Daydream

Juste de l'autre côté du rêve... une réalité.
 
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 Oh, le soleil se lève... [libre]

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Léim Moon
*I am the Banana King*

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MessageSujet: Oh, le soleil se lève... [libre]   Ven 11 Juin - 7:07

Les applaudissements couvrirent la musique qui faiblissait pour finalement s’arrêter définitivement. Haletants, le corps vibrant encore en souvenir du rythme lourd des instruments et de la mélodie virevoltante des violons, Korkra Léim et Adé s’inclinèrent élégamment devant la foule ravie. Ils n’attiraient pas autant de monde qu’un chanteur de rock mais ils étaient déjà heureux de voir autant de visages aux yeux brillants… Korkra et Adé avaient encore une danse à exécuter mais Léim était totalement libre d’aller où il voulait à présent. Il aurait pu rester regarder ses camarades, mais il connaissait leurs danses par cœur et l’air de la nuit l’appelait… C’était leur première journée au Palais d’Or et ils ne connaissaient encore rien du décor, de la ville… Ses deux compagnons le laissèrent virevolter dehors sans s’offusquer. Au pire il se ferait agresser par un fan en délire… Ou alors il se ferait un croche patte à lui-même et finirait dans des ronces. Adé et Korkra se demandait souvent comment quelqu’un d’aussi maladroit pouvait être aussi agile sur une scène de danse… Peut être que Léim le faisait exprès. Ce dernier, dès qu’il n’était plus dans une de ses passions, devenait un être totalement inconscient de ce qui l’entourait. Un jour, il oublierait de ne pas aller au soleil et on ne le reverrait plus jamais… En attendant, notre danseur, le corps encore peint de tatouages tribaux et animalier, vagabondait dans les jardins. Il avait encore le rythme de la musique dans sa tête et sur sa peau, qui en frissonnait légèrement… Ou peut être était-ce le vent frais de la nuit. Ses yeux, parfaitement habitués à l’obscurité, étaient rivés sur le ciel. Il trébucha, se rétablit habilement par une pirouette, et reprit son chemin comme si de rien n’était…

Il avait plu dans la journée – il se souvenait des petits « poc ! poc ! poc ! » qui résonnaient contre le toit et les vitres – et l’air sentait bon la terre mouillée. A chaque fois que l’un de ses pieds nu touchait le sol, cela faisait résonner les clochettes accrochées un peu partout sur ses vêtements, ainsi que les nombreux autres petits bijoux qu’il portait. Le vent lui ramena la rumeur de la musique que faisait encore la troupe dans le palais et inconsciemment il se mit à marcher en rythme. Ses clochettes accompagnèrent les instruments lointains et Léim s’amusa à esquisser quelques pas de danse… Ce n’était pas particulièrement pratique dans l’herbe du jardin, mais il n’était pas du genre à s’arrêter sur ce genre de détail matériel… S’il dérapait, il se rattrapait d’un mouvement acrobatique et on aurait presque dit que cela était fait exprès. C’est donc à pas guilleret qu’il atteignit une fontaine, agréablement entourée de quelques jolis bancs. Il s’amusa à grimper sur l’un d’entre eux et à le parcourir sur la pointe des pieds sans émettre d’autres bruits que celui des clochettes. Puis il alla faire de même sur le rebord du bassin. Il n’avait pas pensé que ce dernier serait peut être glissant… Encore heureux, il tomba du côté de l’eau et ne se fit pas de mal. Il lâcha un petit cri de surprise, tant à cause de sa chute qu’à cause de l’eau froide. Il se releva d’un bond, tel un chat ébouillanté, et se réceptionna agilement de l’autre côté. Il s’ébroua comme un animal et regarda d’un air attristé la peinture noire dégouliner de son corps. Les clochettes mouillées mirent quelques temps à reprendre leurs tintements. Son enthousiaste quelque peu refroidi, il alla s’asseoir sur un des bancs et observa de nouveau la lune. Son astre solaire à lui.

Une heure peut être passa, pendant laquelle Léim resta parfaitement immobile, les yeux fermés et le souffle lent. Peut être s’était il endormi, fatigué après avoir passé une journée à s’entraîner et une soirée à danser pour gagner de quoi vivre. Il finit par rouvrir les yeux et constata avec effroi que le ciel rosissait légèrement. Avaient ils donc dansés si tard ? Ou bien avait il dormi longtemps ? IL se redressa vivement et regarda autour de lui. 4 allées convergeaient vers la fontaine et bien évidemment, il ne se rappelait plus par où il était arrivé. Il se mit à courir, dans un tintamarre de tintements et de tissus froissés. Effrayé comme un lapin que l’on chasse il se mit à courir à toute vitesse vers le château qu’il voyait au loin. Heureusement pour lui qu’il était endurant… Et que le soleil allait encore mettre une bonne heure avant de vraiment montrer le bout de son nez. Mais rien que d’y penser, il sentait son dos le chatouiller désagréablement. Haletant, il aborda un virage en « dérapage » et il n’eut pas le temps de penser que peut être, quelqu’un viendrait en face. Avant qu’il n’est eut le temps de penser « fraise tagada », il se retrouva les fesses par terre, une douleur lui remontant jusque dans le dos. Et en face de lui, bien sûr, une autre personne victime de sa précipitation. Il se leva d’un bond, et voulu aider l’autre à se relever :

-Je suis terriblement désolé… J’aurais dû ralentir.

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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Dim 13 Juin - 8:01

{ ;P }


Une, deux, trois, quatre, cinq...
Ses chaussures claquaient doucement sur les marches en or. Il y allait tranquillement, sans précipitation. Non, non. Il ne fallait pas. Il ne voulait pas oublier de compter un pas ou d'en évaluer un de plus. Ca lui était déjà arrivé : une fois à la quarante-cinquième enjambée, il avait été surpris qu'une quarante-sixième existait. « Tiens, c'est nouveau! Quelqu'un l'a rajoutée la nuit dernière? L'étage avait besoin d'être rehaussé? Ou peut-être que quarante-cinq était un mauvais chiffre... » Il n'avait pas eu le temps de se questionner de la sorte sur le pourquoi du comment qu'il s'était retrouvé à quatre pattes sur le sol! Ses genoux et sa jambe gauche s'en souvenaient encore... Il avait récolté trois joli bleu en souvenir de ce désagréable moment.

... dix-neuf, vingt, vingt-et-un, vingt-deux, vingt-trois...
Le jeune homme portait dans ses bras quelques boîte où toutes ses dernières créations se trouvaient. Il avait travaillé toute la nuit dans l'arrière boutique de sa joaillerie. Il s'était dit que c'était une bonne occasion pour s'y atteler, pensant qu'il y aurait un peu trop d'agitation au Palais pour se reposer. Il aurait sûrement préféré voir ce qui s'y déroulait si seulement... il avait pu justement « voir ». Pour les animations et autres spectacles qui se déroulaient parfois dans la ville ou ses alentours, il regrettait que ce sens lui manque. Il y avait toujours la musique, les sons, mais bon, ça laissait parfois un léger goût de frustration. Bien malgré l'habitude qui s'était faite. Après tout, il était né comme ça, donc tout allait bien. C'était surtout les gens qui étaient là à le plaindre, qui lui répétaient Ô combien il n'avait pas de chance, Ô combien il devait être malheureux de ne point voir ce qui l'entourait. Il avait beau leur répéter avec un sourire aimable qu'il n'y avait rien de grave à cela, qu'il vivait parfaitement bien avec, mais rien n'y changeait. Les gens restaient sur leurs idées qui, à lui, faisaient tout simplement grincer le cerveau.

... trente-six, trente-sept, trente-huit, trente-neuf, quarante...
La Muse avait alors poussé la porte de chez lui. Il s'était habituellement cogné contre le premier meuble.


« Ouille...! »

Il faudrait un jour, qu'il le change de place. Mais il craignait que s'il le faisait, une fois ailleurs, le meuble l'embête toujours. Il n'aurait pas l'habitude de le voir, par exemple, auprès des étagères. S'il s'en approchait, il s'y heurterait sûrement un orteil, si ce ne n'était pas le pied en entier. Il alla ensuite, sans besoin de tâtonner puisque connaissant le chemin par coeur, dans une plus petit pièce qui lui servait de... débarra, four-tout, ou plutôt réserve pour sa boutique. Un joli bazar coloré mais parfaitement organisé. Chaque objet était rangé dans sa boite correspondant, celle-ci étant marqué de ce qu'elle contenait. Beaucoup plus facile pour lui de s'y repérer. Comment ferait-il sinon pour différencier deux perles de la même dimension, l'un étant bleu, l'autre rouge? Il appréhendait souvent le fait qu'il puisse se tromper, tout mélanger... tant pis, il se faisait confiance comme il le pouvait sur ce point là. Il n'allait pas employer quelqu'un juste pour vérifier la teinte des bijoux, si le tout correspondait correctement au but visé. Il avait finalement posé les boîtes sur sa table de travail, étonnement sans encombres apparents – fallait-il en fait regarder le sol et constater que quelques divers se trouvaient là, étant à l'évidence tombé du meuble un peu plus tôt dans la journée.
Il ne s'en préoccupa pas plus, objectif bien en tête, il ne fallait pas se laisser distraire. Il en profita d'être là pour prendre quelques récipients qui contenaient divers accessoires. Ce nouveau voyage lui serait utile. Certes, il fallait qu'il aille chercher quelques outils encore en ville, mais au moins, quand il rouvrirait le magasin, il aurait le nécessaire...

Et reprenons, en sens inverse, merci bien :
Une, deux, trois, quatre, cinq...
Le décoloré faisait demi-tour, toujours tranquillement, sagement, sans se bousculer, une main sur la rampe pour s'aider. Hop! celle-ci se terminait et il sentit la dernière marche puis le sol sous ses pieds. Il fit encore quelques pas puis passa le battant imposant. Il se retrouva en conséquence à l'extérieur, dans les jardins au chocolat. Il n'eut pas le temps de faire plus d'une dizaine de mètres qu'il heurta violemment quelque chose. Il se retrouva projeté en arrière, perdant l'équilibre, ses pauvres boîtes allant s'étaler misérablement sur l'étendue vert, tout comme lui, avouons le...
Mirë ne se souvenait pas d'avoir marché aussi vite pour chuter aussi soudainement. Il ne se souvenait pas non plus qu'un y avait une statue ou un truc du genre à cet endroit précis. Ses interrogations trouvèrent bientôt réponse, entendant une voix masculine. Il entendit le garçon s'approcher et sentit ses mains qui l'aidaient à se relever.


« Non, ce n'est pas grave. Je n'ai moi-même pas dû faire assez attention... »

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Léim Moon
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Lun 14 Juin - 5:44

[xD Chui un peu fatiguée, alors je pense qu'il y a pas mal de conneries là-dedans... x) ]

Léim observa rapidement la victime de sa maladresse. Il eut d’abord l’impression d’un jeune homme un peu frêle, avec sur le visage un air impassible mais adorable. Il avait cependant un regard étrange, ne serait-ce que parce qu’il était orné d’épais cils blancs laiteux… Peut être aussi parce qu’il ne voyait pas. Léim étant quelqu’un de relativement observateur – quand il le voulait – il le remarqua rapidement. En vérité, il avait l’habitude d’être observé lorsqu’il était en costume et tatoué, car les gens voyaient rarement pareils spécimens. Mais le jeune homme, lui, semblait s’en moquer totalement… Normal. Il faisait encore bien sombre – heureusement pour notre danseur maladroit – mais il voyait tout de même sa chevelure platinée miroiter dans l’obscurité. C’étaient des cheveux épais, abondant, et Léim n’aurait pas aimé en posséder des semblables. Trop durs à coiffer, à maintenir en place, et pour danser, autant que ce soit pratique. Le jeune garçon s’étonna que l’aveugle ne l’est pas entendu venir : son ouïe devait être bien plus développée que la normale, et il faisait un boucan remarquable avec ses clochettes et autres babioles métalliques. Il se pencha pour ramasser les diverses boîtes du jeune homme et lui rendre en s’excusant encore. Ne sachant pas quoi dire, il faillit dire « quel superbe jardin », mais l’autre ne devait pas s’en faire une idée très concrète… D’un côté, Léim se sentait « proche » de lui, à cause de sa propre maladie. Tous deux avaient dû entendre le même genre de baratin : « han mon dieu mais comment tu faiiis ? ». Je fais, tout simplement, j’ai pas le choix hein… « Le soleil ne te manque pas ? » Comment veux tu qu’un truc que je n’ai jamais vu et qui me crame sur place me manque… ? Et il y avait toute cette ribambelle de gens qui vous prenait en pitié, vous considérant comme incapable de faire certaines choses banales. Probablement ne comprenaient ils pas le côté insultant et rabaissant de cette pratique.

- Ah, je vous aurais bien aidé plus pour faire pardonner ma maladresse mais je dois me dépêcher de rentrer…

Il s’arrêta dans sa phrase. Ah oui, tiens, c’est vrai, le soleil il en est où… ? Il se retourna et grimaça en voyant le ciel commencer à s’éclaircir. C’était suffisant pour l’éblouir alors que quelqu’un de normal se serait encore senti plongé dans l’obscurité. Oups. Il cligna des yeux, se les frotta énergiquement et retourna son attention vers le jeune blond. Quoi que jeune, il n’en savait rien, avec la manie qu’avaient les muses de s’arrêter de grandir un jour ou l’autre. Korkra avait bien une cinquantaine d’années alors qu’il n’en faisait qu’une vingtaine… Il secoua la tête. Etait-ce bien le moment de penser à ce genre de questions d’âge alors que incessamment sous peu il allait finir encore plus rôti qu’un poulet ? Oubliant que son camarade était aveugle, il posa ses mains sur ses épaules dans une attitude proche de la panique :

- Pardon mais… le palais, où est-il ? Je suis perdu… Le soleil va se lever et… Je vais brûler !

Léim n’avait jamais été très doué pour communiquer. Lui, son truc, c’était la danse, la cuisine et à la rigueur le dessin. Parler aux gens, non merci. Les gens pensaient souvent de lui qu’il ne fait pas attention aux autres, mais en vérité il ne sait pas quoi leur dire. Il est doué pour écouter et plaisanter et au fond on l’apprécie, mais trouver les mots a toujours été relativement difficile. Deviner ce que les autres veulent entendre… Peut être n’est il pas assez sorti étant jeune pour exceller dans cet art délicat qu’est la vie sociale. Et puis c’était marrant de dire « je vais brûler », ça faisait penser au mythe des vampires, et Léim restait un grand appréciateur des farces stupides… Il eut un sourire nigaud que l’autre ne put voir, mais il entendit sûrement son petit rire nerveux. Peut être n’était-ce pas une bonne idée… Il allait penser qu’il se moquait de lui, pour une raison obscure ou parce qu’il était aveugle, et il refuserait de lui indiquer le chemin. Et il deviendrait une espèce de torche humaine débile qui foncerait vers la fontaine comme un idiot. En vérité, Léim ne savait pas exactement ce qui se passerait s’il restait sous le soleil sans aucune protection. Probablement que sa peau brûlerait, mais au point de se transformer en barbecue… Peut être ne fallait il pas exagérer. Mais le jeune homme aimait bien ça…. Il secoua de nouveau la tête, s’étrangla en voyant le ciel toujours plus clair…

- Je ne suis pas un vampire, hein, je suis réellement allergique…

Ç’aurait pu être terriblement drôle de se faire passer pour un buveur de sang, mais être prit pour un fou échappé du zoo ne l’aiderait pas à trouver l’obscurité rassurante du palais. Car en plus de devoir le retrouver, il devrait aussi réintégrer sa chambre protégée. Les fenêtres restaient de terribles ennemis pour lui, surtout qu’elles était parfois traîtreusement dissimulées dans des coins stratégiques, comme si elles rêvaient de le piéger et de s’exclamer de leurs voix fortes : « HA HA ! On t’a eut ! Fenêtres : 01, Léim : 00 ». Peut être que le manque de sommeil devenait dangereux… Il aurait voulu regarder l’inconnu avec ces yeux de cockers larmoyants qu’il savait si bien faire quand il s’agissait de soudoyer quelqu’un mais ce ne serait sûrement pas d’une grande utilité… Parallèlement à tout ceci, il mourrait d’envie de lui demander qu’est-ce qu’il fichait avec ces boîtes, où il allait, ce qu’il faisait dans la vie, quel était son animal… Mais son instinct de survie était en ce moment plus important que son insatiable curiosité – qualifiée de diabolique par certaines de ses victimes. Sa peau commençait déjà à le démanger furieusement, mais étant du genre un peu autiste, il ne savait pas du tout où se trouvait se maudit palais. Les arbres lui bouchaient la vue… Quand il serait rentré, il allait sacrément se faire disputer – Korkra jouait si souvent le rôle de père… Et il allait probablement épuiser tout un stock de biafine.
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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Jeu 17 Juin - 5:07

A l'aide de l'inconnu, Mirë se retrouva bientôt sur ses deux pieds. Et est-ce que lui allait bien? Sûrement, oui, il se serait peut-être plaint si cela avait été le contraire. Le blond aurait à l'évidence un ou deux bleus, rien de bien grave. Il était habitué depuis qu'il était né à se prendre un peu tout et n'importe quoi n'importe ou, ça allait passer en quelques temps. Il s'inquiéta alors bien vite pour ses boîtes. Oh! Mon dieu... si elles s'étaient ouvertes, comment allait-il faire? Si le contenant s'était déversé sur le sol et qu'il s'était mélangé... Et le rouge du bleu? Il ne pourrait jamais différencier un orange d'un vert. Il commençait à paniquer. Ca y'est, c'en était fini! Il devrait rester des heures à quatre pattes sur le sol en train de chercher, chercher et chercher... Et il aurait l'air bien bête devant les passants. Ceux-ci le regarderaient à l'évidence d'un air louche... Non, non! Ne soyons pas défaitistes! Il s'apprêta donc à demander à son vis-à-vis s'il pouvait l'aider, s'il pouvait lui dire si elles n'étaient plus fermées, mais il l'entendit s'agiter autour de lui. Il constata alors quelques tintements. Est-ce que cela venait de lui? Tout à fait possible, ça lui en avait tout l'air. Il se demanda alors comment il n'avait pas pu le remarquer... Il devait être trop concentré à essayer de se repérer. Il sentit alors bientôt le bois sous ses doigts, les contenants lui étant glissés entre les mains par le garçon, celui-ci s'excusant une nouvelle fois.

« Ce n'est pas grave... souffla-t-il. Je vous remercie. »

Rien ne semblait s'être renversé, sinon il lui aurait certainement dit, croyant en la bonne fois des gens et surtout en celle de l'énergumène. Il se rassura en passant l'une de ses phalanges sur chaque fermoirs. Tout était en place. Tout allait bien.

« D'accord, ne vous inquiétez pas, je vais continuer... »

La Muse s'attendait à ce que le jeune homme lui dise au revoir, puisqu'il était pressé, ajoutant peut-être un : « à une prochaine fois » ou un à nouveau : « excusez-moi, encore » avant de disparaître un peu plus loin, voir même des jardins, mais non. Il fut un peu surpris de sentir deux mains se poser sur ses épaules. Il se crispa légèrement, ne s'attendant pas tellement à ça. Il avait pensé qu'ils se serraient séparés, sans plus ni moins, sans ajouter quelque chose, sans rien s'échanger, restant de parfaits et quasi-inconnus. Il aurait alors continué son petit chemin à travers la ville, se dirigeant vers sa boutique. Il y aurait déposer les récipients et serait revenu sur ses pas pour allez prendre un peu de repos dans ses appartements... Au lieu de cela, il se retrouva à écouter attentivement le garçon qui lui sembla alors paniqué. Mais, même s'il l'était... est-ce qu'il était en train de se moquer de lui? Brûler? Comment est-ce qu'on pouvait brûler avec un peu de soleil? Un corps ne brûlait pas pour quelques rayons, si? Il insista bientôt, devant son semblant d'indifférence le plus total.
Oui, il savait qu'il n'était pas très expressif, on le lui avait souvent reproché... et il n'y pouvait rien, il n'allait pas changer parce qu'il déplaisait aux autres. Le jour où il aurait envie de sourire et de parler comme une dinde { ♥ } à tout va, il le ferait avant tout pour lui même et non pour contenter les gens, surtout s'il ne les appréciait pas plus que cela. Bref...!


« Le palais? Heu... oui... »

Une petite seconde, voir un peu plus pour qu'il réussisse à se situer... Bon, demi-tour? A gauche ou à droite? En fait... il n'en savait strictement rien. Il ne savait pas comment se repérer par rapport à ce genre de références. Lui, il y allait surtout à l'instinct, et heureusement pour lui, et pour le jeune homme qu'il allait aider, son instinct était bon et ne lui jouait que très rarement de mauvais tours.
Calant les boîtes dans une main à l'aide d'un de ses bras, il glissa ses doigts sur le poignet. Ainsi, entre ses phalanges, il était sur qu'il ne le perdrait pas, qu'il ne risquait pas de le semer. Ce qui serait assez dommage.


« Suivez-moi. »

Il aurait mieux fallut dire : « laissez-moi vous traîner »... Ou non, « Laisser-moi vous guider » aurait été encore plus approprié. Il ne lui laissait pas vraiment le choix – de toute façon, il lui demandait secours alors il n'avait pas plus à dire, non? – mais ne le serrait pas fortement non plus ; il le tenait, doucement, lui laissant le choix de se défaire de l'étreinte ou non.

Mirë avait donc, en fait, fait demi-tour et les dirigea parmi quelques buissons. Il se retrouva ensuite sur un chemin, le gravier crissant sous ses pieds. Là, c'était facile, le bruit l'aidait.


« Encore quelques mètres et ça devrait être bon. » lui fit-il en voulant le rassurer.

Ses dires étaient exacts, plusieurs dizaines de pas furent fait, et ils se retrouvèrent devant la grande porte en or. Il lâcha le bras du Monsieur aux Clochettes, pour tendre sa main devant lui, celle-ci se posant très exactement sur le battant en métal précieux.


« Là, il devrait y avoir de l'ombre, au moins à l'intérieur. »

Le blond se retourna vers l'étranger, du moins espérerait-il puisqu'il ne pouvait pas le regarder, et lui demanda :

« Est-ce que ça va? »

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Léim Moon
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Jeu 17 Juin - 23:15

Le jeune homme s’empara de ses boîtes avec beaucoup d’empressement, comme s’il était paniqué. Il vérifia, sous le regard curieux de Léim, si toute les boîtes étaient bien fermés, et il sentit le soulagement émaner du jeune homme. Il sentit aussi l’aveugle se crisper sous ses mains. Oui, certes, il n’aurait pas dû le prendre aussi brutalement par les épaules… Léim était parfois un peu stupide. Il sentit aussi que l’autre était perplexe en entendant le « je vais brûler ! ». Qu’elle idiotie aussi de sortir des trucs pareils aux gens… ça puait vraiment la farce, la bonne vieille blague grasse bien débile. Cependant, il finit par le convaincre et il le guida jusque vers le palais. C’était une étrange sensation que de suivre un aveugle… Léim sentit un sourire se dessiner sur son visage. L’aveugle chercha un moment son chemin, et jamais Léim ne s’était senti aussi impuissant et inutile. Il tenta de mémoriser le chemin, imprimant dans son cerveau l’image des graviers… En même temps il lui sembla qu’il n’était pas passé par là à l’aller. Il devait y avoir plusieurs entrées et plusieurs sorties, logique dans un palais aussi monumental. Il sentit ses démangeaisons s’accentuer et un coup d’œil vers le ciel le renseigna que s’ils n’arrivaient très bientôt, il n’y aurait plus de Léim à guider. Cependant, bientôt, ils atteignirent les portes salvatrices du palais. L’allergique poussa un long soupir de soulagement, et entreprit de fermer tous les rideaux de la pièce. Après tout, ça ne gênerait sûrement pas son camarade. Puis il se rappela des étranges petites boîtes et du son qu’elles produisaient…

- Dites, vous faites quoi dans la vie ? De la joaillerie ?

Si c’était le cas, Léim se sentait admiratif. Ce ne devait pas être facile pour quelqu’un qui n’y voyait rien de faire des colliers, des bracelets… Ne serait-ce que pour les couleurs. C’était sûrement pour cela qu’il avait eut l’air si paniqué précédemment, lorsqu’il lui avait rendu les boîtes tombées sur le sol… Oui, heureusement qu’elles ne s’étaient pas ouvertes… Léim aurait il eut le temps de l’aider à ranger ses perles, avec le soleil qui se levait ? Sûrement pas. Une grimace déforma son visage. Il pencha légèrement la tête et pouffa involontairement de rire en voyant l’état de ses tatouages… Un gribouillis noirâtre qui ne voulait plus rien dire… Finalement, ce n’était pas plus mal que l’inconnu ne puisse y voir. Il aurait sûrement fuit en voyant un espèce de fou au visage peinturluré et au corps parcouru de… traces difformes lui dire qu’il allait brûler au soleil. Il remarqua alors qu’il ne connaissait pas le nom de son sauveur.

- Et comment dois-je appeler celui qui vient de me sauver la vie ? Je m’appelle Léim.

Il aurait voulu s’incliner poliment comme on lui avait apprit mais c’était inutile, malheureusement. Devait il le toucher gentiment pour exprimer sa gratitude ? Ses pensées furent interrompues par un bruit de cavalcade dans l’un des escaliers menant à la pièce où ils étaient… Et Adélaïde déboula tel un boulet de canon à la forme humanoïde. En voyant Léim sain et sauf, elle lui sauta dessus avec violence et ils roulèrent au sol comme une mêlée de chats furieux. Le jeune danseur se dégagea rapidement et se remit sur ses pieds en chancelant. La jeune femme se redressa à son tour et commença à le disputer, criant d’une voix suraiguë combien elle et Korka s’était inquiétés de ne pas le voir revenir et que si ça continuait, un jour, il se ferait avoir. Et ce serait bien fait ! Elle s’interrompit en plein milieu de son « sale chenapan » en remarquant la présence de l’aveugle. Léim lui expliqua la situation, en ométant de préciser la cécité de son sauveur. Evidemment, Adélaïde, reine des boulettes, s’exclama aussitôt :

- Oh ! Merci bien pour nous avoir ramener notre prodige ! Pour vous remercier, pourquoi ne viendrez vous pas nous voir danser ce soir ?

Un long silence suivit cette remarque. Léim s’était prit la tête entre les mains, affligée par la stupidité sans bornes de sa camarade danseuse. Même lui n’était pas suffisamment débile pour faire autant de c*nneries… Lorsqu’elle comprit son erreur, Adé poussa un grand « Ooooooooh ! ». Elle agita stupidement sa main devant le nez du jeune blond, et Léim ne put que soupirer d’avantage. Il la prit par les épaules et l’éloigna de l’inconnu pour qu’elle cesse de l’offenser comme ça. D’un côté, le jeune homme devait avoir l’habitude de la stupidité des gens… Après tout, lui aussi on lui faisait bon nombre de farces stupides avec son allergie. Mais Adé n’avait pas fini, car en plus d’être un peu bête, elle avait parfois des idées saugrenues :

- Tu sais, il y a quand même un moyen de lui montrer notre danse ! Il suffit qu’il mette ses pieds sur les tiens et que tu danses ! Pas d’acrobaties, évidemment, mais quelque chose de simple…

Léim resta silencieux. C’était certes une bonne idée, mais il lui semblait inconcevable que l’aveugle accepte de se prêter à une telle expérience.
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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Sam 19 Juin - 4:50

L'inconnu sembla aussi soulagé, voir plus, que lui-même lorsqu'il avait pu récupérer ses boîtes en parfait état, lorsqu'il avait pu pénétrer dans la salle. La porte refermée derrière eux, il l'entendit aussitôt tirer sur tous les rideaux des fenêtres présentes, barrant la route de n'importe quel rayon de soleil qui essaierait de passer sournoisement. Juste après, il s'intéressa à lui, l'interrogeant, faisant en fait la question et la réponse. Il semblait perspicace. A moins que ce ne soit si simple que cela de deviner ce qu'il entreprenait dans sa simple petit vie. Peut-être que son vis-à-vis l'avait déjà vu, aperçu auparavant dans une circonstance bien précise qui faisait qu'il pouvait en déduire cela. Quand à Mirë, il était certain de l'avoir déjà croisé ; plus il s'adressait à lui, et plus sa voix lui disait quelque chose. Oh! Il ne s'étaient certainement pas parlé, mais il l'avait probablement entendu au détour d'un couloir du palais ou même en fermant sa porte.

« Oui, oui, je suis joaillier. Je tiens une petite boutique en ville. Pas grand-chose... »

Sa modestie finirait par être agaçante un jour. Certes, il pouvait arriver qu'il n'y ait pas de clients dans une journée, mais ça ne l'embêtait pas vraiment. Au final, il n'y perdait pas et il avait alors tout le temps qu'il voulait pour confectionner ; ce qui lui plaisait réellement en fait.
La Muse se demanda alors ce que le garçon faisait lui aussi, s'il faisait quelque chose de particulier très exactement, mais son rire l'interpella avant tout. Ça n'allait pas? Qui avait-il? Avait-il dit un mauvais mot? Quelque chose de drôle? Il paniquait sur le fait qu'il puisse de moquer de lui. Il se faisait sûrement trop d'idée, un peu saugrenues. Si cela se trouvait, c'était simplement nerveux. Ou alors, il avait envie de rigoler, là, comme ça, sans une raison évidente qu'il pourrait fournir.
Il s'affolait trop à l'évidence, le jeune homme s'adressant de nouveau à lui sur un sujet plutôt neutre. Il s'apprêta à protester sur le fait qu'il lui avait sauvé la vie -même s'il le croyait tout à fait souffrant d'allergie, il avait du mal à concevoir qu'il allait vivre encore plus temps grâce à lui – mais il se ravisa, répondant uniquement :


« Enchanté, je m'appelle Mirë. »

Pour la première fois depuis leur rencontre, ses lèvres s'étirèrent légèrement, offrant un sourire à la fois timide mais sincère. Léim, Léim... Il répéta diverses fois le prénom dans sa tête. C'était joli, il aimait bien comment cela sonnait. Mais ça resterait secret. Il n'était pas du genre à complimenter à tout va lorsqu'il ne connaissait pas encore assez bien.
De toute façon, il n'aurait pas eu le temps de lui avouer un bazar infernal déboula dans la pièce. Surpris, il pressa ses coffrets contre lui, s'attendant à l'éventuelle attaque d'un être vivant fou furieux. Il n'aurait pas su dire ce qu'il se passa juste devant lui en cette dernière minute mais une femme se mit bientôt à crier. Plus à pousser des cris contre le-dit Léim. Un court silence se fit, ou elle remarqua assurément sa présence. Il ne fut pas tellement surpris quand-elle lui fit la proposition. Si l'on ne faisait pas trop attention, sa non capacité à voir n'était pas plus visible que cela. En tout cas, il apprit donc que l'allergique était danseur. Il se permit de rêver une demi-seconde. Qu'est-ce que cela devait être bien... Elle, était sa partenaire, de ce qu'il en déduisant, ou au moins une bonne amie.


« Mais, de rien. Cela me semblait plutôt normal vu les circonstances... »

La longue exclamation de la demoiselle l'interrompit. Il n'eut donc pas besoin de lui faire comprendre que s'il y allait, il se sentirait assez perdu, celle-ci comprenant qu'il était aveugle. Malgré sa maladresse, il ne s'en offusqua pas, elle lui sembla plutôt rigolote. Son franc-parler n'était pas choquant. Elle avait aussi de drôles d'inventions! Se mettre sur ses pieds?

« Je doute de pouvoir suivre le rythme, je ne suis pas très adroit. » fit-il, poliment.

C'était véridique. Il se prenait déjà tout et n'importe quoi au moment où il faisait trois à quatre pas de suite alors il ne serait pas du tout à l'aise s'il devait accompagner quelqu'un. Et il fallait qu'il fasse entièrement confiance en cette personne s'il devait de laisser guider de la sorte. Il serait évidemment tout crispé, ne sachant pas que faire. Ce serait inévitablement amusant, comique pour qui regarderait la scène.

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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Dim 20 Juin - 5:40

Que de discrétion chez le jeune aveugle… Même son sourire, quoi qu’adorable, restait discret, timide. Additionné à cette modestie, alors qu’il lui semblait qu’il y avait de quoi être fier d’être joaillier et d’avoir son propre magasin, il donnait l’impression de ne pas vouloir être remarqué. Au fond, Léim comprenait assez son point de vue, lui-même s’efforçant de passer inaperçu une fois descendu de scène… Mais alors, n’était il pas agacé par le débordement dont pouvait faire preuve Adé ? La jeune femme tournoyait déjà dans la pièce en chantonnant une de leurs musiques. Léim observa un moment sa tête, félicitant dans sa tête les pas réussis et critiquant les mouvements ratés. Malgré les boulettes à répétition de sa partenaire, Mirë ne semblait pas en prendre ombrage… Ce devait être quelqu’un de compréhensif et d’assez peu rancunier. Peut être avec un soupçon de timidité naturelle… Adé arrêta enfin sa folle danse, lorsque Mirë avoua qu’il n’était pas très adroit. Elle éclata alors de son rire bruyant, qui dura bien cinq minutes. Léim s’excusa encore pour l’indécence de la jeune femme… Il se demanda intérieurement si elle avait vraiment reçu une éducation. Son hilarité se calma enfin, et elle s’approcha des deux jeunes.

- Allons, allons, Léim est très adroit pour la danse ! C’est lui qui bougera !

Sans attendra leurs avis, elle prit les boîtes des mains de l’aveugle et alla les poser ailleurs. Puis elle revint vers eux, fit grimper Mirë sur les pieds de Léim et fourra ses mains dans les siennes. Elle tapota d’un air ravis sur leurs deux têtes et lança un joyeux « danse ! » à son partenaire. Ce dernier resta un moment scotché par son audace mais comme l’autre ne semblait pas oser bouger il esquissa quelques pas de danse. Au départ, il n’était certes pas très à l’aise, guère habitué à avoir des « passagers ». Et puis, que pouvait il bien faire ? Lui était surtout axé sur des acrobaties qui nécessitaient des sauts, et autres mouvements qu’il serait impossible de faire… Puis il prit un peu d’assurance, et comme Mirë n’était pas bien lourd, il commença à exécuter une danse presque normale. Sa maladresse habituelle s’envola, laissant place à son habituelle dextérité. Son enthousiaste grimpa encore de quelques degrés lorsqu’Adé se mit à chanter pour les accompagner. Elle était une très bonne chanteuse, et lorsqu’elle ne dansait pas, elle accompagnait les musiciens. Ses pas suivirent instinctivement la musique, et bientôt, ce fut comme si il n’y avait personnes sur ses pieds. Evidement il faisait toujours attention à ses mouvements, se doutant que l’aveugle ne suivrait pas s’il se mettait à faire des grands écarts… Enfin, le chant cessa et après une espèce de glissade, Léim s’arrêta. Légèrement essoufflé par l’effort, il aida Mirë à descendre et s’excusa.

- Ah désolé… Je me suis peut être un peu… « emporté » !

De nouveau ce rire nerveux, et il vit Adé lever les yeux au ciel. Cette dernière s’approcha et posa mille questions à l’aveugle : « comment c’était ? », « Léim ne vous as pas fait mal ? », « vous seriez prêt à recommencer ? »… Le garçon soupira et alla rendre ses précieuses boîtes à son propriétaire. Il lança un regard à sa partenaire, lui demandant silencieusement d’arrêter avec toutes ses questions. Elle ria encore et s’excusa pour son empressement, justifiant une grande curiosité et une soif de connaissance de la vie des autres. D’un geste nerveux, Léim rajusta quelques rideaux, et sursautait dès qu’un léger coup de vent faisait bouger les teintures. L’endroit n’était pas très sûr pour lui, de toute évidence. A l’aide d’un mouchoir en tissus que venait de lui passer Adé, il essuya son maquillage et les dernières traces de ses tatouages à l’encre. Il dû aussi essuyer les mains de Mirë qu’il avait tâché sans faire exprès… Encore une fois, il lâcha une excuse accompagné de ce petit rire qui traduisait combien il se sentait gêné. Adélaïde s’approcha à nouveau de Mirë et s’exclama en toute franchise :

- Vous, je vous aime bien ! Il faudra que je vous fasse danser un jour, moi aussi… Même si Léim reste le meilleur !

Elle aimait bien flatter les autres. Léim n’avait jamais réussi à savoir si c’était sincère ou bien si elle tentait de s’attirer les faveurs des autres pour mieux parvenir à ses buts… Peut être que Mirë, plus sensible aux sons, serait capable de lui dire un jour. Lui aussi l’aimait bien, et le revoir serait agréable. Se rappelant que le joaillier allait quelque part avant de se faire percuter par Léim, ce dernier allait lui dire au revoir, et s’excuser encore une fois de lui avoir fait perdre du temps et de ne pouvoir le dédommager en l’accompagnant, mais Adé l’interrompit avant même qu’il ne parle. Elle claquait dans ses mains comme une petite fille ravie qui vient d’avoir l’idée lumineuse – celle qui en générale terrifiait les parents :

- Oh ! Notre petit groupe fait une sorte de petite réunion, en ce moment, il y a à manger et les musiciens doivent s’en donner à cœur joie ! Pourquoi ne pas venir ?

Décidemment, elle ne manquait pas de toupet celle-là… Enfin, c’était généreux de sa part.
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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Dim 27 Juin - 4:12

La jeune femme rit. Assez bruyamment, on ne pouvait pas ne pas le penser. Longtemps de surcroît. C'était ce qu'il venait de dire qui l'a mettait dans tous ces états? Si c'était cela, ce n'était pas vraiment drôle, même pas du tout! Il était maladroit, il était maladroit. Ca arrivait, ce n'était pas si grave, ou comique. Enfin, il n'en savait rien mais pour lui c'était comme ça.
Quoi? Que sous-entendait-elle? Qu'il fallait qu'il le fasse, qu'il n'aurait rien à faire et que ce serait Léim qui agirait? Non, non, non! Là, il n'était pas d'accord! Si on l'avait avertit au moins deux ou trois jours à l'avance qu'il allait faire ça, ç'aurait sûrement mieux passé. Il aurait éventuellement accepté avec plaisir. On aurait au moins pu le laisser se préparer psychologiquement.


« Mais...! »

Pas le temps de contredire plus la demoiselle qu'il se retrouva sans boîtes entre les mains et qu'elle le força à grimper sur les pieds du jeune homme. Si ça se trouvait il était en train de lui les écraser! Il lui faisait peut-être mal!
La danse commença doucement. Il n'était pas dans son élément... Il fut d'ailleurs un peu surpris quand cela s'accéléra. Ayant peur de perdre l'équilibre et de tomber à la renverse, plutôt que d'avoir les phalanges nouées à celles du danseur, il préféra passer un bras sur l'une de ses épaules pour mieux se maintenir. Il ne su pas tellement combien de temps passa. Il avait cru une presque éternité. Puis cela s'arrêta. Il eut du mal à se décrocher du cou de Léim mais il retrouva finalement sans encombre la terre ferme. Il avait les membres un peu tremblant, franchement pas habitué à faire ce genre de choses. De ce qu'il se souvenait, il n'avait pratiquement jamais fait de sport de sa vie alors bon, niveau muscle, ça ne devait pas être trop ça. On lui avait déjà dit, de toute façon, qu'il n'était pas bien grand ni bien épais.


« Ça va... Ce n'est pas grave. »

Juste le temps de rassurer son vis-à-vis, lui sous-entendre qu'il en était ressortit en vie, et... il se fit harceler par la jeune femme. Il répondait à ses questions posées à vitesse grand « V ».

« C'était... bizarre. Je ne suis pas tellement habitué, je n'ai jamais fait ça en fait. Et non, non, je n'ai pas eu mal. Pour recommencer, je ne sais pas. Peut-être si on me prévient avant, si j'y suis préparé... »

Mirë fut sauvé par le jeune homme qui lui rendit ses boîtes – la danseuses s'excusant de sa curiosité.

« Merci. » souffla-t-il doucement.

La Muse ressentit bientôt un nouveau contact sur ses mains. Du tissu? D'après les mouvements, Léim – dont il avait reconnu le toucher – était en train de les essuyer. De quoi? Il n'aurait pas sur le dire. Mais s'il le faisait, c'est qu'il y avait une bonne raison. Il se laissa faire se questionnant sur l'utilité de la chose, n'osant pas le demander à voix haute. Il s'excusa encore une fois. Mais non, ça ne devait pas être très important, ni contraignant.
Le blond était, une fois de plus, prêt à se perdre dans le fin fond de ses pensées quand Adélaïde s'adressa à lui. Il resta assez surpris de la teneur de ses propos et il se su sortir qu'une phrases un peu bête :


« Ha... heu... d'accord... Merci. C'est gentil. »

Qu'elle était étrange...! Et surtout spontanée! Elle lui disait ça alors qu'il ne se souvenait pas même d'avoir entendu son prénom. Aimer n'importe qui en si peu de temps était assez surprenant. Il ne pensait pas aimer ou détester une quelconque personne en à peine quelques minutes. Apprécier serait plus à propos. Par exemple : il appréciait déjà Léim...
Le joaillier ne su pas quoi répondre aussitôt à la proposition qu'on vint de lui faire. Refuser. Oui, ce fut la première chose qui lui vint à l'esprit. Il y aurait des inconnus, trop de gens probablement. Mais en même temps... en son for intérieur, il se disait que ce ne serait pas si mal d'avoir un minimum de contact avec la civilisation. A part dans sa boutique, il ne parlait à pratiquement personne. Pas d'amis, personne à qui se confier... Bref.


« Merci pour cette attention mais je ne voudrais pas déranger... »

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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Mer 30 Juin - 5:24

Pauvre Mirë. IL venait de tomber sur deux pauvres fous, une espèce de vampire malade et une danseuse hystériques au rire tonitruant. Car, bien que Léim soit désolé pour l’aveugle d’être ainsi entraîné dans diverses situations embarrassantes à cause d’Adé, il était terriblement curieux. Il mourrait d’envie de lui poser mille questions, à l’image de la jeune femme, mais l’autre avait l’air tellement… gêné ? Timide ? Finalement, la proposition de venir à leur petite fête n’était peut être pas si mauvaise que ça. Certes, le danseur commençait à fatiguer malgré sa sieste prolongée dans la nuit, mais Mirë était suffisamment intéressant pour le maintenir éveillé. Peut être était-ce là le problème de Léim : il trouvait beaucoup de choses intéressantes qui justifiaient le fait de rester debout des heures et des heures. Ainsi, même si le pauvre aveugle n’était guère enthousiaste, Adé et Eoin se chargèrent de l’emmener gaiement à travers les couloirs. La jeune femme le rassura d’un « Mais non, tu es le bienvenu ! Tu ne gênera personne. » La progression fut ralentie puisque derrière chaque porte se trouvait le danger potentiel d’une fenêtre grande ouverte, et Adé devait servir d’éclaireur pour fermer tous les rideaux. Léim profita d’une de ses absences pour murmurer une excuse et se justifier par un « Adé est une jeune femme très énergique, difficile à arrêter en plein élan… », accompagné d’un petit rire. D’accord, il aurait pu dire un non direct et massif à Adé, mais il était bien trop curieux. Et égoïste aussi.

La « fête » avait lieu l’étage en dessous, dans une pièce ronde rendue confortable par d’innombrables coussins qui recouvraient le sol, et de nombreuses tapisseries aux couleurs chatoyantes. Ancrés aux murs se trouvaient plusieurs chandeliers nantis de bougies qui diffusaient chaleur et lumière tamisé. A peine la porte fit elle ouverte que déferla sur les 3 nouveaux arrivants une musique entraînante et trépidante, qui envoyait dans tout le corps des ondes qui criaient « danse, danse, danse ! ». Dans une pirouette rougeâtre apparut Korka, qui comme Léim était encore costumé, maquillé et tatoué. Il observa d’un œil critique ses deux partenaires, mais offrit un sourire chaleureux et une bonne poignée de main à Mirë. Il arrêta cependant en constatant qu’il était aveugle, et il lui tapota sur l’épaule plus doucement. Il les entraîna tous trois à l’intérieur de la pièce. Au centre s’acharnaient les musiciens avec passions, et au milieu d’eux pirouettaient les 4 autres danseurs de la troupe. De sa voix pétillante, Adé raconta l’aventure de Léim et Mirë à Korkra, puis la danse de l’aveugle et du singe. L’homme aux cheveux roux soupira et secoua la tête.

- Mon pauvre ami, ils vous en ont fait voir de toutes les couleurs ! Reposez vous donc un peu avant de repartir à vos activités.

Et sur ce, il lui mit dans les mains un verre de jus de pomme – point d’alcool chez les danseurs. Korkra, tout comme Adé, manquait certes de délicatesse. A l’aide d’une autre pirouette, il rejoignit les musiciens et poussa la chansonnette, pour le plus grands malheur des convives. Léim se tourna vers Mirë, lui-même un verre à la main et un large sourire curieux sur le visage. Adé était repartie onduler sur la piste de danse, sous les sifflets admiratifs des mâles de la pièce.

- Alors alors ? D’où est-ce que tu viens ? ça fait longtemps que tu vis ici ? Et dis, tu as quel âge ?

A cet instant précis, Léim ressemblait à un petit chiot tout excité devant un nouveau copain. Même si Mirë ne pouvait le voir, il devait sûrement le ressentir. Adé revint vers eux, et gentiment, les força à s’asseoir. Elle proposa à manger, puis de nouveau à boire au blondinet. Le fait de s’asseoir après être longtemps resté debout dû avoir un effet particulièrement dévastateur sur Léim car, très rapidement, il s’affala endormi sur les coussins. Mais cela ne sembla pas gêner Adé qui, après ri pendant 5 longues minutes, le réveilla d’un coup de poing bien placé dans l’épaule. La jeune muse endormie se redressa en sursaut, leva les mains tel un karatéka entraîné et fusilla la responsable du regard. Puis il s’affala de nouveau, il lâcha à Mirë un :

- Un jour elle me tuera…

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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Sam 10 Juil - 5:50

Et c'est alors que Mirë se retrouva embarqué par les deux drôles de gens sans qu'il ne puisse rien y faire. Il ne dérangerait personne? Bon c'était déjà ça, surtout qu'il savait se faire tout petit, minuscule, et même invisible parfois. Tout trois continuèrent leur route, parsemée d'embûches et de guets-apens pour le brun. Il répondit d'ailleurs à ce dernier, tout simplement :

« Ce n'est pas grave, ce n'est pas la peine de s'excuser et puis au moins je « verrais » autre chose. »

C'était vrai qu'à y regarder de plus près, sa vie pouvait sembler un peu vide et monotone, mais il fallait bien qu'il fasse avec certaines choses en sans d'autres. Et puis entre son appartement au Château d'Or et sa boutique en ville, il n'avait pas grand-chose de plus.

Alors qu'ils arrivaient à un escalier à descendre, il prit soin de compter les marches, et pensa juste après qu'il ne savait pas du tout dans quel lieu il était emmené. Il se sentirait complètement perdu dans un endroit qu'il ne connaissait pas du tout. Il faudrait qu'il s'accroche à quelqu'un, ses boîtes ne suffiraient plus à le rassurer. Peut-être pas à Adélaïde... il se voyait déjà en train de faire tout un tas de mouvements étranges qui elle l'amuserait follement, contrairement à lui qui se sentirait bien ridicule. Oui, oui, Léim, c'était mieux.

Le blond se retrouva enfin dans une pièce très animé, « remplie d'un tas de bruits ». Mon dieu, il n'allait pas survivre là-dedans...! Il était déjà en train de perdre tout ses moyens. Qu'allait-il faire? Que devait-il faire? Que pouvait-il faire? Se calmer peut-être, ne pas s'affoler plus qu'il ne l'était et reprendre conscience de ce qui l'entourait. Il sentait la présence de l'autre Muse à ses côtés, cela le rassura un peu. A peine quelques secondes après, il fut présenté à un certain Korka. Rien qu'à la poignée de main qu'il lui offrit et au son de sa voix, il s'était dit que c'était une personne juste, avec un bon fond. Il lui fit donc plutôt bonne impression. Son ressentit lui dit aussi qu'il était éventuellement le plus vieux, ou l'un des plus vieux d'entre eux.


« Oui, d'accord, merci. »

Tout juste le temps de lui adresser ces trois mots que le joaillier se retrouva avec un verre à la main. Il reconnu l'odeur de la pomme et ne songeait pas au fait que c'était alcoolisé. Il en prit une petite gorgée pour le vérifier. Ce n'était pas le cas, de plus il était frais ; c'était bon. Léim engagea aussitôt la conversation et Mirë fut assez amusé du ton enjoué qu'il prit, ce qui lui donna envie de répondre avec plaisir et conviction, le tutoiement le mettant aussi probablement plus à l'aise.

« Je suis originaire des campagnes aux alentours de Layla. J'ai trente-six ans alors cela doit faire une petite quinzaine d'années que je vis ici. »

Il marqua une légère pause et lui demanda à son tour :

« Est-ce que tu es né ici, toi? Tu dois beaucoup voyager alors peut-être pas, non? Tu es jeune aussi? Enfin, tu en as l'air en tout cas... »

La jeune femme revint vers eux, de nouveau, les faisant s'asseoir sur de confortables coussins. Il n'avait pas tellement faim mais en contrepartie elle lui resservit tout de même du jus de fruit, bien que son verre n'ait été vidé qu'à, à peine, la moitié. Ce fut, vraisemblablement, à ce moment que le brun, installé à ses côtés, s'évapora dans un autre montre. Apparemment, Adélaïde prit un grand plaisir à l'en extirper ce qui fit sourire le petit blond. Il commenta :

« Vous semblez, néanmoins, très soudé. »

Il le concevait tout à fait qu'ils le soient.

« Cela fait longtemps que vous vous connaissez? »

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Léim Moon
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Mer 14 Juil - 21:44

Oooh, 36 ans déjà… C’est vrai que les Muses vivaient incroyablement longtemps. Trop, peut être… Léim était encore jeune et peut être ne comprenait il pas encore bien la notion « d’éternité ». Lui, ce qui l’inquiétait, c’est qu’il était sûr qu’un jour où l’autre, il ferait face à l’astre solaire et cela, même une muse ne pouvait y survivre. Il resta un moment silencieux à penser à tout cela, avant de se rendre compte que l’aveugle lui avait posée une question. Voyager ? Peut être. Cela faisait un an, peut être deux, que la troupe voguait à droite à gauche sans itinéraire prédéfinis. Léim pencha la tête sur le côté et émit un « mmmmh » de réflexion. Il était content, intérieurement, que Mirë lui ait posé des questions. Les gens sont toujours contents quand on s’intéresse à eux.

- Je n’ai pas grandit ici non plus, je suis né dans une petite ville pas trop lointaine… Enfin je crois, je suis pas très bon en géographie.

Déjà qu’il n’avait jamais été en classe… Sa mère avait un piètre professeur, qui elle-même n’était douée que pour les choses qui la passionnaient. Et les études n’étaient pas vraiment un centre d’intérêt pour elle… A cause de cela, Léim n’avait jamais été très concentré non plus sur son apprentissage. Seule la danse l’intéressait. Pendant qu’il se remémorait vaguement ses souvenirs d’écolier, un léger sourire se mit à flotter et il s’affala plus profondément encore dans les coussins. Il s’étira longuement et finit par se redresser, incapable comme toujours de rester immobile plus de deux minutes d’affilées. Il avait bien envie de lancer une boutade du genre « voyons, on ne demande pas son âge aux danseurs ! » mais bizarrement il lui semblait que Mirë était capable de le prendre trop au sérieux. Allez savoir… Il compta rapidement sur ses doigts d’un air très concentré avant de répondre d’une voix claironnante :

- Eh bien ça me fait 18 années maintenant ! Moitié moins que 36 !

Un petit rire joyeux ponctua ses propos. Peut être que le jus de pomme était alcoolisé, finalement… ou alors Léim était tout simplement du genre à être un peu excité pour un rien… Sûrement, oui, sûrement… Adélaïde – et ses coups de pieds – s’éloigna pour de nouveau extasier le public avec ses ondulations libertines. Elle finirait sûrement la soirée – ou plutôt la journée – dans le lit de quelqu’un…. Léim détourna le regard. Ces choses là ne l’atteignaient que peu, depuis quelques temps. Surtout venant de la part de la gente féminine… Il roula sur le ventre, les jambes battant tranquillement l’air et ses doigts tripotant un coussin rougeâtre. Il se mit à observer discrètement Mirë et ses cheveux blonds. C’était intéressant comme couleur, et le danseur avait rarement croisé des blondinets. L’aveugle continuait de serrer ses boîtes contre lui, et Léim imaginait facilement quelle terreur se devait être de les perdre. Il ne resta pas plus de dix minutes allongées et il se redressa en vitesse, comme seul pouvait le faire quelqu’un d’habitué au sport.

- Soudés ? Oui, pour le moment nous le sommes. Mais est-ce que ça durera ? Mon allergie en fatigue plus d’un… D’autres me jalousent peut être.

Il haussa les épaules et vida d’une traite ce qui lui restait de jus de pomme. Cette histoire d’être soudé, ça le fit penser à leur ancien partenaire, Dohm. Ils étaient aussi proches que deux êtres peuvent l’être, mais ça ne les avait pas empêchés de se séparer de manière plutôt « brutale ». Mais bon ce n’était pas le moment de jouer les mélancoliques, surtout quand on a des invités. Tranquillement, Léim regarda de plus près les cheveux blonds de Mirë. On aurait dit un enfant curieux devant sa première barbapapa. Il se demandait comment des cheveux pouvaient être aussi clairs… On aurait dit qu’ils étaient blancs. Puis il se souvint qu’on lui avait posé une question…

- Oh, ça doit faire plus d’un an qu’on vogue joyeusement sur les routes. Maintenant nous sommes assez reconnus pour avoir un logement… Mais je ne sais pas combien de temps nous allons rester.

Ce fut ce moment que Korka choisit pour revenir vers les deux muses. Il avait les joues rougies à force de danser et semblait un peu hagard. Peut être qu’enfin Adé était parvenue à ses fins avec lui… Il se laissa tomber dans les coussins et resta là un moment à respirer fortement. Léim regarda sa poitrine se soulever régulièrement et peu à peu se calmer. Le danseur aux cheveux roux se releva.

- Bon, Léim, tu devrais peut être ramener ton invité. On est pas là pour séquestrer les gens !

Il ponctua ses paroles d’un léger rires et repartit dans la foule. Habitué à obéir sans discuter, Léim se releva et fit craquer son dos en maugréant – non, pas bien, pas bien du tout… Il aida Mirë à se relever et s’excusa encore une fois de tout le chamboulement qu’il avait bien put provoquer dans sa journée. Ils ressortirent de la pièce étouffante et parcoururent le couloir d’un pas tranquille. Seulement, arrivé à la prochaine porte, Léim s’arrêta. Et si, de l’autre côté se trouvait une pièce toute ensoleillée… ?

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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Mar 27 Juil - 3:23

Ha! Alors Mirë avait bien vu juste, Léim était assez jeune. Enfin, parfois son intuition ne l'aidait pas, lui jouait des tours. Parfois, certaines personnes, dont les Muses, gardaient une part de jeunesse et de jovialité dans leur comportement. Il se serait retrouvé bien bête si c'était le garçon qui s'était retrouvé deux fois plus vieux que lui. Pire s'il avait eu cent, deux-cent ans, voir plus... bah, après tout, on pouvait bien lui laissait avoir tord...

Il hocha la tête, quand il lui répondit, en guise de réponse.


« D'accord. Ça nous fait un point commun. A part trois ou quatre coins de Layla et ses alentours – et encore – je ne connais pas grand-chose. De nom, à la limite... »

Il aurait aimé voir beaucoup de lieux, visiter un tout pleins d'endroits. Bon, il n'allait pas se plaindre qu'il ne pouvait pas voir mais changer d'air, se sentir ailleurs, dans un entourage différent... Bien que le brun était déjà en train de lui faire découvrir tout autre chose, qu'il ne connaissait absolument pas. Qu'est-ce que ça devait être bien d'avoir des gens, des amis avec qui parler, avec qui se confier, avec qui partager... Ses pensées rejoignirent les paroles de son cadet. Oui, peut-être que des gens jalousaient le fait qu'il soit « privilégié » à cause de son allergie et qu'ils doivent donc suivre son rythme de vie, ou alors qu'il soit doué. A ce qu'il avait cru comprendre tout à l'heure – grâce à Adélaïde – il avait du talent. Le blond ne pourrait pas lui vouloir ces deux faits, mais plutôt tout ce monde qui l'entourait. Lui, les seuls individus qu'il voyait, c'était ses clients. A part ça, il ne voyait personne, il n'avait personne. Rien à qui se confier... Même pas un animal de compagnie. Et puis de toute façon, il ne voulait rien! Lorsque nous nous accrochons trop, nous finissons par souffrir car on se détache forcément de nous un jour. Alors c'était mieux comme ça. Son métier et ses quatre murs lui suffisaient amplement! Se persuader d'un contraire était si simple...

Mirë, ne se sentant pas du tout observé, hocha de nouveau la tête après avoir siroté le jus de pomme.


« Ce n'est pas difficile de quitter un endroit, un peu comme du jour au lendemain? Ou alors de ne pas pouvoir s'attacher quelque part? »

Il fallait bien comprendre qui lui ne pourrait pas. Il se sentait perdu, et angoissait de surcroît lorsque c'était le cas, quand il ne reconnaissait plus la moindre contrée et qu'il se retrouvait totalement seul au monde.

Le jeune homme sentit une nouvelle présence à leurs côté et reconnu presque aussitôt la respiration rapide de Korka. Il y eu un moment de silence et il fut surpris lorsque l'aîné dit à Léim qu'il serait temps de la raccompagner. A vrai dire, il n'avait pas eu la notion du temps ici alors il ne savait pas trop combien de minutes il venait d'y passer. Sans le contredire, il accepta volontiers l'aide du danseur pour se relever et lui adressa un sourire, celui-ci s'excusant.
Le joailler le suivit et fut tout de même ravis de pouvoir prendre une bouffée d'air frais. Il se demanda bientôt pourquoi le brun s'arrêta. Il y avait un soucis?


« Qu'est-ce qu... »

Son cerveau fit finalement le rapprochement.

« ... Oh, le soleil, oui. »

Le jour devait être effectivement bien entamé, il fallait donc faire attention.

« Si j'y vais, ça devrait aller, non? Je sens forcément les rayons du soleil sur la peau alors ça devrait m'aider à savoir si les rideaux ou volets sont ouverts. »

Mirë ouvrit doucement la porte, Léim bien à l'écart, et sentit la chaleur après quelque pas. Alla alors exécuter ce qu'il avait dit puis indiqua à son compagnon de route que la voie était libre. Il joua le jeu jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans le hall d'entée. Cela ne valait éventuellement plus le coup d'aller à sa boutique maintenant, mieux valait-il qu'il rejoigne son appartement, la fatigue commençant à se faire sentir.

« Au fait, ça me vient à l'esprit... comment est-ce que tu vas faire pour le chemin du retour? Il faudrait être sur que toutes les fenêtres soient encore bien cachées. »

A moins qu'il ne réside pas trop loin, ce serait un problème.

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Léim Moon
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Lun 16 Aoû - 23:27

S’attacher quelque part ? Léim avait parfois caressé cette idée du bout du doigt… Mais non, il était trop impulsif, avec ce besoin incessant de bouger, d’aller voir ailleurs si le public est plus joyeux. Découvrir de nouveaux gens, en époustoufler d’autres avec la danse si explosive. Peut être que quelque part, Léim était un peu trop orgueilleux ; trop sûr de lui... Un jour il rencontrerait quelqu’un de plus doué que lui et il se prendrait ce qu’on appel « une grosse baffe dans ta face ». Mais c’était peut être aussi la meilleure chose qui puisse lui arriver… Cependant, dans sa tête de singe perturbateur, Léim n’avait pas encore pensé à tout cela. Peut être qu’avec l’âge, il s’assagirait. C’était vraiment un très gros « peut être »… Car même en marchant dans le couloir, Léim n’avait pas put s’empêcher de faire quelques pas de danses, quelques pirouettes inutiles. Le monde entier était son terrain de jeux, et il voyait partout de nouvelles acrobaties à faire.

- On ne reste pas assez longtemps pour s’attacher. J’aime voyager, bouger, voir de nouveaux horizons… Mais c’est vrai que j’aime bien Layla. On pourrait se poser là… Korka a parlé une fois de s’arrêter, de devenir une troupe sédentaire et plus tard, pourquoi pas, monter une école de danse qui enseignerait notre façon particulière de voir les choses.

Il haussa les épaules avec un sourire que Mirë ne verrait jamais. Il accepta avec gratitude son aide pour vérifier que le soleil assassin ne promenait pas ses rayons n’importe où – il pourrait les ranger, tout de même. Ils poursuivirent leur chemin, au rythme lent et saccadé des pièces a vérifier, des volets à refermer, des rideaux à tirer… Léim attendait patiemment derrière chaque porte, exécutant des danses improvisées au rythme d’une musique que lui seul entendait. Des tambours au rythme sourd et lourds, des violons, la mélodie de la harpe et le son lancinant d’une cornemuse… Ils finirent par arriver dans le hall, remplis de fauteuils et autres meubles hétéroclites, un tout qui façonnait un nouveau terrain de jeu pour notre singe danseur. Il grimpa lestement sur une table qui émit un léger craquement de protestation et il en redescendit à l’aide d’un saut arrière. Il émit un petit rire satisfait puis, toujours de manière bondissante, il retourna vers Mirë. A force de danser et de s’agiter tout au long du chemin, il était un peu fatigué et il dû récupérer son souffle avant de répondre :

- Oh, ne t’inquiète pas ! Le soleil sera face à moi au retour, alors je verrais ses rayons en bas de la porte. Enfin je pense…

Il pencha la tête en observant la porte qu’il devrait emprunter pour rejoindre ses amis. Rejoindre tous ses danseurs surexcités, ses musiciens exaltés, cette foule grouillante… Adélaïde exposant une nouvelle fois ses formes langoureuses – et inintéressantes pour lui. Il se sentit subitement beaucoup plus fatigué. Peut être était il temps pour lui d’aller dormir dans un coin, puis qu’il ne parviendrait jamais à retrouver sa chambre dans ce dédale de couloirs, de portes et, malheureusement, de fenêtres. Il n’avait pas la moindre idée de l’heure qu’il était, mais il était sûrement très tard de son point de vu. Il devrait se reposer avant de devoir, comme chaque soir ou presque, se barbouiller de peinture et dessiner des tatouages sophistiqués.

- Peut être que je vais rester ici pour dormir. Et toi, qu’est-ce que tu vas faire ? J’aimerais bien voir ce que tu fabriques, avec tes perles et tout. Ça doit être joli !

Léim aimait bien les colliers, les bracelets, et tout ce genre de petits bijoux décoratifs qui faisaient du bruit quand on les agitait. Lui-même possédait un nombre incalculable de colifichets cliquetants qu’il mettait dans ses spectacles pour que la lumière se reflète dessus et fasse forte impression. Puis il eut une idée, un peu gamine. Il enleva un de ses colliers, qu’un joaillier aux allures de fou lui avait donné un jour. Léim n’avait jamais vu pareille parure, et il se disait qu’il fallait vraiment être un magicien pour imposer de telles acrobaties aux perles.

- Tiens ! Je te le donne ! Je l’ai en double alors tu n’as pas le droit de refuser. C’est facile à faire ce genre de collier ? Parce que ça à l’air rudement compliquer…

Et sans attendre, il lui passa le bijou autours du cou.




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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Jeu 23 Sep - 10:47

Mirë hocha doucement la tête à la réponse de Léim et commenta juste :

« C’est un beau projet de vouloir monter une école. »

Il ne voyait pas vraiment comment on pouvait bouger tout le temps. Enfin, il comprenait, mais il n’aurait jamais l’idée d’aller de-ci, de-là. Il ne trouvait pas ça évident pour lui, même si ça pouvait être faisable. Accompagné encore, oui, mais il aimait bien parfois son indépendance. C’était bien impossible de se repérer tout seul s’il changeait tous les un ou deux jours de coin. C’était un coup à demander son chemin à chaque passant, quand encore il y en avait autour de soi, et ça, il n’aimait pas trop. Dépendre des gens, d’inconnus, était assez agaçant.
Il essaya de se persuader qu’il n’était pas enfermé dans sa « solitude » et dans le réconfort d’une presque routine, se disant qu’il l’avait lui-même choisi et que ça n’avait aucun rapport avec le fait qu’il soit aveugle.
La Muse paraissait éventuellement un peu fade à côté du garçon qui s’agitait dans tous les sens, non loin de lui. Il avait bien remarqué les bruits, les froissements, les contacts autour de lui et il en vint à se demander comment on pouvait suivre un hyperactif dans le genre. Léim était un drôle d’énergumène, à moins qu’il ne fasse ce genre de choses que lors de rares occasions.

Le blond resta pensif un moment aux paroles du brun et un sourire se dessina doucement sur son visage, si souvent inexpressif. Il fut amusé par les propos du brun, bien à contre-sens.


« Léim, même si tu vois la lumière sous la porte, tu ne pourras pas passer puisqu’elle sera juste là. Tu risques de ne pas pouvoir aller jusqu’aux rideaux et tu seras coincé. »

Peut-être que quelques rougeurs apparurent sur ses joues. Il supposa du moins à la légère bouffée de chaleur qu’il ressentit ; il ne savait même s’il y avait un miroir dans cette pièce et encore moins à quoi pouvait ressembler du « rouge ». Ce n’était pas bien de se moquer des gens, surtout qu’au final, c’était peut-être lui qui se trompait en disant ça. Si c’était le cas, son cadet ne lui en tiendrait éventuellement pas rigueur, mais lui se sentirait un peu gêné de s’être trompé. L’idée de demander s’il voyait juste lui vint presque aussitôt à l’esprit mais il n’osa pas. Son vis-à-vis commenterait bien tôt ou tard.

« Rester ici » ? Mais il n’y avait rien ici, ou beaucoup trop de passages à des moments de la journée.


« Ne veut-il pas mieux que tu retrouves tes appartements pour dormir ? Dans le hall des personnes vont aller et venir. Si les rideaux sont tirés et que tu dors, tu ne pourras rien faire. Moi ? Hm… je pensais aller me reposer aussi. Je n’ai pas dormi car j’ai travaillé cette nuit… »

Mirë fut flatté que le danseur veuille voir ses créations. Il n’avait pas eu beaucoup l’occasion de les montrer à quelqu’un en privé. En fait, Léim devait être le premier. Ca voulait dire qu’il allait devoir passer par le petit atelier aménagé. Aïe, il ne s’avait pas trop s’il était rangé dans un bazar ordonné ou s’il était simplement impeccable. De même pour son habitat. Mais il n’y porta pas plus intérêt, craquant devant le ton enthousiaste employé.

« … D’accord. J’ai un petit coin où je travaille dans mon logement, j’y ai quelques petites choses. »

Il fallait monter l’escalier. Il avait de la chance, il n’habitait pas trop loin, le premier, le seul souci était de retrouver les marches. Ils s’étaient arrêtés alors l’immortel ne savait plus dans quel sens aller. Alors qu’il essayait de remettre à jour son orientation, le jeune homme s’adressa de nouveau à lui et sentit rapidement les perles glisser sur sa peau, le fermoir ne manquant pas de s’accrocher dans sa chevelure agaçante.

« Merci, c’est très gentil. »

Il ne savait pas vraiment quoi dire, ni ou se mettre, encore moins quoi faire. Il ne s’était franchement pas attendu à quelque chose comme ça dans l’immédiat. Déjà d’une se voir offrir un accessoire et se retrouver en contact inopiné ; il se sentait vite mal à l’aise quand on s’approchait un peu trop de lui sans le prévenir. Il passa ses doigts sur le cadeau et répondit à la question.

« Il faut être minutieux je pense. La personne qui l’a fait doit être doué. »

Après un court instant, ils purent continuer leur chemin, le joailler se faisant aider puisque s’étant mélangé les pinceaux. Montant les marches et se remettant de sa surprise, il se dit qu’il offrirait aussi une de ses breloques à Léim pour l’en remercier pleinement, en espérant que ça lui plaise. Ils arrivèrent enfin au premier étage et il mena celui-ci jusqu’à l’endroit en tête. Il ouvrit la porte et alla vite – sans manquer de se cogner dans le petit meuble – tirer les rideaux qu’il savait ouverts, lui offrant enfin la possibilité de rentrer.
Le joailler ne sut pas vraiment qu’elle formule il pu employer pour marquer la bienvenue. Les : « Ne fais pas attention au désordre » ou « Fais comme chez toi » n’était pas dans son vocabulaire habituel. L’inconvénient d’avoir un invité au bout de quinze ans…


« Heu… si tu veux c’est par là. »

Le décoloré mena le brun jusqu’à la fameuse petite pièce où tout un tas de boîtes étaient empilées sur des étagères, recouvrant les trois quart des murs et obstruant la fenêtre. Au centre se trouvait la table qui lui servait de plan de travail. Il y avait un tas de choses, des fils, des fermoirs, quelques perles, un ou deux réceptacles de renverser, des outils – pinces, ciseaux, crochet et compagnies. Il rangea rapidement, presque par automatisme, ce qu’il portait depuis un moment, ses phalanges effleurant des notes gravées sur les bois pour s’assurer que c’était le bon endroit.

« Je ne sais pas ce qu’y te plairais mais… j’ai des choses comme ça. »

Mirë traversa la pièce et alla chercher sur la pointe des pieds un coffret bien en hauteur. Il contenait deux ou trois parures ou l’ont retrouvait le collier, le bracelet, la bague, la broche…

« Ce sont des ensembles. J’en ai aussi qui sont seuls. »

Il alla farfouiller pour lui les montrer et s’arrêta à un moment d’en sortir, ne voulant pas l’assommer.

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Léim Moon
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Lun 27 Sep - 10:01

L’aveugle avait raison et brusquement, il se sentit tout penaud de sa profonde bêtise. Evidemment, c’était bien beau de voir la lumière, mais si c’était le cas, il n’avait pas grand-chose à y faire. Si Léim pouvait facilement devenir joyeux, il pouvait aussi facilement tomber dans la dépression pour de petits sujets sans importance… Il s’agenouilla sur le sol comme s’il portait un trop grand poids sur les épaules et il porta ses mains à son visage, les yeux grands ouverts. Mais qu’allait il bien pouvoir faire... ? Cependant il se redressa bien vite et il oublia très rapidement la raison de son abattement. Brave petit Léim, un brin naïf, un peu trop candide… Le simple fait que Mirë le remercie pour le collier le fit sourire et reprendre son chemin de garçon excité. Le chemin pour aller chez l’aveugle fut évidemment compliqué, leurs deux handicapes n’arrangeant rien… Mais le résultat en valait la peine. Mirë était adorable, à vouloir tout ranger avant que Léim ne voit l’état légèrement bordélique de la pièce. Légèrement, vraiment. Il se mit à flâner dans la pièce, observant ce qui était vraisemblablement le monde du joaillier. L’odeur des objets, le toucher caractéristique du bois sous ses doigts… Un rire secoua le danseur. Curieux, il regarda partout, sans la moindre gêne. Au bout d’un moment, il s’arrêta dans la pièce, et ce fut comme si une tempête s’arrêtait soudainement.

- Euh… ça te gêne peut être que je sois si curieux… ? je peux pas m’en empêcher…

De nouveau, il ressentit de la gêne et, aussi subitement qu’il s’était arrêté, il s’affala sur le sol et replia ses jambes pour prendre le moins de place possible. De là où il était il laissa ses yeux fureter un peu partout. Et comme il ne pouvait pas rester totalement inactif, ses doigts palpèrent le seul et tombèrent sur une perle perdue. Il la saisit et la porta à ses yeux. Une délicate petite perle, toute dorée… Bizarrement, au lieu de la rendre à Mirë, il la glissa dans la poche de son pantalon. Et il prit subitement conscience du fait qu’il n’avait toujours rien sur le dos à part ses tatouages à moitié effacés… Autant ce n’était pas gênant quand il bougeait, mais ainsi assis sur le sol… le froid le gagna et le fit frissonner. Finalement, il se redressa encore une fois, tel un petit diable jaillissant hors de sa boîte décorée. Comment serait décorée la boîte de Léim ? Des animaux peints dessus, dans un style rappelant ses tatouages ? Il laissa cette étrange question de côté.

- En tout cas, c’est vraiment très joli chez toi !

Puis il se tut en voyant ce que Mirë lui montrait. Maladroitement, il passa les doigts sur les parures, ses yeux ne cessant de regarder les petites perles, les motifs qu’elles faisaient… Il trouvait ça vraiment magnifique. Comment donc, en étant aveugle, parvenait il à créer ces petits chefs d’œuvre ? Il leva une boucle d’oreille et la regarda à la lueur, très faiblarde, du soleil qui passait à travers les rideaux. Son regard ne put soutenir très longtemps le bijoux, dont la transparence accentuait un peu l’éclat du soleil…

- C’est vraiment… Incroyable !

Il reposa ce qu’il avait touché, n’osant les tripoter d’avantage. Il se sentit brusquement comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et s’il cassait quelque chose ? Combien de temps cela prendrait il à Mirë pour réparer ? Il se savait très maladroit en tout ce qui ne touchait pas à la danse… Il rangea prudemment ses mains dans ses poches, et ses doigts commencèrent à jouer naturellement avec la perle solitaire. Un certain temps passa, silencieux… Mais comme Léim ne pouvait rester longtemps sans rien faire, il se remit à bouger… Evidemment, son coude rencontra rapidement un objet non identifié. Une lampe. Il la vit tomber, mais il se vit également la rattraper, in extremis, du bout des doigts… Il se redressa péniblement et frotta son genou endoloris. Il avait dû se jeter par terre pour que l’objet ne se casse pas…

- Euh… Peut être que je serais plus utile ailleurs. Tu as une cuisine ? je sais très bien me servir d’une casserole ! Ce sera en plus un moyen de remerciement pour me permettre de me reposer ici…

Son exclamation joyeuse montrait combien il aimait jouer les marmitons. Un chatouillement dans le nez lui rappela qu’il n’était toujours pas couvert et il parvint in extremis à éternuer silencieusement… ou presque.

- Est-ce que tu aurais… un pull ou quelque chose comme ça… ?

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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Dim 3 Oct - 8:58

Si ça le gênait? Sûrement pas puisque Mirë ne s'en était absolument pas rendu compte. Bon, il se doutait bien que Léim devait regarder, c'était normal, mais pas plus que ça. Ce n'était pas comme s'il fouillait partout et ouvrait chaque tiroir. Il entendit du mouvement mais ne comprit pas que le garçon venait de s'installer sur le sol, alors il parla vers le vide :

« Non, ne t'inquiète pas, ça ne me dérange pas. Si tu as des yeux c'est pour t'en servir. »

Quelqu'un aurait dit cette phrase à une personne qui se serait trouvée juste à côté, peut-être l'aurait-il un peu mal prit. Lui il en avait bien des yeux, ils étaient présent, ses cavités orbitaires n'étaient pas vides. Malheureusement, ils ne lui servaient pas à grand-chose. Il ne savait même pas s'ils l'embellissaient. Ils ne devaient pas être « normaux », avec un air bizarre. Il n'en avait aucune idée et il n'en avait jamais eu la réponse. Ou peut-être un fois, mais c'était il y avait bien longtemps. Il se souvenait, lorsqu'il était petit, qu'un garçon était venu le trouver pour lui dire qu'il était « étrange ». Au début, il n'avait pas vraiment comprit mais peu à peu... Les enfants sont impulsifs alors il essayait toujours de ne pas trop s'en faire quand il repensait à ce moment. Même si c'était en fait tout le contraire, encore jusqu'à aujourd'hui...

Le compliment du danseur le tira de ses pensées et il le remercia. Il ne savait pas, encore une fois, si son appartement était décoré avec goût mais ça avait l'air de plaire alors ça lui suffisait. Ça lui mit même un peu de baume au coeur. Le brun lui disait des choses gentilles, ça faisait longtemps qu'il n'en avait pas entendu autant le concernant, de prêt ou de loin.
Le blond était assez content que ses créations aient l'air de plaire à son vis-à-vis, totalement ravi qu'on lui, ou leur, porte un peu d'intérêt. Alors qu'il rangeait les boîtes qu'il venait de sortir dans les étagères, il entendit un bruit sourd, même plusieurs, des cognements pour être plus précis. Il se retourna inutilement et constata que son invité avait dû se cogner contre quelque chose. Au bruit que l'objet fit quand il fut reposé, il en déduit que c'était la lampe.


« Cela n'aurait pas été si grave si elle était tombée, elle ne m'est pas vraiment utile. »

C'était un cadeau un peu maladroit d'il ne savait plus qui.

« Oui, bien sur, suis-moi. Tu veux cuisiner quelque chose en particulier? »

Mirë quitta l'atelier, traversa la pièce principale et mena son cadet jusqu'à la cuisine. C'était une petite pièce avec juste ce qui fallait pour faire à manger convenablement. Seul, il sortait parfois le petit tabouret de sous un meuble et mangeait là, mais autrement il allait dans la salle principale ou se trouvait une table avec quelques chaises. Il n'avait pas spécialement faim mais ça semblait faire plaisir au garçon et puis, à par ses parents, ce serait encore une première fois. Cette fois-ci le fait qu'on lui cuisine de la nourriture.
La Muse sourit à son éternuement et accéda à sa requête.


« Oui, je vais te chercher ça. »

Il se dépêcha d'aller fouiller un ou deux de ses placards. Léim était plus grand que lui – il le savait depuis qu'il l'avait fait danser – alors ce ne serait pas évident. Il tomba tout de même sur une veste dont il ne se souvenait plus l'existence. Il s'était trompée sur la taille à acheter alors il ne l'avait jamais portée et l'avait mise de côté. Elle était simple, en laine, de couleur noire et se nouait à la taille. Elle était fine mais chaude. Il revint dans la cuisine, la lui tendit et ajouta en même temps :

« Heu... tu sais, si tu veux quelque chose tu peux le prendre. (Il faisait référence aux bijoux) Ou si rien ne te plait ici je pourrais te montrer ce que j'ai à la boutique un jour et... ou sinon je ferais quelque chose de spécial, si rien ne te plait vraiment. »

Se sentant insistant, il s'empressa d'ajouter, se trouvant aussi un peu bête :

« Enfin, c'est comme tu veux. »

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Léim Moon
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Mer 13 Oct - 7:40

Evidemment, en traversant les quelques pièces qui menaient à la cuisine, Léim laissa ses yeux regarder partout. Ils s’accrochaient aux moindres détails, les analysaient, le cerveau émettait un commentaire, puis il oubliait ce qu’il venait de voir pour passer à un autre sujet soi-disant plus intéressant. Il garda ses mains bien enfoncées dans ses poches, ordonnant à ses doigts de rester tranquilles pour une fois. Un perpétuel sourire traînait sur son visage pâle, bien que Mirë ne puisse le voir. Mais peut être le ressentait il… Ses sens devaient être bien plus développés que les siens. Au moins certains… Arrivés dans la cuisine, il explora la pièce, ouvrant tiroirs et placards. Ses mains parcoururent en un temps recors la quasi-totalité de l’endroit, mémorisant l’emplacement des couverts, poêles et casseroles. Son sourire jovial ne l’avait pas quitté lorsqu’il se tourna finalement vers l’aveugle.

- Oh, je vais faire un petit quelque chose avec ce que je trouverais !

Pendant que son aîné partait en quête d’une veste, Léim termina son inspection par une fouille méthodique du frigo. Tandis qu’il hésitait, ses doigts se lancèrent dans une danse frénétique sur la porte du réfrigérateur et il dû se faire violence pour les faire cesser. Le bruit intempestif l’empêchait de se concentrer… Il ne connaissait pas les goûts de Mirë, mais son intelligence redoutable lui souffla qu’après tout, le joaillier ne devait pas acheter des aliments qu’il n’aimait pas. Il se décida donc pour un plat simple et efficace, impossible à rater : des pâtes. Mais avec de la sauce soja, des épices, des lardons et de la sauce qui va bien… Quand Mirë revint, les pâtes étaient déjà mises à bouillir et il s’occupait de faire chauffer la poêle. D’un geste joyeux, il s’empara de la veste et la détailla avant de la revêtir gaiement. Il s’observa rapidement en se tortillant dans tous les sens, ce qui était presque au sens propre du terme vu sa souplesse. Il songea un moment à aller chercher un miroir dans la pièce d’a côté, mais finalement, Mirë n’avait sûrement pas ce genre d’objet chez lui. Il arrêta finalement de se tortiller. Son hôte attendait sûrement qu’il lui dise si c’était la bonne taille ou non… Vu qu’il avait réussit ses contorsions sans faire craquer le tissus, il estima avec justesse que cela lui conviendrait parfaitement. Finalement, il s’autorisa à prendre Mirë dans ses bras un bref instant :

- Merci beaucoup, c’est parfait !

Un sourire, un doigt traînant dans la chevelure blonde, jouant un bref instant avec une mèche, et il reprit sa cuisine. Léim avait toujours eut tendance à « jouer » avec les gens de cette manière… Même si après, ça n’allait pas plus loin. A vrai dire, il ne pensait guère à tout ceci tandis qu’il attendait que les pâtes cuisent, sifflotant tranquillement comme la parfaite mère au foyer. On touille les pâtes… Hop hop hop, la passoire… On remet dans la poêle et là, festival de sauces, épices et autres « trucs qui font bien ». Il fit glisser les pâtes dans les assiettes et les leva avec un magistral « tadaaam ! ». Heureusement pour Mirë, le danseur était un excellent cuisinier, comme en témoignait l’odeur alléchante qui embaumait la pièce à présent. Tenant habilement les deux assiettes généreusement garnies, il se déplaça de sa démarche sautillante vers la sale principale où il avait pu voir une table et des chaises. Léim agissait naturellement, comme s’il était chez lui, et non chez quelqu’un qu’il venait à peine de rencontrer. Il s’était demandé s’il n’était pas trop envahissant, mais comme Mirë ne semblait pas s’en plaindre, il continua comme il faisait toujours. Il releva la tête lorsque finalement le bijoutier lui proposa de prendre une de ses œuvres. Il se sentit brusquement très honoré et il aurait volontiers incliné la tête si l’autre avait put le voir. Un sourire joyeux apparut sur ses lèvres… Certaines personnes très polies préfèrent décliner ce genre de proposition, pensant naturellement que le joaillier demandait pour la forme mais qu’il ne fallait pas accepter par politesse. Ce genre de raisonnement compliqué n’atteignait guère Léim qui s’empressa d’accepter :

- Je serais vraiment ravie ! Ce serait un grand honneur pour moi de visiter ta boutique. Non pas que les bijoux ici ne me plaisent pas mais je voudrais jsute en voir plus… ils sont très jolis.

Il inclina légèrement la tête sur le côté, se sentant légèrement stupide. Pour se donner de la contenance, il se décida à attaquer son plat de pâtes. Il fronça légèrement les sourcils, son côté perfectionniste ressortant subitement. Il aurait peut être dû rajouter de la sauce. Et il y avait légèrement trop de basilic. Ses mâchoires continuèrent à mâchonner un moment, tandis qu’il réfléchissait à un moyen de rattraper sa bourde… Evidemment, il était le seul à sentir les imperfections de son plat, peut être même les imaginait il, poussant à fond son sens critique. Il releva la tête vers le joaillier :

- Tu ne trouves pas qu’elles sont trop… pas assez… Enfin, pas comme il faut ? Je devrais les refaire.

Et il se leva, bien décidé à fournir un plat parfait…
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Mirë
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Mar 9 Nov - 10:56

Mirë se retrouva gêné. Enfin... pas gêné, plutôt, figé. Il avait été surpris de sentir les bras de Léim glisser autour de sa taille. Ca n'avait pas duré longtemps mais cet contact l'avait un peu perturbé. Il sentait, entendait encore les quelques battements de son coeur qui étaient venu tapoter contre sa propre poitrine. Il avait encore les frissons ressenti le long de son dos, même jusqu'à sa nuque, à cause de la petite agitation causée dans ses cheveux et, peut-être même avait-il encore les joues colorées. Il espérait que l'autre Muse ne l'ait pas remarqué. Il n'aimait pas qu'on le sache surpris ou qu'on le croit gêné? D'ailleurs, ça ne le dérangeait pas ces rapprochements au contraire, il n'était juste pas habitué et il ne voulait pas qu'on vienne à croire le contraire ou tout autre chose.

Alors que le danseur reprenait la cuisine du plat qu'il préparait, le blond resta non loin de lui, à rêvasser. Il s'était adossé contre un mur écoutant le garçon s'affairer, le bruit des ustensiles, des aliments, la cuisson... Et pour les odeurs. Les multitudes d'odeurs différentes qui venaient lui chatouiller le nez. Tout ceci sentait bon. Il n'était pas très difficile au niveau de l'alimentation. Heureusement car sinon, il ne savait pas comment il se débrouillerait. Il n'était pas un excellent cuisinier, il savait se débrouiller un peu. De quoi manger convenablement et varier de temps en temps.

Il était plutôt content que le brun lui prépare quelque chose et avait hâte de goûter le plat. Toujours dans la lune, il se demanda si celui-ci avait déjà eu l'occasion de cuisiner pour d'autres personnes. Peut-être bien, s'il était toujours aussi sociable, abordable. Il n'était peut-être pas le seul chez qui il était venu aussi vite pour presque aussitôt se faufiler dans la cuisine.

Oh, grand dieu! Non, non, non, qu'il n'était pas jaloux. Surtout pas. C'en était bien loin du compte. L'aveugle avait juste envie que, pour une fois qu'il pouvait avoir quelque chose, il espérait que ça n'ait été que pour lui, que ce moment n'avait pas déjà été vécu, à la quasi identique, par son invité. Avec quelqu'un de plus intéressant aussi, de plus important. Si ça se trouvait, Léim avait quelqu'un dans sa vie et était donc attendu. De part sa profession, il devait avoir un certain succès. Trouver ne devait pas lui être trop difficile. Bon, après, il fallait tomber sur la bonne personne. Et puis, il était plutôt persuadé qu'il était « beau » garçon.

Mirë releva le nez lorsque son invité s'exclama, signe que c'était prêt. Il le laissa passer et s'empressa de le suivre, collant dans un petit coin de sa tête ce à quoi il était en train de penser auparavant. Il s'installa ensuite face à son cadet prêt à plonger son premier coup de fourchette entre les pâtes. Le plus dur serait juste de savoir s'il les attrapaient bien mais sinon, il pouvait toujours recommencer si rien ne se calait entre les piques.


« D'accord. Viens me voir quand tu veux et je t'y emmènerais volontiers. »

Le jeune homme porta bientôt le couvert à sa bouche, goûtant aux pâtes cuisinées. S'il y avait un défaut, il ne l'avait absolument pas remarqué. Un peu trop un pas assez épicé, pour lui c'était un peu suivant les goûts de chacun, et lui aimait beaucoup de choses. Il l'entendit se lever et retourner en cuisine. Il quitta sa chaise et marcha alors de nouveau dans ses pas et le rejoignit.

« Ne t'inquiète pas, ça me convient tout à fait. Je ne suis pas difficile alors tu n'es pas obligé de recommencer. »

Le blond espérait plus ou moins le convaincre même s'il se disait d'un côté que Léim voulait à tout prix faire autre chose. Il ne savait pas s'il avait changé d'avis ou pas alors il se dirigea vers un meuble en hauteur. Ouvrant doucement la porte – ce serait bête de se la prendre en plein visage ou de percuter son invité – il prit ensuite deux verres. Malheureusement pour lui, l'un deux glissa d'entre ses doigts. Voulant le rattraper, sa main percuta en fait la poignée de la casserole qui était en train de chauffer. Au final, le le sol fut recouvert d'une multitude de petits morceaux transparents et pour couronner le tout, le récipient vint bruyamment à la suite. Mirë se retrouva bien embarrassé. L'espace d'un instant, il avait oublié à quel point il était maladroit mais apparemment, cette presque adresse ne durait pas longtemps... Les joues rouge, essayant de les cacher naturellement avec ses longs cheveux, il se baissa pour ramasser les dégâts, ne pensant pas qu'il pourrait se couper ou se brûler.

« Je suis désolé... je ne suis pas très doué des fois... » fit-il d'une petite voix.

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Léim Moon
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Jeu 11 Nov - 8:37

Léim était suffisamment entêté pour passer une journée entière derrière les fourneaux, en quête du plat parfait ; tout comme il pouvait passer des heures sur un simple enchaînement. Debout devant les placards ouverts, il se tapotait pensivement le menton. Une grande hésitation l’envahit lorsque Mirë lui affirma que de toute façon, il aimait quand même. Il y avait son côté perfectionniste qui lui ordonnait de recommencer et de l’autre, ce côté qui savait combien ça pouvait être gênant pour les autres… C’est qu’il était assez chiant dans ces moments là, le Léim. Il était encore en train d’hésiter lorsque l’aveugle voulu prendre des verres. Un acte innocent, si on mettait de côté le verre qui glissait et la casserole qui faisait des acrobaties dans les airs, déversant son contenu bouillonnant sur le carrelage. Bouchée bée, le danseur observa le spectacle proche de l’apocalypse… Il ne savait plus où poser les pieds, rencontrant soit une flaque d’eau fumante soit un petit bout de verre bien coupant. Mirë, tout honteux, se pencha pour ramasser… En quelques pas, Léim le rattrapa et, le prenant par le bras, le força à se relever – tout en douceur bien évidemment. Il ne pouvait décemment pas laisser un aveugle tâtonner à la recherche de bouts de verres… D’ailleurs, il avait déjà des coupures sur les mains… Léim les essuya rapidement puis, le guidant dans ce labyrinthe rempli de piège, l’amena hors de la cuisine. Il sentait confusément qu’il ne voulait pas que la Muse soit blessée, et un instinct protecteur venait de faire surface.

- Je nettoierais ça plus tard… ça ne serait pas arrivé si je n’avais pas voulu refaire ce plat, ce n’est pas ta faute.

Il esquissa un sourire rapide et ébouriffa gentiment les cheveux de la Muse avant d’essuyer une petite saleté sur sa joue. Après s’être enquit d’où se trouvait la salle de bain, il y amena Mirë. Comme une mère le ferait à son enfant, il entreprit de nettoyer ses mains et d’y poser quelques pansements là où le verre avait laissé ses traces. Il avait la désagréable impression d’être responsable de ce « massacre ». S’il n’avait pas voulu recommencer son plat, pas d’eau chaude sur le sol… Mirë ne l’aurait pas suivi dans la cuisine, et il s’y serait prit autrement pour prendre des verres. Alors qu’il psychotait sur sa culpabilité dans l’affaire, il tenait toujours dans ses mains celles de Mirë, les berçant doucement par réflexe. Après un long moment de silence, il finit par les relâcher avec un petit rire nerveux. Enfin il se leva, se rappelant qu’il y avait la cuisine à nettoyer. Et quoi qu’en dise Mirë, il était absolument hors de question qu’il ne pose ne serait-ce qu’un seul orteil dans cette pièce… Grâce à la magie des Muses, ça ne prit pas trop de temps de rassembler les débris de verre et de les jeter, ou bien d’essuyer le sol trempé. Et Mirë dû attendre que Léim ait tout remis en ordre avant d’enfin pouvoir retourner dans la cuisine. Le Singe passa son bras sur son front, chassant quelques gouttes de sueur. Un visage à la fois joyeux et un peu honteux s’étalait sur son visage pâle. Il insista pour conduire l’aveugle à son assiette et toujours grâce à la Magie Musienne, réchauffa les plats. Finalement, tout ceci l’avait convaincu de ne pas recommencer… Peut être même que son côté perfectionniste s’en retrouvait diminué. Il n’avait vraiment, vraiment pas aimé voir les mains abîmées de Mirë…

Il alla s’asseoir à son tour et regarde d’un air absent son assiette de pâtes. Mais comme il avait toujours faim et que leur petite aventure n’avait rien arrangée, il engloutit tout en quelques minutes à peine… Ce n’était pas franchement élégant, mais il était un peu beaucoup affamé. Heureusement que Mirë était aveugle, cela lui épargna la vue de ce spectacle… Léim reposa ses couverts, le ventre plein et heureux. Il se sentait tout engourdi, la vue un peu trouble et la tête lourde… Sommeil, sûrement. Il n’avait pas spécialement bien dormit dans le parc, tout à l’heure, allongé comme il était sur un banc en pierre. Et digérer ne l’aidait pas franchement… Il repoussa son assiette… Et s’affala comme une masse sur la table, finalement épuisé. Etre tout le temps hyperactif, ça avait de quoi vous fatiguer ! Les bras croisés et la tête posée dessus, il en oubliait totalement ses bonnes manières. Qui, de toute manière, n’avaient jamais été très respectées chez lui. Petit bonus chez Léim quand il dormait : il parle en même temps. C’est ainsi donc que, tout naturellement, il lâcha dans son sommeil un magnifique :

- Veux tu m’épouser ?

(après, euh, de quoi il rêvait pour dire ça… Mystère \o/)
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Jeu 30 Déc - 13:28

Mirë se sentait bête. Très bête pour le coup. Il était pire que maladroit et, le summum, c'était qu'il ne faisait pas les choses à moitié. Oh non! Ce n'était pas juste un verre qui était venu se fendre en mille morceaux sur le sol mais bien les deux, avec une casserole pleine d'eau bouillante en prime. Allons-y gaiement, la totale que diable! C'était tellement plus sympathique...! Accroupit, il dû se redresser lorsque Léim l'y força. Et oui, lui avait bien dû remarquer aussitôt que le verre ça coupait, grâce à ses yeux. L'aîné, complètement affolé, s'était dépêché pour tenter de réparer ses bêtises sans aucunement réfléchir avant ou pendant. Plutôt après et c'était bien pour cela qu'il se sentait très nul. Pour en rajouter une couche, il allait même jusqu'à oublier sa condition de Muse. « Et oui mon coco, tu aurais dû utiliser ta magie plutôt qu'y aller manuellement », c'était ce qu'une petite voix moqueuse et agaçante lui répétait au fond de sa tête.

Heureusement que son invité était attentionné envers lui. Il restait calme et patient alors que le blond était gêné de l'embêter de la sorte. Le jeune Immortel était à l'évidence quelqu'un de bien.


« Je suis désolé... »

D'une petit voix, ce ne furent que ces trois mots qui sortirent d'entre ses lèvres rosées. Il ne savait pas quoi dire d'autre pour qu'on l'excuse de son habileté à deux sous. Il avait l'impression que s'il disait plus, il aurait l'air dix, voir vingt fois plus stupide. Il aurait sûrement bafouillé, son teint aurait viré au cramoisi et il aurait fini par vouloir se cacher au fin fond d'un trou de petite souris. Minuscule même.

Un frémissement dans le dos au contact de la main dans ses cheveux, et Mirë fut emmené par son vaillant Léim dans la salle de bain. Il se trouva une petite place et il laissa le garçon nettoyer ses plaies. Il ne s'était même pas rendu compte sur le moment qu'il s'était blessé... Quel nigaud! Sa bouche s'entrouvrit, prête à prononcer un second : « Je suis désolé », mais elles se refermèrent au bout d'une ou deux secondes, se disant que se répéter de servirait peut-être à rien.

Curieux mais n'osant rien dire, ne sachant pas si couper le silence installé serait une bonne chose, il resta là, fixant peut-être l'une des épaules du danseur, tout en profitant des douces caresses de ses mains. Il aurait bien aimé rester ainsi plus longtemps mais son vis-à-vis partit ranger la cuisine. Mirë le suivit, mais s'arrêta à la porte puisqu'il avait interdiction d'y entrer. Il l'écouta simplement s'activer, s'étant naturellement adossé à l'encadrement, jusqu'à ce qu'il soit guidé à sa place assise autour de la table. Il mangea bientôt le premier et unique plat que Léim avait pu faire, le trouvant toujours très bon. Il était resté muet tout le long de repas, ne sachant absolument pas quoi dire.

Il finissait son assiette alors que le cadet lui posa une question qu'il n'avait jamais entendu et qu'il ne pensait jamais entendre à son encontre. L'épouser? Il lui faisait un blague pour détendre l'atmosphère. Ils ne se connaissaient qu'à peine alors il doutait du côté sérieux de la chose.


« Heu... Léim? »

Aucune réponse. C'était étrange... Le joaillier se remémora alors les bruits des mouvements juste auparavant. Après avoir mangé à la va-vite, le brun avait dû s'étaler sur la table. Et comme réponse à la non-réponse, il devait s'être endormi. Quel drôle de rêve il devait faire.
Il se leva et s'agenouilla auprès du rêveur. Une main sur son épaule, il le réveilla.


« Léim, Léim. Réveille-toi et viens te coucher. Ce sera plus confortable qu'ici. »

Celui-ci sembla docile et plutôt enclin à se retrouver sur quelque chose de moelleux. Il le mena alors jusqu'à sa chambre, lui cédant son lit. Il recouvrit la Muse bientôt du drap et de la couette, rajoutant une couverture au niveau de ses pieds pour s'assurer qu'il aurait de quoi aller contre le froid pendant la nuit. Enfin, le jour.

« S'il y a un problème, je suis dans le salon. Dors bien. »

L'Immortel prit un oreiller ainsi qu'une couverture et quitta la pièce. Il débarrassa rapidement la table puis partit se coucher dans l'un des canapés. Lui aussi était attendu par Morphée, depuis un moment...

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Dernière édition par Mirë le Lun 7 Mar - 1:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Jeu 20 Jan - 9:38

Léim n'eut même pas conscience de la Muse qui le tirait de son sommeil, ou plutôt essayait, pour l'emmener se coucher. En temps normal, il aurait protesté et catégoriquement refusé d'utiliser le lit du propriétaire des lieux. Mais, ensommeillé qu'il était, il ne remarqua même pas l'impolitesse qu'il était en train de commettre... Son esprit était ailleurs, occupé à rêvé, à repasser dans le désordre les informations de la journée. Ce n'est que bien plus tard que, péniblement, il tenta d'ouvrir une paupière. Celle-ci opposait une farouche résistance, ne voulant se décoller de sa jumelle inférieure... Il finit par y parvenir, ainsi que le seconde. Ses yeux papillonnèrent, guère accommodés à la subite clarté qui les assaillaient si brutalement. Il lâcha un grognement et voulu se retourner dans son lit... ce n'est qu'à ce moment là qu'il remarqua que l'odeur, la texture, rien n'était semblable à ce qu'il connaissait. La conclusion en était, fort logique, qu'il n'était pas dans son propre lit. Il s'assit dans les draps défaits, se massa et re-massa le visage tout en réfléchissant intensément. Péniblement, il parvint à recoller les morceaux de la veille.

Le spectacle, l'escapade dans le parc, la rencontre avec Mirë. Une minute de réflexion supplémentaire lui rappela également qu'il avait traîner l'aveugle au sous-sol, là où ils faisaient la fête, et qu'ensuite il lui avait fait à manger chez lui. l'accident, aussi, et il grimaça en y repensant. Lentement, avec précaution, il sortit du lit et s'étira doucement. Ses yeux s'étaient, évidemment, rapdiement adaptés à l'obscurité. Mais il était encore incapable de dire s'il faisait jour ou nuit... Il préféra ne prendre aucun risque, et laisser les rideaux en place. Il s'avança prudemment dans l'appartement, se déplaçant le plus silencieusement possible. Si Mirë dormait, il ne voulait pas le réveiller... Après avoir, oh mon dieu, subtiliser un verre d'eau dans la cuisine, il se mit en quête de l'aveugle. Il le trouva profondément endormi dans son canapé, à moitié découvert. Avec un soupir, il s'en empara pour le transporter dans sa chambre, qu'il profite d'un lit descend et confortable. Et puis, après tout, c'était le sien...

Vu l'obscurité et l'emplacement de l'appartement, Léim en déduisit qu'ils étaient le soir et qu'il avait dores et déjà loupé le spectacle de danse quotidien. Korkra serait furieux, mais quitte à se faire engueuler, ça ne changerait pas grand chose s'il restait ici encore un peu. Car en vérité, Léim venait de tomber par pur hasard sur une pièce remplie de bijoux et d eperles, probablement l'atelier du joaillier. Le danseur resta un moment sur le parvis de la porte, n'osant poser un orteil dans cet espace probablement très personnel. Il savait qu'il ne fallait surtout rien toucher, pour que Mirë ne se perde pas en revenant parce qu'un abrutis avait effacé ses repères habituels. Il se dandina un moment sur ses pieds, hésitant à rentrer. finalement, il se dit qu'après avoir passé la nuit ici, ce n'était pas bien grave s'il entrait dans l'atelier. Quelques boîtes de perles étaient ouvertes et il admira un moment les couleurs... certes il ne les voyait pas parfaitement dans le noir; mais il était habitué.

Il fit courir ses doigts blanchâtres sur les perles, et il fut pris d'une envie subite de lui aussi faire un collier. Après tout, il vivait depuis tout jeune dans un milieu artistique... ce ne devait pas être bien plus compliqué que de chorégraphier une danse... Il suffisait de faire une danse de perle. Ce fut donc la tête pleine d'idées naïve que Léim s'assit et tripota les perles. Il se contentait de les prendre, de les regarder, et de les reposer. Imaginant juste ce que cela pouvait bien donner une fois assemblées... Il ne connaissait rien à la technique joaillière et il ne s'y serait pas risqué. Il releva subitement la tête en entendant le plancher craquer et, sans savoir pourquoi, il se sentit terriblement honteux. Il balança aussitôt une série d'excuses bafouillées et confuses...
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MessageSujet: Re: Oh, le soleil se lève... [libre]   Lun 7 Mar - 1:30

Une fois installé dans le canapé, recouvert de l'épaisse couverture et la tête posée sur l'oreiller confortable, Mirë ne tarda pas à s'endormir. La journée avait été longue et épuisante. Surtout, en fait, pleine de surprises et ce grâce à Léim. Il avait apporté un peu de gaieté et avait par la même occasion chassé la monotonie qui s'était quelque peu installée dans sa vie. Il aimait bien ce petit grain de folie qu'avait le garçon, cette vivacité. Il n'arriverait sûrement jamais à le suivre sur ce point mais ça ne le dérangeait pas puisqu'il appréciait ces caractéristiques, l'impressionnant peut-être. Il aurait aimé pouvoir bouger, s'agiter, se dépenser dans tous les sens mais n'y voyant rien, courir était risqué : on ne pouvait pas prévoir une marche ou quoi que ce soit sur le sol. Un malheur était si vite arrivé, il en avait fait la douloureuse expérience étant petit. La douleur qu'il avait ressenti quand ses genoux et les paumes de ses mains s'étaient retrouvés écorchés lui avaient suffi. La fessée qu'il s'était pris par sa mère en revenant dans cet état aussi...

Revenons à nos moutons, que le blond n'avait pas pris la peine de compter.

Il avait d'ailleurs été tiré de son sommer profond par du mouvement. L'air, de quelques degrés plus frais, était venu caresser ses cuisses lorsque la couverture fut tirée. Il commença à se poser des questions et donc à prendre conscience quant-il sentit deux choses se glisser à la fois dans son dos et sous ses genoux. Il comprit qu'il était soulevé une fois la chaleur du nid qu'il s'était fait disparue. La Muse entrouvrit les yeux et constata, dans la pénombre, qu'il était dans les bras de Léim. Lui faisant confiance sur ce qu'il allait faire de lui et n'ayant pas tellement la force de luter, il se laissa aller contre lui, sa tête contre son torse et ses paupières se refermant.
Ho, il l'abandonnait déjà? Le brun le posait doucement sur un matelas à la place encore tiède. Il aurait bien aimé rester contre lui encore. Il se prit même à espérer un peu d'affection, mais la déception vint quand il sentit le tissu du pantalon, qu'il avait machinalement attrapé, s'extirper d'entre ses doigts. Le manque de contact humain et la présence de Léim à ses côtés depuis le tout début de la journée devaient l'avoir légèrement déboussolé...

Pauvre chaton abandonné de la sorte, Mirë se rendormit presque aussitôt, ne cherchant pas à savoir ce que ferait le jeune homme, ni qu'elle heure il était. Il fit un ou deux drôles de rêves, le genre noir, où il n'y avait que les odeurs et les sensations qui étaient présentes. Ce n'était pas angoissant pour lui puisque sa vie se résumait à ça. C'était seulement le cas pour les cauchemars mais en ce moment, tout allait bien, une simple atmosphère de fraise à la chantilly maison régnait dans son pays imaginaire. Ses rêves culinaires se finirent finalement brusquement. Dommage, les fruits rouges c'était bon... Il ouvrit les yeux – réflexe inutile – et se souvint que son invité l'avait porté jusque dans sa chambre. D'ailleurs, où était donc son invité? Peut-être était-il repartit, il devait sûrement avoir des choses à faire dès les premiers instants de sa journée vu son activité.

Le blond quitta son lit et alla fouiller son placard pour prendre une robe de chambre. En sortant de la pièce, il entendit un peu d'agitation dans un coin de son appartement. Léim était peut-être encore là. Han! Et si c'était un cambrioleur?! En partant, le brun n'avait pas pu refermer la porte derrière lui. Comment allait-il faire?! Il n'avait pas d'arme chez lui... Il ne savait pas s'en servir, alors ça ne l'avancerait pas vraiment. Il aurait mieux fait d'écouter ses parents qui lui disaient de vivre en collocation avec une personne de confiance. Mais sa fierté aurait été mise à rude épreuve parce que l'individu aurait sûrement voulu l'aider de temps à autre et cela, la Muse n'aimait pas trop. Il comprenait la réaction des gens mais il ne voulait pas se sentir assisté tout le temps.

Ses pas l'emmenèrent bientôt dans sa réserve. Quelqu'un était là, de l'autre côté, il sentait parfaitement sa présence. En avançant, il n'avait pas pris la peine de s'armer du premier objet qui lui serait venu dans la main. Il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il entendit une voix s'excuser assez précipitamment. Ouf, c'était celle du danseur...! Il ne savait pas ce qu'il lui avait pris pour s'imaginer qu'un voleur se serait glissé chez lui. Soulagé de sa présence, il ne lui en voulu pas qu'il se soit glissé dans sa salle de travail.


« Non, ce n'est pas grave, tant que tu remets tout bien en place après. »

C'était vrai, la curiosité du cadet n'effrayait pas Mirë tant que celui-ci lui promettait qu'il fasse attention.

« Est-ce que tu as déjeuné? Tu as peut-être faim? Il faudrait que je prépare quelque chose... »

Le petit blond se passa une main sur le ventre, l'entendant et le sentant crier : « Petit-déjeuner! ». Il se détourna pour aller jusqu'à la cuisine, yant déjà oublié ses mésaventures de la veille. En même temps, il en profita pour lui demander :

« Est-ce que tu préfères un petit-déjeuner ou un déjeuner? Je pourrais préparer un plat en salade, si tu aimes les légumes. Froid, je ne risque pas de me brûler. », ajouta-t-il pour lui-même.

Arrivant dans la pièce, il se prit la poignée d'un placard en plein coude, mais n'en prêta pas plus attention.


« Tu as le temps de manger ici au moins? Je ne voudrais pas te retenir non plus... »

Léim devait avoir tout de même plusieurs activités de prévues, il devait avoir un emploi du temps assez chargé avec cette vie d'artiste. Il espérait que, lorsque son cadet aurait un moment de libre, il viendrait le voir, si ce n'était pas aujourd'hui pour qu'i lui fasse visiter sa boutique. Il lui avait promis un collier, il ne fallait pas l'oublier. Auraient-ils ensuite l'occasion de se revoir? La Muse espérait que oui. Le brun lui plaisait bien, enfin... c'était sa présence qui lui plaisait, autrement, il ne savait pas, et il souhaiterait volontiers garder de bons rapports avec lui.

« J'aimerais bien danser à nouveau un jour aussi... »

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