre fini, elle écarta amoureusement une mèche de devant les yeux d’Ankomst. Voyant qu’il n’y avait aucune place sur le canapé, elle décida de continuer sur sa bonne voix et de s’asseoir directement sur les genoux de son « compagnon provisoire », et en passant un de ses bras sur ses épaules. Etant petite et un véritable poids plume, elle était certaine que ça ne lui causerait aucune douleur, mais ça elle savait que ça ne lui plairait guère. Pour elle aussi c’était un vrai supplice, mais bon, plus vite ils seraient convaincu qu’ils gênaient, plus vite ils partiraient.
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Ankomst
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Dim 13 Fév - 0:59

La situation devenait sérieusement tendue. Non pas que les deux autres semblaient douter de leur... Concubinage, mais parce que le dit Dorian se montrait relativement insistant. Apparemment Argantatel aurait voulu qu'ils s'en aillent, et vite. Certes, il trouvait cela un peu bizarre vu qu'il s'agissait de sa famille et qu'apparemment, elle ne les avait pas vu depuis extrêmement longtemps, mais ce n'était pas ses oignons et il n'avait le droit d'émettre un jugement sur cette situation. Malgré tout, le Dorian lui tapait un peu beaucoup sur le système... Etait-ce parce qu'il se prenait un peu trop au jeu ? Ou parce qu'à cause de leur mensonge, il se montrait austère envers l'ancien Pirate ? Aaah, mais pourquoi ce crétin de frère adoptif insistait il autant, pointant du doigt les petits détails gênants ? S'il n'était pas cloué dans un fauteuil, Ankomst lui aurait présenté depuis longtemps son crochet du droit. Argantatel elle-même, il en était sur, devait ressentir en ce moment même des envies de meurtre. Il faillit bien craquer en entendant la remarque perfide de Dorian concernant sa situation d'handicapé... Si elle n'avait pas brusquement insister sur les bandages, sûr qu'il sortait son arme pour la pointer directement entre les deux yeux du malotru. Il simula une petite crise de toux, histoire de se calmer, avant de répondre d'une voix qui se voulait la plus calme possible. Mais ses mains crispées dénotaient clairement l'envie qu'il avait de serrer le cou de Dorian entre ses doigts.

- Oui, j'étais marin. Euh... Dans la Marine... Maintenant je suis sculpteur.

Dans la Marine. Il avait osé dire ça. Osé proféré une telle infamie, presque un blasphème pour lui. Il devint subitement blême mais, dans l'obscurité, cela ne se voyait pas trop. Il se rassura en se disant qu'après tout, il n'y avait pas que de mauvais bougres dans la Marine. Il y avait bien Avel... Une demi seconde de réflexion lui fit remarquer que non, ce n'était pas un bon exemple. Il pria sincèrement pour que son ami ne revienne pas subitement et découvre cette situation plus qu'embarrassante pour l'ancien Pirate... Qui plus est, sa réaction gâcherait probablement tout. Mais peut être qu'au point où il en était, cela arrangerait Ankomst... Surtout lorsqu'elle écarta une mèche de cheveux. Heureusement qu'elle n'avait pas touchée à sa mèche bizarrement blanche... Il aurait probablement craqué. Une petite voix se glissa dans son esprit : si tu la déteste tant, cette mèche, POURQUOi tu la coupes pas ?? Aucune réponse ne lui vint. Et, trop occupé à se demander s'il n'était pas un peu fou, il ne remarqua pas ce qu'Argantatel s'apprêtait à faire. Non, vraiment, il devait halluciner. Elle avait OSE s'asseoir sur lui, sur ses genoux... Il ne le sentait même pas. Non pas qu'elle fut légèrement, mais ce n'était pas comme si ses jambes étaient foutues. Il se força à arborer un sourire détendu et à glisser une main sur les hanches de "Telly". Il sentait combien la situation était difficile pour elle, et elle devait probablement sentir ô combien c'était réciproque.

- Ah ! Et quand est-ce que vous me faites des petits enfants ?

L'esprit de l'ancien pirate devint purement et simplement blanc pendant quelques secondes. Des... enfants ? Il faillit éclater de rire. D'ailleurs, il laissa probablement échapper un petit rire - qui serait surement très mal interprété. Mais franchement, le dénommé Maverick avait il seulement une idée du père qu'Ankomst serait susceptible de faire ? ce serait une véritable catastrophe. Pas de patience, assez peu d'humour (du moins ces dernières années), la main parfois un peu lourde... Et franchement, être en fauteuil n'aidait pas la situation. Que ce soit pour faire les dits-enfants, ou pour les éduquer. Mais rien que d'y penser, il avala de travers et il ne put plus s'empêcher de tousser. Il dû, le plus délicatement possible, faire descendre Argantatel de son fauteuil et il lui demanda, par pitié, un verre d'eau. Même Dorian semblait gêné par cette question... Ankomst calma sa petite crise de toux et il tenta de reprendre en peu de contenance en attachant ses trop longs cheveux. Peut être faudrait il les couper, et subir ensuite le courroux d'un Avel amoureux des longues coupes.

- Euh... On y a pas trop encore pensé, vous savez... Chaque chose en son temps... Mais euh, pourquoi pas.

Il s'excusa mentalement auprès d'Argantatel pour avoir répondu ça. la situation devenait vraiment trop, trop gênante pour le pirate. Et la nuit avait vraiment été trop courte pour tous les évènements survenus depuis hier... Dorian sembla vouloir en profiter pour enfoncer un peu plus le clou :

- Et sinon, comment vous vous êtes retrouvés en fauteuil ?

Jamais un regard ne fut plus meurtrier que celui que lui lança Ankomst à ce moment là. Et l'autre se mit à sourire, probablement ravie de sa réaction. Après tout, c'était ce qu'il voulait, pousser l'ancien pirate à sortir de ses gonds... Encore heureux qu'il fut habitué aux provocations et qu'en quelques secondes, il se calma. Son esprit fonctionnait à cent à l'heure, cherchant une réponse plausible... Finalement, la vérité semblait la meilleure chose à dire. En enlevant, certes, quelques détails gênant.

- ça s'est passé il y a longtemps. Quand j'étais encore dans la Marine... Amaltea, dite la Chatte des mer, croyait que je savais où se trouvait le trésor de Skan le rouge, alors elle m'a fait prisonnier. J'ai dû rester dans ses cales un ou deux mois... Pendant tout ce temps je suis resté sur les genoux. Alors quand j'en suis sorti, avec les fièvres, j'ai perdu l'usage de mes jambes. Satisfait ?

Il releva le menton dans une attitude bravache, fixant l'autre de son regard vert.

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Argantatel
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Mer 16 Fév - 11:04

Au-delà de la gêne, il y avait l’humiliation. Depuis quand elle était censée se justifier chez elle ? Elle se sentait juste terriblement mal à l’aise d’avoir à rejoué le rôle de la gentille petite femme alors qu’elle avait passé trois siècles seule, sans avoir de compte à rendre à personne. Mais elle devait avouer qu’elle avait peur de ce que pourrait faire Dorian, et du coup, Argantatel préférait limiter les dégâts avec un mensonge énorme, et qui passerait mal. Mais si ils décidaient de s’installer dans le coin, elle allait se débrouiller comment ? Décidément, tous ces problèmes prenaient bel et bien le dessus sur tout sentiment de joie. Même si ça faisait des siècles qu’ils ne s’étaient pas retrouver en famille. Et la jalousie maladive de Dorian doublée de l’impolitesse sans nom, n’aidait guère. D’un côté, ça la rassurait sur ce qu’elle était en train de faire, il n’avait pas tourné la page et si elle n’avait pas dit qu’Ankomst était son compagnon, il aurait surement reprit sa cour, là où il l’avait laissé avant qu’elle ne parte sans même le mettre au courant. Elle soupçonnait même que toutes ces années où il avait pris sa défense, n’était qu’une méthode de drague comme une autre pour lui. Il n’avait jamais beaucoup aimé la passion qu’elle avait pour la médecine.

La muse resserra la prise qu’elle avait sur l’épaule d’Ankomst, mais uniquement pour se retenir de le gifler quand il posa sa main sur sa hanche. Elle savait pourtant qu’il ne faisait pas ça par gaité de cœur, mais elle était habitué d’être touchée que par des goujats complétements saouls dans les tavernes. Ça n’aidait pas vraiment à maitriser son agressivité envers la gente masculine. Et puis le drame survint, et son père osa parler de petits enfants. Si elle sentait qu’Ankomst avait un léger rire nerveux, Argantatel, elle, était en train de virer au rouge, en train de couvrir sa honte avec sa main libre. Elle était à la fois monstrueusement gênée et en train de bouillir de rage. Non mais, existait-il une question plus gênante et plus indiscrète ?! Il aurait pu aussi demander la fréquence de leurs ébats tant qu’à faire ! Même avec toute l’imagination possible, Argantatel ne s’imaginait pas une seule seconde mère. Maverick n’avait même pas l’air de comprendre qu’il avait trop parlé et qu’il aurait mieux fait de garder cette question pour lui. Même pas quand le pirate fut atteint de violente quinte de toux sans raison apparente. Encore une fois réduite au rôle de femme de maison, Argantatel s’éclipsa néanmoins dans la cuisine pour lui chercher un verre d’eau. C’était l’endroit parfait pour souffler deux minutes, même si l’envie soudaine de reverser tout sa vaisselle lui traversa l’esprit. Elle écouta avec attention la réponse du pirate, et même si ça ne lui convenait guère, elle savait qu’au moins ça plairait à son père. D’ailleurs, ce dernier devait surtout se demander comment sa fille, aussi peu aguicheuse que social, avait pu se dénicher un jules. Mais Argantatel n’en avait pas cherché, l’idée d’être en couple ne lui paraissait vraiment pas séduisante. Sa vie en solitaire au milieu des potions lui plaisait bien et elle voyait d’un mauvais œil Dorian qui revenait pour changer tout ça.

En parlant de ce dernier, alors qu’elle revenait avec le verre d’eau attendu, elle eut la mauvaise surprise de voir que son frère adoptif était en train de parler d’un sujet qui fâche. Argantatel non plus ne savait pas comment il s’était retrouvé privé de ses jambes. Ca ne la regardait pas. Et ce n’était surement le genre de chose dont Ankomst aimait parler. Et vu le ton, mi moqueur mi cynique, qu’avait emprunté Dorian, ça n’avait pas arrangé la donne. Argantatel le pria intérieurement pour qu’il invente quelque chose où qu’il se taise, mais le ‘marin’ raconta une histoire, que la muse soupçonnait être basé sur des faits réels, vu le nom d’Almatea. La muse aux yeux rouges s’avança en catimini pour donner son verre d’eau à Ankomst, et reprendre sa « place ».

Dorian, de son côté, afficha un sourire triomphant et prit un air détendu.

« Oui, c’est plus ou moins ce qu’on m’avait raconté sur « Ankomst le faucheur.» Inutile de faire cette tête, ton tatouage t’avait déjà trahit. »


Cette fois-ci, Argantatel virait au blanc. Cette histoire sentait vraiment mauvais. Elle réussit à articuler un petit « Mais comment… »

« Quoi ? Comment j’ai su ? Ce n’est guère compliqué. En 300 ans, on a le temps de beaucoup de choses, et NOUS, nous avons fait partis de la marine. Contrairement à ton menteur de compagnon, qui n’est qu’un pirate sanguinaire. Même après tout ce temps, tu es incapable de choisir les bonnes fréquentations. »


Bon, là ce n’était plus possible. Les histoires de pirate ça lui passait par-dessus, la chose que Dorian n’aurait jamais dû faire, c’était lui manquer de respect de cette façon. Argantatel avait changé et ça visiblement, plus que le fait qu’elle était en couple, il avait du mal à le digérer. Son sourire victorieux se décomposa quand elle lui jeta un regard assassin.

« Parce que tu crois que je n’étais pas au courant ?! »
Cracha-t-elle avec rage alors qu’elle se levait des genoux d’Ankomst. Visiblement, ça avait l’air de les perturber légèrement. Oui, Argantatel n’en avait rien à faire des antécédents d’Ankomst, pour la bonne et simple raison que ça ne la regardait pas. Même la révélation d’Amaltea un jour plus tôt l’avait laissé de marbre.

Le père et le fils adoptif se regardèrent un instant, plutôt confus, avant que Dorian ne s’enfonce un peu plus : « Tout ce que je veux, c’est te protéger ! »

« Vraiment louable, merci ! Mais je n’ai pas besoin de toi. »

« Tu veux dire que tu es consciente que tu es en ménage avec un pirate ?! »

« Mais qu’est-ce que ça peut te faire ?! »
s’enragea Argantatel en séparant chaque mots. « Moi aussi je n’ai pas passé 3 siècles à me tourner les pouces, et venir me faire la leçon dans ma propre demeure, c’est inacceptable! Alors maintenant Dorian, tu vas quitter les lieux sur le champ ! » Elle marqua une pause avant de reprendre, comprenant qu’elle oubliait l’essentiel « Et si tu dis à quiconque qu’Ankomst est ici, je m’arrangerais toujours pour qu’un de mes nombreux contacts en ville t’empoisonne au cyanure. »

Nombreux Contacts ? Ouais… peut être quelques clients habitués dont elle ne connaissait ni l’Eve ni l’Adam. Quant à empoisonner sa propre famille, reste à savoir si elle pourrait le faire. Mais la colère prenait le dessus sur le reste. Dorian lui jeta un regard outragé avant d’obéir en poussant ce qui ressemblait à un grognement de rage. Son père le suivit quelques secondes plus tard, mais il en profita pour poser sa main sur l’épaule de sa fille :

« Je m’occupe de lui faire entendre raison. Nous allons rester en ville, passe nous voir. »


Et il lui emboita le pas. Ils étaient partis. Mais même retrouver sa maison quasi vide n’éliminait pas la colère sourde qui faisait trembler son petit corps. Elle dit à Ankomst sans le regarder :

« Donne-moi deux minutes. J’ai besoin de me détendre. »


Elle se dirigea vers un coin du salon et tira sur le drap qui recouvrait sa harpe. Une belle harpe celtique, peut-être un peu grande pour elle, et la muse devait jouer debout pour ne pas être gênée. Elle resta devant quelques secondes et se força à se détendre avant de commencer un morceau. Elle devait surement passer pour une folle, mais c’était la seule chose qu’elle avait trouvé pour se calmer rapidement.
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Ankomst
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Lun 28 Fév - 11:08

Sa mâchoire se serra et son regard se fit le plus froid possible. Evidemment, cet espèce de crétin inter galactique avait finit par le démasquer. Encore un qui était maintenant au courant de sa situation de pirate... Bon sang, cela remontait à plus d'un siècle. Les Marins avaient certainement la rancune tenace... Surtout si le pirate en question était censé vivre avec l'élue du dit Marin. Enfin, il supposait que ça n'aidait pas. Un "pirate sanguinaire", ah, qu'il y allait fort ! comme beaucoup de ses congénères, lorsqu'Ankomst débarquait sur navire, il demandait "gentiment" à l'équipage de bien vouloir le laisser se servir, en échange de la vie sauve. Il arrivait, effectivement, que quelques crétins préfèrent se battre et là, il fallait bien sévir et tuer tout le monde. Au final, les plus gros combats se déroulaient contres les Marins venus les empêcher de se remplir les fouilles. Il cligna des yeux. Le calme relatif de la pièce venait d'éclater et Argantatel s'était levée. Ankomst s'installa plus confortablement dans son fauteuil et savoura la scène. C'était à son tour de sourire d'un air goguenard en regardant Dorrian.

Bon, après, Ankomst était tout de même étonné qu'ils fussent au courant pour cette histoire avec Amaltea. Officiellement, il avait demandé à Amran, son second, de raconter à tout le monde qu'il était mort. Dans un combat, évidemment. Alors comment l'autre banane savait il pour son séjour forcé dans les cales et pour sa guérison ? Aucune idée... Peut être qu'Avel avait un peu trop parlé ou qu'on l'avait reconnu malgré ses précautions. Tans pis. Vu la menace d'Argy, ils n'iraient probablement pas raconter à tout le monde ce qu'ils avaient découverts ici. Alors qu'elle les chassait dehors, Ankomst poussa le vice jusqu'à faire un petit signe d'au revoir à Dorian, un léger sourire ironique sur le visage. L'homme voulu faire demi -tour pour, vraisemblablement, en coller une à l'insolent. Heureusement que Monsieur père était là pour pousser son fils adoptif dehors. Ankomst se sentit soulagé de les voir partir. Fini la comédie pour le moment... Enfin pouvoir faire... Faire quoi ? Il n'avait pas tout son matériel en ce moment. Son projet de sirène pour une proue de navire allait devoir attendre, et cela le rendait subitement nerveux. Ses doigts brûlaient d'envie d'aller finir son travail, mais il ne pouvait pas... il finit par s'en mordre les lèvres et il allait sortir reprendre son modeste travail lorsqu'Argantatel, prodigieusement agacée, décida de se calmer à l'aide de sa harpe.

Ankomst, pour un "pirate sanguinaire", était quelqu'un d'assez sensible à la musique. Lui-même jouait du violon et il pouvait se vanter d'arriver à tirer de l'instrument des sons convenables. En travaillant encore un peu, il aurait put atteindre un niveau professionnel. Plutôt que de sortir, il resta à l'intérieur, aussi discret que possible, écoutant simplement la harpe... Qui plus est, ce n'était pas un instrument au son désagréable. Il attrapa silencieusement son sac qui ne traînait pas loin et en sortit quelques feuilles de papier. Ankomst ne faisait pas que sculpter, il dessinait aussi. Bien qu'au départ il ne fut pas excessivement doué pour cet art, 300 années d'entraînement avait finit par lui donner un oeil observateur et une main sûre qui reproduisait fidèlement ce qu'il voyait. Il griffonna plusieurs croquis d'Argantatel en train de jouer avant de se stabiliser un l'un d'entre eux et de l'approfondir jusqu'à ce que la Muse arrête de jouer. Les quelques minutes qui suivirent, il fit appel à sa mémoire pour terminer son oeuvre. Une signature. Une date... Il se redressa, un sourire satisfait flottant sur son visage hâlé. Il alla même jusqu'à applaudir.

- C'était vraiment beau... c'est de quelqu'un ou tu improvises ?


Il rassembla les feuilles de papiers qu'il venait de griffonner et le lui tendit :

- Tiens, j'ai griffonné ça. J'espère que ça ira comme remerciement, j'n'ai rien d'autres...

Il détourna le regard, peut être gêné d'agir de la sorte. Il avait l'impression de passer son temps à trouver des trucs et des machins pour la remercier. Que ce soit de lui sauver la vie, de l'héberger, de le soigner... Elle 'nétait pas obligé de faire tout cela pour lui. A sa place, il l'aurait probablement envoyer bouler, ayant d'autres choses plus importantes à faire. Peut être devrait il songerà prendre des leçons de gentillesses... Noon. Non, vraiment, ce serait ridicule de faire ça. Comme s'il était nécessaire d'être gentil de nos jours pour vivre. Les seuls êtres vivants qu'il appréciait étaient les gamins qui venaient réclamer des histoires de pirate dans sa boutique et qui, en général, repartait avec un ou deux jouets en bois. Ankomst ne fit pas vraiment attention avec son fauteuil, perdu dans ses pensées... Il voulait retourner sur la terrasse mais en chemin, sa roue rencontra une table qui oscilla légèrement, envoyant à terre une fiole au contenu liquide non identifié. Le bruit de l'éclatement du verre parut énorme, dans le silence qui régnait alors. Ankomst en lâcha une suite de jurons à en étouffer n'importe quel religieux. Il voulut se pencher pour au moins ramasser les débris de verre, mais ces derniers étaient bizarrement brûlant et il dû secouer sa main pour en soulager la soudaine brûlure, ce qui lui fit lacher de nouvelles insultes. Le plancher commençait d'ailleurs à fumer ce qui n'était pas, d'après lui, un signe excellent.

- Euh... Oups ?
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Argantatel
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Lun 28 Fév - 12:30

Ce n’était pas spécialement facile de jouer de la harpe quand on avait des petites mains. Mais avec de l’entrainement, et un minimum de jugeote, Argantatel avait appris rapidement à maitriser cet instrument. Si la harpe était plus portative, elle aurait surement finie troubadour dans une troupe. Mais pour ça, il fallait être un minimum social, et pour elle, ce n’était pas possible. Elle n’avait jamais joué pour gagner sa vie ou quoique ce soit, c’était juste pour passer le temps. Parfois il lui arrivait de chanter en même temps, mais c’était relativement rare. Elle chantait souvent, mais en se promenant ou en prenant son bain. Pourtant elle savait de source sûre qu’elle n’était pas mauvaise et qu’elle avait une assez jolie voix, mais elle n’avait jamais chanté pour personne, ni en présence de qui que ce soit. D’ailleurs, elle ne souvenait pas avoir joué de la harpe en présence de quelqu’un depuis quelques siècles. Quoiqu’il en soit, laisser ses doigts courir sur les cordes lui faisait toujours un bien fou, et avait le mérite de la détendre quasi instantanément. Elle laissa même parfois, un léger sourire flotter sur sa peau pâle, sa tête dodeliner avec le son des notes, et même ses yeux se fermer. Elle avait même complétement oublié la présence d’Ankomst. Elle était seule avec son instrument. Du moins, jusqu'à ce qu’elle prolonge les dernières notes et que son visage reprenne son expression habituelle. Peut-être un peu plus sereine que d’habitude. Les problèmes étaient loin d’être résolus, mais au moins, elle n’était plus en colère. La colère l’empêchait de réfléchir.

Elle sursauta sur place quand elle entendit quelqu’un applaudir, et soudain se rappela qu’Ankomst était toujours là. Visiblement, il avait apprécié le petit interlude, et enchaina avec une question. Une question piège d’ailleurs. Argantatel tripota une de ses boucles d’une de ses mains, et effleura les cordes de sa harpe de l’autre. Tentant de se rappeler de la mélodie qu’elle venait de jouer. Rien a faire, elle était venue, et elle était déjà repartie.

« Euh… je n’en sais rien. Je joue ce qui me vient. C’est peut être un chant que j’ai oublié, ou alors oui, c’est de l’improvisation… »

Elle considéra un instant les feuilles de papiers qu’il lui tendait. Qu’est-ce qu’il pouvait bien dessiner pour lui donner ensuite ? Il n’y avait pas grand-chose à regarder chez elle. Mise à part des bocaux, encore et encore. Mais curieuse des talents de dessinateur de son invité, l’ayant déjà vu à l’œuvre avec le bois, elle s’aventura à attraper les feuilles de papier pour y jeter un coup d’œil. Bon sang, il l’avait dessiné elle. Elle s’efforça à ne pas laisser ses yeux doubler de volume alors qu’elle épluchait en silence les différentes feuilles et observait avec attention les différents croquis. Elle ne pouvait pas vraiment juger la qualité du trait, n’ayant aucune connaissance en dessin, mais elle devait admettre qu’elle les trouvait vraiment beau. Elle qui n’était pas une adepte du miroir, elle s’imaginait beaucoup plus laide que ça. En fait, elle pourrait même se trouver pas trop mal. Très franchement qu’est-ce que chez elle avait pût soulever l’envie d’immortaliser ce moment ? Elle se détestait physiquement et restait loin de toute réflexion de son portrait. Trop petite, trop pâle et avec des yeux rouges. On ne pouvait pas faire plus ingrat que ça. Elle ne supportait pas qu’on la fixe d’ailleurs, et pendant qu’elle jouait, elle ne l’avait pas remarqué, sinon elle lui aurait surement dit d’arrêter et de tourner la tête. Maintenant elle avait en main une bonne vingtaine de croquis d’elle-même, et se demander ce qu’elle allait pouvoir en faire. Pourquoi il avait dit qu’il avait fait ça déjà ? Pour la remercier ?! Quelle idée saugrenue. A chaque fois, dire merci semblait lui écorcher la langue. Et maintenant il lui offrait ça ? Bon, elle devait admettre qu’elle se sentait presque touchée de l’attention, mais elle ne comprenait pas.

Elle sortit de ses pensées quand elle entendit le bruit fracassant de la bouteille en verre se briser. Elle était en train de l’avertir de ne surtout pas toucher les débris, mais c’était déjà trop tard et en plus la fumée était déjà en train de se former.

« Sors dehors, ferme la porte derrière toi, et surtout ne respire pas la fumée !! »
S’emporta-t-elle alors qu’elle déposa les dessins sur un buffet derrière elle et qu’elle se précipita dans son labo pour chercher rapidement de quoi éteindre la fumée, et si possible, avant que le liquide ait brulé le sol en bois de sa maisonnée. Rah, il fallait vraiment qu’elle se mette à ranger et évite de mettre de l’acide partout sur les tables. Mais des fioles, elle en avait tellement que c’était toujours dur à classer. Une chance qu’elle soit assez maligne pour bien tout étiqueter, sinon elle serait perdu.e Cette fiole la, contenait un acide qu’elle utilisait régulièrement pour des insecticides. Histoire d’éviter d’être bouffée par les moustiques. Qui dit insecticides, dit danger de mort. Elle prit soin de se mettre un linge devant le visage avant de se saisir de quoi maitriser ce petit accident : une autre fiole. Elle la versa entièrement sur la zone accidentée, et une fumée plus blanche et bien plus épaisse en sortie, mais heureusement, plus du tout toxique. Quoiqu’elle prenait très rapidement la gorge.

Elle se rua sur la porte et l’ouvrit pour respirer l’air frais, faire évacuer la fumée, et en même temps pour laisser échapper une quinte de toux qui ne semblait pas en finir. Si bien qu’elle fit par trébucher et avait un mal de chien à respirer entre deux toussotements. La crise passa rapidement, mais pour elle, on aurait dit qu’elle avait duré deux heures. Elle avait à peine reprit son souffle quand elle leva le doigt vers Ankomst, encore épuisée de sa prouesse de sapeur-pompier.

« Toi…. Il va falloir que je t’explique deux trois petites choses sur ma maison… »
son regard glissa sur la main du pirate et elle lâcha, à son tour, un juron à se faire excommunier. Avant de disparaitre, pour revenir quelques secondes plus tard avec, une nouvelle fois, de quoi le soigner. Elle allait surement finir par s’y habituer. Elle s’assit à ses côtés et lui saisit délicatement la main meurtrie avant de commencer l’explication :

« Il ne faut jamais toucher quoique ce soit chez moi, tant que je n’ai pas certifié que c’était sans danger. Je suis apothicaire et médecin à la base, mais j’aime la chimie, et j’expérimente sans cesse tout ce que je peux. Et par conséquence, je n’ai pas que des trucs pour soigner les gens. »


Parler d'elle, n'était vraiment pas un sujet d'Argantatel aimait. Mais la muse estimait qu'elle avait dit le minimum syndical, et que c'était parfait comme ça. Elle avait déjà désinfecté les doigts touchés par l’acide et fort heureusement il avait des réflexes qui ont fait que ce n’était pas grave. « Tu peux te servir de ta main, mais évite de trop en faire pendant quelque jours. Et fais attention surtout, ça a bien failli être dramatique. » Une petite pommade de sa composition pour soulager la brulure et un bandage solide, et ça allait être parfait. Elle resta silencieuse alors qu’elle achevait son travail, avant de dire à mi-voix, sans le regarder dans les yeux :

« Pour tout à l’heure, c’est plutôt à moi de te remercier. Je ne sais pas ce que j’aurais fait si tu ne m’avais pas aidé. Ca ne te regarde pas en plus, mes histoires de famille, tout ça… Et je sais que ce n’était pas agréable et que Dorian peut être un vrai salaud parfois. Donc, merci. »


En fait, elle était aussi peu douée que lui. Et d’ailleurs elle ne savait plus où se mettre et évita de remonter la tête, cherchant à toute allure un sujet pour couper court à la conversation. Elle frappa dans ses mains et redirigea son regard sur son salon.

« Bon ! Je vais devoir ranger un peu tout ça et déplacer des meubles. Il faut éviter que ce genre d’accident se reproduise, je tiens à mon parquet. »


Déplacer des meubles ? Avec un gabarit pareil ?! Ça allait être drôle.
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Ankomst
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Dim 27 Mar - 2:25

De la fumée âcre s’échappait de la maisonnette, suffisamment pour lui faire cracher ses poumons de manière désagréable. Brusquement, la porte s’ouvrit et Argantatel sortit comme un boulet de canon, toussant comme un asthmatique fumeur. Il n’aimait pas la façon dont elle venait de lui parler. « TOI ! ». Ankomst plissa très légèrement les yeux. De toute évidence, elle n’avait pas vu ce qui avait réellement fait tomber la fiole, à savoir son fauteuil à la con… Pensait elle qu’il avait tripoter tout un tas de flacons bizarre par curiosité ? Il n’appréciait pas des masses qu’elle commence à lui faire des leçons. Il n’était pas, de base, le genre d’homme à qui l’on pouvait donner tranquillement des ordres… Son mauvais caractère s’agita un moment mais il parvint à garder les dents serrées. Quoi qu’un désagréable « désolé d’être en fauteuil » lui échappa tout de même. Elle avait tout de même l’air gênée de l’avoir embarqué dans ses histoires familiales compliquée et il lui assura rapidement que ce n’était pas grave.

D’humeur boudeuse après cet incident, il resta dans un coin de la terrasse à observer de ses yeux verts le paysage. Il n’était plus vraiment agacé, juste fatigué. Sa main le picotait, et les mots « mais évite de trop en faire pendant quelque jours » tournaient dans sa tête. Ça, ça signifiait pas de sculptures ni de violon… Mais qu’allait il bien pouvoir fabriquer ? Il allait s’ennuyer comme un rat sans queue. Déjà que sa commande attendait dans son atelier qu’il la finisse… Ses commanditaires allaient se fâcher. Mal le payer. Ne plus faire appel à lui… Peut être qu’ils feraient passer le message et que ses autres clients commenceraient à croire qu’il devenait trop « vieux », trop maladroit… Maladroit… Comme avec cette fiole qu’il avait cassée. Ankomst eut pendant un instant un léger vertige. D’un geste fatigué de la main, il chassa ces noires pensées… De drôles de bruits résonnaient à l’intérieure de la maisonnette. En même temps, bouger des meubles quand on mesure 1m40 les bras levés… Il l’aurait peut être aidé, s’il n’avait été en fauteuil. Peut être.

Toute cette histoire l’avait fatigué. Lui, le pirate, censé être invulnérable, tout ça tout ça… Un vrai grand père, oui. Ses doigts – de sa main indemne – tapotèrent rythmiquement l’accoudoir de son fauteuil. Le mouvement finit par ralentir et sa main glissa mollement. Fatigué, tellement fatigué… Ses paupières se firent lourdes, et finalement, il s’endormit sur son fauteuil.

Une série de rêves bizarres le maintinrent dans un état désagréable de sommeil, celui où on essaye constamment de se réveiller, sauf que ça ne marche jamais. Des rêves stupides où on est poursuivis et où on cours au ralentit – et malgré cela, le méchant ne vous rattrape jamais. Un supplice de haut niveau. Rêver que l’on retrouve son bateau chérit tout en sachant que lorsqu’on se réveillera, ce bateau sera au fond de l’eau. Et lui sera retourner dans son cauchemar à roulettes. Après un effort surhumain, il parvint enfin à s’extirper de ses rêves abominables pour se retrouver, comme prévu, dans son fauteuil. Il avait dû resté assoupis un moment car la nuit était presque là. D’ailleurs, quelqu’un avait mit une couverture sur ses genoux. Cette délicate attention, évidemment, n’atteignit que très peu Ankomst. Il aurait très bien dormi sans aussi. Mais il faudrait quand même dire merci à Argantatel. Il plia rapidement le tissus et s’agita les bras pour les revigorer après cet instant de somnolence.

Il allait toquer à la porte pour s’annoncer avant de rentrer mais il interrompit son geste, l’index à deux centimètres du panneau de bois. Des voix filtraient, et à moins qu’Argantatel ne joue une drôle de pièce de théâtre, il y avait plusieurs personnes à l’intérieure. La méfiance naturelle du pirate prit le dessus et il resta l’oreille collée à la porte pour vérifier qu’il n’y avait aucun danger… Hum huum… Deux vois féminines, pour sur. Il se redressa et, après un court instant de réflexion, il s’apprêta à toquer. Sauf que l’inconnue venue squatter la maison d’Argantatel fut plus rapide et la porte s’ouvrit brusquement. Ankomst devait avoir l’air vraiment très con. Ou très surpris, ce qui chez lui revenait au même.







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Argantatel
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MessageSujet: Re: C'est joli chez vous. [PV Ankomst]   Lun 25 Avr - 7:12

C’est vrai qu’elle aurait pu se sentir légèrement coupable de le houspiller de cette façon alors qu’il n’avait visiblement pas fait exprès de pousser de cette fichue fiole. Mais bon, au moins comme ça s’était dit, et il ferrait peut être plus attention la prochaine fois. Elle ne répondit pas à son « désolé d’être en fauteuil » plein de reproche. Mais loin d’être insensible, elle voulait pourtant lui dire quelque chose de gentil ou alors un petit mot d’excuse ou n’importe quoi. Mais rien ne lui venait à l’esprit. Elle était incapable de trouver les mots qu’on devait dire à quelqu’un qui coincé dans une prison sur roue pour l’éternité et qui parfois en perdait le contrôle. Peut-être que dans le monde des humains on pourrait faire quelque chose pour lui, mais Argantatel, ne pouvait rien faire. Même pas être une oreille attentive ou quelqu’un d’agréable. Elle préféra couper court à la conversation en utilisant un prétexte stupide, plutôt que de tenter quelque chose. De toute façon, elle était tellement mauvaise pour tout ça, qu’elle risquait de faire une gaffe qui serait très mal prise.

Pousser des meubles est une activité festive et particulièrement intéressante. Tellement intéressante qu’Argantatel se promit intérieurement de se péter une jambe la prochaine fois qu’elle aurait une idée pareille. Avec le poids plume qu’elle représentait, c’était relativement difficile de bouger de deux centimètres une armoire normande pleine de potions en tout genre. Par on ne sait quel miracle, elle avait pourtant réussit à bouger tout ce qu’elle voulait. Sa maison était désormais praticable pour le pirate. Elle sorti pour le rejoindre et lui annoncer qu’il pouvait rentrer sans risque, mais elle put voir qu’il était en train de dormir sur son fauteuil. La nuit était en train de tomber et le temps allait vite se rafraichir. Machinalement, elle prit une couverture dans une armoire pour la poser sur les genoux d’Ankomst. SI ça se trouve il n’allait pas se réveiller tout de suite et il en profiterait pour attraper la mort. Et un handicapé enrhumé, ça allait deux minutes. Argantatel passait son temps à le soigner ou à s’occuper de lui. Il faisait comment tout seul ? Elle allait bientôt demander le statut d’infirmière personnelle et une rémunération en conséquence.

Elle avait fini ce qu’elle avait à faire, l’autre pionçait tranquillement sous les derniers rayons du soleil, la muse en jugea que c’était le bon moment pour prendre un bain tranquillement. Plus personne ne la dérangerait, aucun client ne venait à la tombée de la nuit. Le temps de se déshabiller, et de passer ses doigts dans l’eau pour la chauffer, et la voilà enfin prête à passer un moment au chaud et au calme, seule à seule avec la baignoire. Elle se surprit même à fermer les yeux et à chantonner un air en langue créole, que strictement personne à par elle ne comprenait. Jusqu'à ce qu’elle entrouvre les yeux pour voir une vague forme penchée au-dessus d’elle. Forme qu’elle identifia très rapidement avec effroi comme étant un visage. D’un bond, elle se releva et attrapa à la hâte un linge propre laisser en évidence de côté pour couvrir sa petite personne, et accessoirement sa honte. Ce n’était pas possible, ils s’étaient tous passé le mot aujourd’hui pour la surprendre dans son plus simple appareil. D’abord Avel, même si il ne l’avait pas fait exprès, soit disant, et maintenant…. Elle. Comme avec le précédent, elle était à mi-chemin entre la colère et la gêne la plus immense. Mais cette fois-ci, au lieu d’une tête surprise de merlan frit, elle avait le droit à un sourire satisfait et aux grands yeux ouverts.

« Rah mais ne soit pas gênée, Argantatel. Tu n’as rien que je n’ai déjà vu ! »

« Si tu ne veux pas que je t’égorge sur le champ Endolaina, tu vas me dire ce que tu fais chez moi ! »


Non, cette fois-ci, ce n’était pas du bluff. L’aversion que la muse avait pour cette femme était à son sommet, et pourtant venait encore d’augmenter. Et si elle restait ici plus longtemps, Argantatel n’était pas certaine de sa réaction. La muse n’avait jamais été violente, mais elle était tellement stressée, ces deux dernières journées avaient été tellement difficiles, qu’elle s’imaginait très bien les mains autour du petit cou de cette sans-gêne. Mais, elle avait raison sur un point, au final, oui, c’était une femme. Argantatel laissa donc un moment sa pudeur de côté pour laisser tomber négligemment le drap et se saisir d’une nouvelle robe. L’intruse joua un moment avec ses longs cheveux blonds, tournant la tête avec politesse. Voilà des semaines que ça durait. Endolaina était une des troubadours de Layla, et sa troupe venait de perdre leur harpiste soliste. La blonde avait ouïe qu’Argantatel savait parfaitement joué de cette instrument. Y comprit qu’elle connaissait très bien le chant et la danse. Saleté de bouche à oreille. Et depuis, Endolaina la harcelait sans cesse pour qu’elle rejoindre leur rang. Jamais de la vie Argantatel ne jouera pour un public, c’était hors de question. La musique et la danse était un rituel de communion avec la nature. Pas un objet à vendre et promouvoir !

« Je ne vais pas me répéter, tu sais bien que ça devient un peu rébarbatif.
« Et bien moins non plus je ne vais pas me répéter, et tu as trois secondes pour filer d’ici. »
Répliqua Argantatel de mauvaise humeur qui venait d’enfiler une simple robe de coton.

« Ah ! Voilà les grands mots, je viens d’arriver et tu m’envoie ailleurs aussi sec ! »
Râla-t-elle de façon tellement fausse aux oreilles de l’apothicaire que ça lui semblait pathétique.
« Tu reçois le même traitement que tout le monde. Avec un plus pour cause de harcèlement. Si tu ne veux rien m’acheter ou que tu n’as rien d’autre à me dire, je te conseille de décamper ! »


A cou de petits pas furieux, la brunette sorti de la salle de bain pour se rendre au salon et faire sortir cette nuisance de chez elle, quand la blonde sorti son air mutin insupportable pour répliquer.
« Menteuse. » Devant l’air curieux de la harpiste, elle ajouta « Quitte à inviter des hommes chez toi, planque-le, au lieu de le laisser sur ta terrasse. » Argantatel crispa tous ses membres, Ankomst, elle avait oublié cet important détail qui siégeait devant chez elle. La blonde ne s’arrêta pas en si bon chemin « Enfin, je dois admettre que ça m’étonne de toi, en plus tu les choisis très bien ! »

Bon. Il fallait répondre quelque chose, sinon elle allait continuer. Argantatel prit bien soin de choisir ce qu’elle allait dire. Elle ne pouvait pas nier cette affirmation vu qu’elle avait dit exactement le contraire à son père et à son frère. Mieux valait-il éviter les dérapages pour le moment. Mais il ne fallait surtout pas qu’elle aille crier sur tous les toits de Layla qu’il était ici, c’était précisément pour se cacher qu’il était là.

« Je compte sur ta discrétion. »
Répondit sobrement la muse aux corbeaux, sans excès de violence. La blonde comprit qu’elle avait touché un point sensible, mais répondit simplement.

« Bien sûr, bien sûr. Donc, tu refuses toujours ma proposition ? Tu ne veux vraiment pas servir à quelque chose pour une fois ta vie ?

« Je suis médecin apothicaire ! »
Cracha derechef l’intéressée qui ne supportait pas qu’on foule du pied sa profession. Le ton entre les deux femmes augmenta visiblement. Un crêpage de chignon en bonne et due forme.

« Tu es planquée au fin fond d’une forêt que personne à par moi ne traverse. La plupart de Layla ignore même que tu existes. Tu ne gagnes qu’à peine ta vie ! Tu es juste une souillon pathétique, tellement pauvre que tu te trimballe en robe déchirés ! Je t’offre un moyen de changer ça Argantatel . »

« Je décline, et c’est la dernière fois que je t’ordonne de sortir de chez moi. »


Endolaina lui jeta un regard noir avant de se diriger vers la porte sans rien ajouter. Mais quand elle l’ouvrit, c’est Ankomst qui apparut dans l’embrasure de la porte. Argantatel n’en avait rien à cirer, jusqu'à ce qu’Endolaina revint sur sa décision et tourne les talons pour faire face à la brunette avec un sourire carnassier.

« Tu m’avais demandé de la discrétion c’est ça ? Ah tu sais, j’aimerais bien te dire oui, tu as surement tes raisons de cacher jalousement un homme chez toi. Mais tu sais ce que c’est les troubadours… un petit mot glissé dans une chanson et hop ! Tout Layla est au courant. Tu vois ce que je veux dire Argantatel ? »


SALE PETITE…
Bon. Elle avait gagné. C’était tout ce qu’il fallait dire. Argantatel ne pouvait pas prendre le risque d’Ankomst ne se fasse repérer. Et de son côté, la muse devrait faire ce qu’elle déteste le plus au monde. Elle grinça des dents quelques secondes, prit un regard désespéré, cherchant désespérément une solution pour se tirer de cette situation. Mais aucune issue n’était possible.

« Très bien. »
Finit-elle par dire la mine base, reconnaissant qu’elle était complétement faible et impuissante. « Je viendrais vous rejoindre en ville demain, en début d’après-midi. »

Le regard de la blonde changea pour passer à celui d’une gamine devant son cadeau de noël. Rien à voir avec la manipulatrice vu précédemment. On l’entendait même murmurait un « j’ai réussi ! » et la réponse d’Argantatel fut une fiole au hasard, vraisemblablement du parfum, jetée rageusement sur la blonde, lui rappelant que ça ne lui dispensait pas de quitter les lieux. Malheureusement, elle esquiva, et reparti d’ici fière d’elle.
De son côté la muse, de dépit, se laissa tomber comme une pierre sur le canapé, se frottant la tête avec une de ses mains, complétement lessivée. Mais qu'est ce qui se passait en ce moment dans sa pauvre vie pour que du jour au lendemain, tout dérape de cette manière ? Elle avait tiré sur quelqu’un, retrouvé sa famille pour la foutre à la porte juste après, et maintenant elle allait devoir jouer la bête de foire. Elle voulait hurler, frapper quelqu’un, se mettre à pleurer, n’importe quoi pour ne pas rester avec cette horrible sensation de faiblesse qu’elle avait. Mais rien ne sortait, pas un son, pas une plainte, pas un reniflement. Elle restait juste prostrée sur son canapé, avec la sensation que rien ne pourrait lui faire se sentir mieux. Jouer de la harpe semblait dérisoire, une balade en forêt était inutile… Argantatel était une immortelle qui n’avait pas envie de vivre depuis longtemps. Endolaina était juste la goutte d’eau qui a fait déborder l’océan. La blonde avait peut-être raison, elle était pathétique.
Un bref grincement de roue lui fit légèrement tourner la tête vers Ankomst, la personne qui était liée de près ou de loin à tout ce qui lui arrivait dans sa vie depuis peu, qui s’était prudemment rapproché. Sentant qu’il y avait quelque chose qui coinçait. Argy pensa furtivement qu’il y avait peut-être quelque chose à dire, mais à bien y réfléchir, non, il n’y avait rien à dire. Elle n’attendait rien de lui, et il devait n’en avoir passablement rien à cirer de ses problèmes. Même si c’était pour lui qu’elle s’était aventurée à devenir une troubadour. Mais elle avait promis qu’elle le couvrirait, et voilà le résultat. Elle ignorait comment une nihiliste comme elle se retrouver à faire un sacrifice pareil. Et tout de suite elle s’en fichait. Il pouvait faire ce qu’il voulait, la muse n’y trouverait rien à redire. Elle redirigea ses yeux rouges vers la cheminée droit devant elle, et un feu en jaillit instantanément. Il était surement rentré parce qu’il avait froid, le problème était réglé.
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C'est joli chez vous. [PV Ankomst]
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