Daydream

Juste de l'autre côté du rêve... une réalité.
 
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 □ Ankomst □ Pirate à Roulettes

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Ankomst
□ Pirate à Roulettes □

□ Pirate à Roulettes □
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Localisation : Dans son fauteuil, tiens !

MessageSujet: □ Ankomst □ Pirate à Roulettes    Lun 13 Sep - 4:08


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Dans le soleil étincelant
Dans la prospérité scintillante
Un paysage se réveille
Nous naviguons vers le port

Revenir vers toi dans tes bras
Une histoire à raconter

Ankomst, Ankomst donne moi un port
Ankomst, Ankomst ouvre tes bras

Laisse tes tristesses se reposer dans la mer
Une place entre le nord et le sud.

Le vent chante des mélodies infinies
Une histoire a raconter


:: ~ ::

Appellation : : Ankomst
Nom : Nevel
Prénom(s) : Ker
Surnom(s) : An', Ken (il déteste), Koko (il plus-que-déteste)
Age : On ne connait pas son âge, mais sachant qu’il est l’un des derniers capitaines pirates et en supposant que les dates correspondent à celle de la piraterie humaine, il devrait avoir entre 200 et 300 ans.
Date de naissance : un 2 décembre, entre 1700 et 1800…
Sexe : Masculin
Monde : Layla
Lié à/au : Il ne sait pas encore.
Forme animale : Un chat noir, avec une tâche blanche derrière l’oreille.
Orientation sexuelle : Homosexuel qui ne s’assume pas.

:: ~ ::

Lieu de résidence : Une maison sans étages, adaptée à son handicap.
Statut : □ Pirate à Roulettes □
:: ~ ::
Caractère :
Avec un visage souvent fermé, Ankomst semble constamment de mauvaise humeur, ombrageux, prêt à vous mordre. L’attitude farouche et un brin orgueilleuse, il ne supporte pas qu’on le prenne en pitié et n’accepte que très rarement l’aide des autres. C’est un homme fier de son histoire, mais les gens ne le croient guère lorsqu’il raconte son passé de pirate. Impulsif, il attaquerait sûrement tous ceux qui se moquent de lui s’il n’était pas en fauteuil roulant. Il se contente de les insulter, des chapelets d’injures à flinguer le pape. En dépit de son handicap, c’est encore un homme actif qui ne supporte pas de rester enfermé. Il roule dans la ville, avec adresse et agilité, ignorant superbement les piétons qui l’insultent de chauffard. Il se moque de ce que les autres peuvent bien dire de lui, il se fiche de ce qui peut lui arriver, puisque le pire est déjà arrivé.
Les gens s’étonnent régulièrement de le voir vivre seul, lui qui est cloué dans un fauteuil roulant, mais la vérité est qu’il n’aime pas la société, parler à des gens, sourire hypocritement… Il est franc, incisif, blessant. Un langage cru qui l’empêche de maintenir de bonnes relations avec les autres… Que voulez vous, on lui a apprit très tôt que seule la peur impose le respect. On ne lui a jamais dit qu’exprimer ses sentiments étaient une bonne chose. Non, dans l’univers qu’il a connu, il valait mieux tout garder pour soit et afficher l’indifférence. Pas de place pour la faiblesse, quelle qu’elle soit… Cependant, derrière cette attitude barbare se cache une certaine intelligence, une grande part de ruse… Il s’en sert pour observer les gens et, quand il en a besoin, mimer leur comportement. Il sait bien qu’il est parfois nécessaire d’être bien vu, qu’il ne gagnera pas à être toujours de mauvaise humeur ou insulter les autres… D’ailleurs, pour peu qu’on le connaisse un peu et qu’on sache s’y prendre, il peut presque devenir aimable. Il suffit de lui parler de la mer, des navires, du cri des mouettes et de l’odeur du goémon. Même s’il est douloureux pour lui d’y repenser, il est intarissable sur le sujet. Il est prisonnier de l’océan, et certains se demandent des fois pourquoi il vit loin des côtes. Un homme en fauteuil ne serait qu’une gêne sur un navire, alors s’il ne peut plus naviguer et diriger le navire, ça ne vaut pas le coup.
Même s’il dit avoir tourné la page, c’est un homme qui vit dans le passé, n’accordant qu’un regard désintéressé à l’avenir. Prisonnier de l’océan, mais aussi de ses souvenirs. Souvent mélancolique, il monte en fauteuil dans les endroits les plus élevés de la ville, et il regarde le ciel. Comme un oiseau cloué au sol. Comme personne ne le croit lorsqu’il raconte son histoire, il a préféré tout enfouir au fond de lui pour ne jamais en parler. Il garde ses secrets, ne les révélant à personne ou presque. Seul l’alcool, dont il est friand, pourrait lui délier la langue mais il faut avouer que jusque là, personne n’a osé aller lui parler alors qu’il tenait entre ses mains une bouteille de rhum… L’ivresse le rend encore plus grossier que d’habitude, parfois même un tantinet violent...
Malgré tout cela, toutes ces injures qu’il profère et ses airs d’ours bourru, il lui arrive de rire et de plaisanter, même si son humour est parfois incompris. Il aime le cynisme et se moquer des autres, des maladresses, mais sans méchanceté. A moins qu’il n’apprécie vraiment pas la personne « humiliée » par ses remarques… Une situation cocasse ne le manquera pas de le faire rire. Mais, comme beaucoup, il n’apprécie vraiment pas qu’on se moque de lui. Les autres d’accord, mais sa propre personne, c’est autre chose…

Physique :
Quand Ankomst parvint à se mettre debout et à se tenir droit, ce qui arrive de temps en temps, il frôle les 1 mètre 80. Si dans le temps il était quelqu’un de bien bâti, avec une musculature impressionnante, il s’est beaucoup laissé dépérir et il semble avoir fondu, surtout au niveau des jambes. Malgré tout, il garde encore un corps athlétique. Ce qui vous laisse une idée de ce qu’il pouvait être avant… Toujours est-il qu’il pèse 68 kilos « sans le fauteuil ! ». Si ses jambes sont devenues maigres à force de ne plus servir, ses bras ont subis l’effet inverse. Sur le gauche se trouve un magnifique tatouage de phénix coloré de teintes chaudes. La tête se trouve sur l’avant bras, à proximité de la main, les ailes se déploient sur le reste du membre et enfin les plumes de la queue se terminent sur son torse et son omoplate… Le dessin est tatoué de telle manière qu’on ne comprend pas tout de suite qu’il s’agit d’un oiseau et on ne sait pas toujours où sont la tête, les ailes ou la queue… Son autre tatouage se trouve dans son dos, celui d’une grande Faucheuse tenant dans sa main décharnée un sablier symbole du temps qui passe… Une atroce brûlure en a effacé la moitié, mais les yeux rougeoyant de la mort, au regard moqueur, sont toujours visibles. Il y a également une grande trace de griffure qui la traverse de part en part, comme si quelqu’un avait tenté de la rayer à la manière des chats. Cependant, rares sont ceux qui l’ont vue, ces dernières années… En effet, Ankomst préfère la recouvrir de bandages. Il n’a pas honte du tatouage, mais de l’horrible cicatrice qui le recouvre en partie.
Laissons de côté ces détails morbides et intéressons nous aux détails. Le visage d’Ankomst est légèrement carré, le menton volontaire, la bouche un tantinet sévère, le regard farouche… C’est un regard qui surprend et attire, deux tâches de lumière qui vous fixent, plantés au milieu d’une peau hâlée par le soleil. Si on examine sa peau de plus près, on découvrira qu’elle est par endroit recouverte de taches de rousseur… La plupart du temps, ses iris sont verts pâles, mais elles peuvent devenir bleues ou même turquoise en fonction de la lumière et de l’environnement. Ce visage est encadré par une longue chevelure sombre à la couleur parfois indéterminée. De longues années d’exposition au soleil ont rendues certaines mèches plus claires, en décolorant d’autres, parsemant le brun habituel d’éclats dorés, roux, ou même bleuâtres et violets. Et en plein milieu, tombant sur le côté gauche de son visage, une mèche blanche, dont personne ne connait la raison… Il la cache parfois, symbole de honte, ou bien la montre outrageusement, comme un trophée. De temps en temps il s’attache les cheveux, une queue de cheval rapide à l’aide d’un cordon de cuir, ou bien il se met un bandeau pour repousser les mèches gênantes.
Côté vestimentaire, il ne se casse pas franchement la tête, suivant plus ou moins la mode du pays des rêves, coincée au XVIII siècle. Il aime les chemises aux manches bouffantes ou bien à carreaux, enfilant par-dessus une veste noire sans manches, les habits qui sentent l’iode et qui signifient clairement qu’il est un ancien marin, tissés en toile rude. Il porte deux colliers : une croix celtique et un médaillon doré tellement usé qu’on ne sait plus ce qu’il représente. Il a les oreilles percées mais il n’y a plus rien accroché depuis un petit moment. Pirate, il accrochait un anneau à son oreille droite. Parfois il tresse quelques mèches, y accroche une ou deux perles de bois colorées…
Il a une assez belle voix, qui porte loin, avec un côté légèrement enroué. Sûrement à force de crier des ordres à ses hommes… Dommage qu’il ne s’en serve plus que pour injurier les autres ou bien chanter des chansons paillardes à faire rougir une nonne.

:: ~ ::
Histoire :
La Mort était toute proche, il le savait. Il la sentait qui rôdait autours de lui tel un prédateur aux yeux de braises… Parfois elle le frôlait, s’amusait à passer un doigt squelettique dans une mèche de ses cheveux… Elle attendait patiemment de venir prendre sa vie, comme elle en avait prit tant d’autre grâce à lui. Il savait que s’il ressortait de ce vaisseau pirate, ce serait les pieds devant. Peut être même dans une boîte en bois, si ces chiennes se montraient clémentes. Il serra les poings, furieux, rageur et frustré. Testa la vigueur des chaînes, qui émirent un cliquetis sinistre. « Non, non, non, nous sommes en parfait état… Et tu n’es pas le premier à vouloir nous briser… ». Triste chanson… Il ne savait même pas depuis combien de temps il était là. Il avait arrêté de compter les jours au bout d’une semaine… Et déjà, cela semblait remonter à bien longtemps. Dehors, il entendit le cri d’une mouette. Elle devait voler dans le ciel, ses ailes blanches s’offrant au vent, libre… Seul dans l’obscurité, il se rappela les beaux jours.

Loc Bremenec. Petit village de pêcheurs honnêtes, avec son phare, son four à goémon, son port et ses rochers accidentés qui veillaient, tels des sentinelles… Il y avait passé les dix premières années de sa vie, en honnête futur pêcheur. Raccommoder les filets, vider les poissons… Un marmot parmi les autres qui le soir, partait tester son agilité sur les rochers torturés, avec les autres gamins. Entre ciel et terre, avec la mer qui assaillait la pierre avec férocité… Chaque matin, l’odeur du sel et du goémon venait lui chatouiller les narines, et c’était la meilleure odeur qu’il eut jamais sentie… Le vent, plutôt violent sur les côtes, venait constamment ébouriffer ses cheveux. De ses parents, il ne gardait que des souvenirs vagues. Des pêcheurs typiques de la région, petits, le visage rond, des tâches de rousseurs et les cheveux bruns.
Comme les autres, il avait apprit à aller dans le monde des humains et à explorer leur univers. Sous sa forme de chat, il explorait leurs ports, fasciné par leurs méthodes, leurs coutumes. Etait-ce à cause de cette forme animale qu’il était aussi agile et que sa vision était aussi acérée ? Il n’eut pas l’occasion de poser la question à ses parents.
Il entamait son onzième printemps, une saison bienvenue après les rudesses de l’hiver, les tempêtes, les naufrages… Une nuit qu’il avait le sommeil agité, il fut réveillé par son père. Il était fébrile, et il se rappelait très nettement la terreur qui brillait dans ses yeux sombres. Il l’emmena à la cave sans aucune explication et lui enjoignit de se taire absolument… Le gamin resta enfermé là un temps indéfini, jusqu’à ce qu’il entende quelqu’un défoncer la porte de leur maison. Des cris, une cavalcade effrénée… Et un choc sourd, non loin au dessus de lui. Dans un grincement particulièrement sinistre, la trappe menant à sa cachette s’ouvrit. Il découvrit une espèce de géant barbu au sourire cruel, drapé de rouge tel un Démon, entouré de fumée… En l’observant, il constata qu’il avait coincé deux mèches enflammées sous son chapeau. L’homme le força à remonter. C’est en voyant le corps inanimé de sa mère qu’il sentit une colère sourde l’envahir, aussi impétueuse et féroce que la mer… Il se jeta sur l’ennemi, armé de ses seuls poings. Mais comme les vagues, il ne fit que s’écraser contre un véritable roc, inébranlable… La voix de l’homme raisonna, évoquant le roulis de l’océan :
- T’es bien l’fis des Nevel, mon gars ?
Il répondit par un cri rageur, tentant encore une fois de porter un coup douloureux à cet assassin… L’autre bloqua l’attaque de son poing de géant. Le gamin songea, tétanisé, qu’il aurait put broyer son crâne à main nue… Il vit l’autre paluche se soulever et il comprit, trop tard, qu’elle allait atterrir de manière douloureuse sur sa joue. La force de la claque l’aurait propulsée au sol si l’autre ne l’avait pas tenu.
- Mais tu vas répondre à la question, nom d’une pucelle vérolée ?
Il se força à ravaler sa fierté. Mieux valait être vivant et humble que mort et orgueilleux. Mais, c’est tout de même avec un air farouche qu’il répondit à l’affirmative. L’autre hocha la tête, satisfait, et le traîna derrière lui…
En découvrant son village, le gamin vit pour la première fois celle qui allait valser avec lui tout le reste de sa vie. La faucheuse qui planait et fauchait allégrement. Il entendait son rire qui se répercutait dans les rochers, tandis que son arme de mort rougissait. Skan le pirate, Capitaine du Corn Ar Stang, ne lui laissa pas le temps de s’horrifier du carnage qu’il voyait sous ses yeux. Il le força à monter sur sa frégate, petit navire mais rapide qui semait allégrement ses adversaires…

Le lendemain matin, en se réveillant, il comprit que sa vie ne serait plus jamais la même. Désormais son village serait réduit à la taille d’un trois mâts… Skan l’appelait constamment « fils », ce qui suffit à lui faire comprendre que ceux qui l’avaient élevé n’étaient pas ses parents. Il dû les oublier car dans cette nouvelle existence, il n’y avait pas de place pour le passé et les remords… Les premiers mois furent difficiles. Les marins étaient bourrus, énervés d’avoir un garnement entre les pattes. Ker n’était pas un enfant facile, haineux envers ceux qui avaient assassinés sans raisons tout son village. Un soir, le capitaine pirate l’appela dans sa cabine. Il y entra en affichant son habituel air boudeur…
- Ok gamin, écoute bien c’que j’vais te dire. J’sais bien qu’t’es furieux après nous, qu’tu penses qu’on a tué d’honnêtes gens… Bah c’est faux. Z’étaient aussi francs qu’un âne qui r’cule.
Il leva vers son père un regard curieux mais méfiant…
- Des anciens pirates. V’la ce qu’ils étaient, tous. Un village d’anciens pilleurs dev’nus des pêcheurs. Tes… « parents »… T’avaient enl’vés à moi. Y pensaient qu’cette vie c’tait pas pour un môme.
Skan s’arrêta, observa de ses yeux verts la réaction de son fils. Ker resta silencieux, encaissant en silence la nouvelle. Comprenant subitement la présence de certains tatouages, de certaines cicatrices, ces conversations qui s’arrêtaient parfois quand il arrivait… ça collait. Il avait envie que ça colle. Le pirate le lut dans son regard et un sourire tranquille fleurit sur son visage.
- T’as ça dans l’sang mon gars. Y a rien d’plus fort qu’le sang.
Il avait raison… Ker se croyait heureux, dans son petit village, mais il comprenait à présent qu’il s’y ennuyait mortellement. La vie de pirate, quoi que bien moins romantique qu’on pouvait le croire, était plus palpitante. Un chemin tracé dans l’écume rougissante, disaient parfois certains poètes du dimanche.
- Qui est ma mère ? Demanda-t-il.
Skan sortit sa pipe et l’alluma tranquillement, prenant même le temps d’en tirer plusieurs bouffées. Il croisa les jambes sur son bureau et fixa son fils de ses yeux verts et calmes :
- Elle s’app’lait Anne. Comme Anne Bonny, sauf que j’suis pas Rackham *… Elle et moi on a commencé not’ vie comme honorables pêcheurs. Mais l’seigneur de nos terres nous permettait pas d’vivre correctement… Taxes trop lourdes, la main basse sur nos prises… On a commencé en pillant ses vaisseaux. Pis d’autres, t’jours plus loin… On est dev’nus les chefs du Corn ar Stang. Pis elle est tombée enceinte… Des années qu’on attendait ça.
Il marqua une pause, le regard perdu dans le lointain. Il devait se rappeler certaines choses qu’on ne raconte pas aux enfants… Alors que sa pipe s’était presque éteinte, il reprit, tout en la rallumant énergiquement :
- Mais les conditions d’l’accouch’ment était pas bien terribles… Elle y a pas survécut. C’est une anaon** maint’nant.
Skan reposa sa pipe et, la tête tournée vers la fenêtre, il demanda au gamin de déguerpir, ce qu’il s’empressa de faire. Avec les années, les abordages, les pillages, Ker avait grandit, devenant un jeune adulte marchant joyeusement dans les traces de son père. Ce dernier vieillissait, et malgré sa nature de Muse, il semblait de plus en plus fatigué. Jirka, son second, prenait de plus en plus de décisions et prenait peu à peu le commandement. C’était un grand noir au crâne rasé recouvert d’un bandana au rouge passé, et il avait l’étrange coutume de s’entailler le bras dès qu’il tuait un ennemi… Depuis peu, il avait dû changer de bras car manque de place. Autant dire que c’était un homme respecté et craint… Puis vint l’ultime abordage de Skan le Démon rouge. Un navire marchand, sûrement chargé d’une précieuse cargaison… Une proie jugée facile. Un piège. Le bateau cachait dans ses entrailles des soldats, bien décidés à mettre fin au piratage incessant des dernières années. Le Capitaine se jeta dans la mêlée comme à l’accoutumée, sourire diabolique aux lèvres et une fumée noirâtre le suivant, semblable à la Faucheuse. Un adversaire trop vigoureux, une lame trop fragile… Une fois le vaisseau ennemi dépouillé et réduit en cendre, on découvrit le corps agonisant de Skan, le corps recouverts de blessures plus ou moins mortelles. Son ancienne amie, la Faucheuse, l’avait finalement inscrit sur son carnet. Elle fut douce et tendre, le prenant alors qu’il dormait, tentant vainement de se remettre de ses blessures. Silencieuse, délicate, mais mortelle. L’homme fut découvert le matin par son fils, qui découvrit un léger sourire sur les lèvres du mort. Comme s’il était heureux d’enfin voir le visage de celle qui avait tant navigué à côté de lui, le frôlant mais ne le touchant jamais…

Prisonnier de ses chaînes, le fils du Démon Rouge releva légèrement la tête, bercé par ses jeunes souvenirs. Assez lointains, mais toujours frais dans sa mémoire. Pratiquement chaque élément de sa vie restait gravé dans son esprit, et il se rappelait bon nombre de détails. Une odeur, un éclat particulier, un coup de vent… Il se figea en entendant des bruits de pas. Il était enfermé dans les cales du navire, là où on rangeait les voiles de rechanges. La porte s’ouvrit en grinçant sur ses gonds, suppliant de sa voix nasillarde qu’on la nourrisse d’huile… Un bref instant, il fut aveuglé par le peu de lumière qui pénétra sa geôle. La porte se referma, toujours suppliante, et il put voir qui daignait enfin lui rendre visite. Une grande femme au teint d’ébène se tenait devant lui, les poings sur les hanches, l’attitude fière, le regard noir et la crinière sauvage. Derrière elle, légèrement en retrait, deux autres femmes l’observaient, les yeux luisants… Les seins nus, les cheveux longs et emmêlés pour l’une et rasés pour l’autre, des vêtements déchirés… Des femmes pirates. Presque une hérésie à ses yeux… Il profita de l’obscurité pour lorgner sur leurs formes avantageuses, leurs courbes sensuelles et délicates… Et constata que comme toujours, cela ne lui faisait que bien peu d’effet. Il retourna son attention sur la walkyrie noire :
- Amalthea lâcha-t-il d’une voix trop faiblarde, quelle joie de te voir !
- Fils de chien ! cracha-t-elle en réponse.
Son regard brûlait de deux feux impétueux. La déesse s’approcha, le dominant totalement par sa taille, démesurée pour une femme. L’effet était désarmant, surtout pour un homme à genoux et enchaîné… Elle prit son visage dans une main, enfonçant ses doigts dans ses joues, imposant une grimace ridicule à ses traits.
- Où est le trésor ?
Sa voix aux accents indéterminés était sèche, sans appel, une voix habituée à être obéit sans discuter. Mais il secoua la tête, avec difficulté vu sa poigne de fer :
- ‘en ai ‘cune idée. Skan m’a rien dit, l’est mort trop tôt.
La main de la femme noire alla s’écraser sur son visage en un claquement sonore. Les femmes qui se tenaient derrière, rirent bêtement. Sales bougresses, morues, truies… Il leur adressa un regard furieux, brûlant de haine, et elles se turent subitement, intimidées.
- Très bien, lâcha aigrement Amalthea, je te laisse encore une semaine pour que ta mémoire se rafraîchisse. Donnez-lui de l’eau !
Et elle s’en alla, de sa démarche aérienne et hautaine. Les deux autres la suivirent sans oser jeter un regard en arrière, tandis que le prisonnier se démenait et les insultait des pires injures. Il finit par se calmer, haletant, les poignets toujours entravés. Il pencha la tête, souffla inutilement dans l’espoir de se débarrasser des mèches rebelles qui lui chatouillaient le nez et les joues. Plus tard, une femme revint pour lui permettre de boire et de manger. Il fallait le garder en vie… Une fois la donzelle repartie, il replongea dans ses souvenirs…

Jirka prit tout naturellement la place du Capitaine. Il s’était dressé au milieu du pont, exposant ses bras saturés de cicatrices, et hurla aux hommes que s’il l’un d’entre eux contestait son autorité, il n’avait qu’à venir le défier. Certains coulèrent des regards vers Ker, mais ce dernier ne réagit pas, observant tranquillement le nouveau capitaine qui roulait des muscles pour impressionner.
- Qu’est-ce qu’on fait pour le trésor ? Demanda-t-il tranquillement.
Un silence de plomb s’abattit sur le navire, chacun retenant son souffle. Skan avait amassé au cours de sa vie de pirate suffisamment d’argent pour qu’on appel ça un « trésor » et conformément à la coutume, il l’avait caché quelque part. Sur une île, sur le continent… ? Personne n’en avait rien. Ayant attiré l’attention de l’équipage sur lui, Ker s’avança d’un pas et un cercle se forma autours de lui. Seul Jirka lui faisait face, les yeux plissés de méfiance.
- Il me semble que les dernières volontés de Skan étaient que seul celui qui sait où est le trésor lui succède… Alors Jirka, que fait on ? Va-t-on récupérer l’argent ?
Aucune réponse. Ker se permit d’afficher un petit sourire suffisant. Comme il le savait, Skan n’avait jamais révéler à personne l’emplacement de son butin… Mais la veille de sa mort, entendant la Faucheuse approcher, il avait appelé son fils et il lui avait tout raconté. Les volontés d’un mort se devaient d’être respectées… Mais Jirka contre attaqua :
- T’es trop jeune ! T’sais pas commander… Tu t’ferais tuer, ou y’aura d’la mutinerie !
Le jeune homme avança d’un pas et haussa les épaules :
- Si tu es si sûr de ma mort… Laisse-moi le commandement. Je rejoindrais très vite mon père et tu pourras prendre la suite !
Jirka eut un sourire carnassier. Il était certain que l’autre se ferait tué dès le 1er abordage… Hautain, il lui tendit la veste rouge de Skan, signe de commandement.
Cependant, contrairement à ses prévisions, Ker ne se fit pas tué au premier assaut. Ni au deuxième, ni à aucun de ceux qui suivirent pendant les 7 ans qu’il commanda le Corn ar Stang… L’homme noir avait sut reconnaître sa défaite et il avait brillamment secondé son capitaine, lui donnant des conseils avisés. Ils flirtaient avec le danger, dansant avec les navires ennemis, mais ils survivaient. Ker abandonna son nom et se forgea une image avec celui d’Ankomst. Tous connaissaient son pavillon, la Faucheuse tenant un sablier entre ses doigts squelettiques. L’image avait été tatouée dans son dos, prenant toute la place. Et en bas, formé d’entrelacs, son nom… Pour que tous, en le voyant, sache qui il était.
Les années avaient passées, marquées par les abordages. Celui de la Nourriguel, un navire marchand. Aucune perte, de quoi manger et survivre un moment… Le Mavinig, un combat qu’ils avaient bien failli perdre. Ils étaient à un contre trois, mais leur adversaire n’était pas assez entraînés et certains avaient carrément le mal de mer… Pitoyable. C’était une histoire qu’ils aimaient raconter le soir, avec dans la main une bonne dose de Rhum. Le Damhsa Capall, le Skeltrenn… Il se remémora toutes ses aventures. Ces hommes perdus, les nouveaux, ceux qui vomissaient, ceux qui résistaient… La mort de Jirka, alors qu’ils abordaient un navire censé être rempli d’homme. Transpercé par trois lames en même temps… Une belle mort, qu’il avait lâché, alors qu’on essayait vainement de le sauver. Lui aussi avait trépassé en souriant, alors qu’il rejoignait Skan.
Le Corn ar Stang avait continué de voguer, imperturbable aux intempéries, aux morts. Les hommes étaient temporaires, mais lui restait, bravant les flots… Il avait tant été réparé qu’il ne devait plus du tout ressembler au navire d’origine. Et grâce à ceux qui le dirigeaient, il n’était jamais allé s’empaler dans les récifs. Pourtant les habitants des côtes se promenaient parfois sur les plages la nuit, avec une vache tenant entre ses cornes un petit feu censé simuler un phare lointain… Un sombre piège pour attirer les navires, les échouer, et s’emparer de leurs richesses.

Une douleur déchirante le tira de sa torpeur.
- Maaaôw, chuchota la voix d’Amalthea, la Chatte des Mers, comme elle disait.
Elle avait revêtu ses bagues griffues et avait laissé trois longues traces sanguinolentes dans son dos, barrant la faucheuse qui la fichait de son regard hypnotique. Ankomst remua faiblement, leva des yeux hagards vers sa tortionnaire. Elle glissa vers lui, silencieuse, et tapota son épaule de ses griffes pointues. Dans l’obscurité, ses dents blanches souriaient moqueusement et son rire raisonna dans la geôle. De nouveau, elle prit son visage entre ses doigts, plantant ses bagues effilées dans sa chair :
- Alors, Ankomst, ou Ker Nevel comme tu veux, où… est… ce… trésor ?
- Je sais pas qui t’a renseigné, mais ‘sait gouré… J’doute même qu’Skan ai j’mais eut un trésor…
Elle délaissa ses griffes et se dirigea vers une des femmes qui se tenaient derrière. Elle s’empara de sa torche sans dire un mot et s’approcha de son prisonnier, l’air indéchiffrable. Ses yeux noirs s’ancrèrent dans les siens, pendant que sa main libre s’emparait de la flasque de rhum qu’elle gardait toujours sur elle…
- Tu as un beau tatouage, tu sais ? Il doit faire ta fierté… La Grande Faucheuse, celle que tu dis être ton amie…
D’un coup de dents, elle ouvrit la petite bouteille et en répandit une partie du contenue sur son dos dénudé. Il serra les dents mais ne put s’empêcher de frissonner au contact du liquide.
- Tu fais qu’gâcher du bon rhum…
- Peut être. Peut être pas.
Elle fit durer le plaisir, approchant très lentement la torche, observant avec un sourire les réactions de son prisonnier… Elle se délecta de ses hurlements, tandis qu’une odeur exécrable remplissait la geôle.
Des cris parvinrent du pont du navire et Amalthea se redressa vivement, éloignant providentiellement la torche du dos d’Ankomst… Sûrement des voiles en vue.
- Je reviendrais bientôt, lâcha-t-elle en souriant.
Elle éteignit la torche, puis elle quitta la pièce à toute vitesse, prenant tout de même le soin de refermer la porte à clé, et grimpa les escaliers quatre à quatre. Ankomst s’affaissa autant que les chaînes lui permettaient, essayant d’oublier la douleur qui lui rongeait le dos en repensant à son passé.

Il se rappelait avec exactitude le visage de celui qui avait remplacé Jirka. Des cheveux blonds tellement éclaircis par le soleil qu’ils paraissaient blancs. Sa peau n’avait pas bronzée sous le soleil et elle était aussi blanche que sa crinière… Ses yeux aux pupilles grises fixaient le monde avec sérieux, sa bouche ne souriait guère souvent. Un masque de sérénité pour survivre au milieu des hommes pirates, un brin sauvage, bourrus, sanguinaires… Ankomst s’était souvent demandé pourquoi les femmes ne lui faisaient aucun effet. Il avait pensé que cela devait dépendre des hommes, des âges… Mais en voyant Amrhan, il avait compris. Etre un marin et être un homosexuel, ce n’est guère compatible… C’est dangereux même. Il refoula cette attirance tout au fond de lui et l’oublia soigneusement. Mais son second n’était pas aussi enclin que lui à mettre ses sentiments sous clé, et il prit rapidement l’habitude de rejoindre son Capitaine la nuit, entamant peu à peu sa gaine de résistance. Il lui montra un nouveau monde, lui fit découvrir de nouvelles sensations que jusque là Ankomst ne connaissait pas. Et chaque matin, il se jurait d’arrêter… Mais il était incapable de résister. Et chaque soir, il soufflait un « tans pis » plein de résignation.

L’agitation sur le pont s’était calmée et étrangement, c’était le silence pesant qui régnait à présent qui tira Ankomst de ses souvenirs brûlants. Il ferma les yeux, et se concentra sur les sons… Etait-ce là une voix d’homme ? Il fronça les sourcils. Des ordres étaient criés, d’une voix bien masculine. Un regain d’espoir le secoua… Peut être était-ce la fin de son enfermement…. Des bruits de pas descendirent tranquillement l’escalier. Un bon coup de pied eut raison de la serrure vieillissante… Vous n’aviez qu’à me donner de l’huile, cria-t-elle alors qu’elle éclatait.
Un homme habillé de toile grossière, un bandana recouvrant sa tête, apparut et se mit à crier en apercevant le corps d’Ankomst. Ce dernier reconnut Flit, l’un des hommes de son équipage. Un sourire apparut sur ses lèvres craquelées… L’esprit embrumé, il vit de vagues silhouettes venir le détacher et l’emmener hors de sa geôle. Des voix, lointaines et incertaines, lui parvenaient :
- C’est Ankomst ! Amhran, on a retrouvé l’captaine !
- L’est dans un sale état…
Ses pieds glissaient sur les marches, mais il n’en ressentait même pas la douleur.
- Z’avez vu comme c’est propre ?
- Ouais… Un bateau d’femmes, c’est l’Enfer sur mer, y a pas un gramme de poussière… Y a tout qui brille comme un cuiller de prince héritier ! En plus, ça sent les fleurs des champs même dans les latrines…
- Faudrait uriner dans tous les coins pour masquer l’odeur !
On l’amena sur le pont, recouvert de corps de femmes et de sang. L’odeur métallique l’assaillit, une odeur qu’il n’avait pas sentit depuis bien longtemps. Le temps était clair et le soleil brillait, le forçant à garder les yeux fermés. Il repoussa ceux qui le soutenaient, tenta de faire un pas mais s’écroula sur le sol. Il vit des pieds approcher de lui, puis le trou noir, la fièvre ayant raison de lui…

Lorsqu’il se réveilla, la tête toujours lourde, il était dans un lit et ses vêtements étaient aussi propres qu’ils pouvaient l’être sur un bateau pirate. Il reconnut l’odeur de sa cabine, la dureté de son matelas, et il trouva quelque part la force de sourire. La fenêtre était ouverte et il sentit l’iode de la mer, entendit le cri des mouettes. Il entendait aussi ses hommes, dehors, qui parlaient :
- ça fait bien une s’maine qu’y dort…
- Tu crois qu’y va s’en r’mettre ?
- Amhran y croit dur comme fer… C’notre capitaine après tout.
- Just’ment, le v’la qui vient ! Hey, Amhran, j’crois pas qu’y soit réveillé…
- J’vais aller voir. Allez-vous occuper d’la grand voile.
Les deux hommes s’éloignèrent en discutant à voix basse et il entendit le grincement de la porte. Doucement, il sentit son second approcher.
- Salut, vieux, parvint-il à murmurer.
- T’ferais mieux d’te taire. Y a le médecin qui s’demandait comment qu’t’avais fait pour survivre…
Un faible rire vint secouer sa poitrine et il parvint à rouvrir complètement les yeux. Amhran s’était assis sur un tabouret, à côté, son visage toujours aussi sérieux. Malgré tout, une petite lueur d’inquiétude brillait dans son regard. Ankomst leva une main et la posa sur son bras, le regard sévère :
- Je survivrais, c’bien clair ? La Faucheuse est pas encore là pour moi. On dit que Skan est mort quand son tatouage s’est effacé, et l’mien est encore bien visible !
Il tenta de se redresser en s’appuyant sur ses coudes, puisque ses jambes ne répondaient plus. Sûrement trop affaiblies de ne pas avoir servies pendant des semaines… Se faisant, une mèche de cheveux glissa devant ses yeux. Il s’arrêtant, louchant sur la coupable, les sourcils froncer.
- Qu’est-ce que…
- T’as blanchi, on dirait. Tu d’viens vieux !
Si le reste de sa chevelure était toujours aussi sombre, voilà qu’une mèche blanche s’était glissée dans le lot… Ankomst grimaça. Il avait fait trop d’effort pour parler et se redressa, et il retomba sur son oreiller, le regard vague, sa vision se troublant petit à petit. Il fit d’étranges rêves, de ceux que font souvent les malades souffrant de fièvre. Le visage d’une femme apparut, et il se demanda si c’était sa mère… Quand il se réveilla, il eut l’impression de s’être encore affaiblit. Mais ses idées étaient claires et il y voyait clairement. Dehors, il entendait l’agitation d’un port… Le médecin de son équipage était à côté de lui, tripotant ses flacons. Il avait été capturé lors d’un pillage de navire marchand, et il avait désiré rester… Une bien étrange décision, venant d’un homme aussi éduqué. Lorsqu’il vit que son patient était réveillé, il eut un sourire et posa une main bienveillante sur son front.
- Vous aviez raison, Ankomst. Vous allez vivre ! Je vais chercher Amhran.
Il disparut de la cabine et revint quelques minutes plus tard. L’équipage, curieux, s’entassait près de la porte mais seul son second fut autorisé à entrer.
- Alors cap’taine, prêt à reprendre su service ?
- Va pas trop vite… Chui même pas encore capable d’me tenir debout.
Il écarta les draps et se redressa. Il du prendre ses jambes avec ses mains pour pouvoir s’asseoir au bord du mit. Le médecin observait, inquiet. Alors qu’Ankomst allait se lever, il l’arrêta d’une main impérieuse, et il s’approcha de lui, un petit marteau dans la main. Doucement, il tapota l’un des genoux…
- Qu’est-ce qu’y a ? Demanda le pirate, sourcils froncés.
- Ta jambe devrait réagir, si je tapote là… Tu sens ça ?
Du bout d’un scalpel, il piqua légèrement le pied droit.
- J’sens rien… Passe-moi ça.
Il s’empara du petit couteau et, sans hésitation, se fit une coupure au pied. Le sang, rouge et brillant, s’échappa goute à goute de la blessure. Mais Ankomst n’avait rien sentit, rien du tout… Il releva le regard et fixa le médecin.
- Je crains qu’avec cet enfermement et ses fièvres à répétition… Tu n’ais perdu l’usage de tes jambes. Peut être qu’avec de la patience et un bon traitement, cela pourrait revenir…
Mais il n’y avait guère beaucoup d’espoir, dans les yeux de la vieille Muse.

Après cela, Ankomst décida de descendre au port, qui était en vérité une petite ville côtière. Ses hommes se faisaient passer pour des marchands, une idée d’Amhran. Il n’était plus d’aucune utilité pour son équipage, et il refusait catégoriquement de rester allongé toute la journée à donner des ordres sans agir. Son autorité n’aurait pas fait long feu et une mutinerie aurait finie par éclater… Il demanda au nouveau capitaine du Corn ar Stang de raconter aux autres qu’il était mort, qu’Ankomst le Faucheur n’était plus. Il reprit le nom de Ker Avel, dans l’espoir de mener une vie à peu près normale… La piraterie, c’était finie. Naviguer tout court, c’était fini… Ayant toujours été habile de ses mains et relativement intelligent, il s’attela à la construction d’une chaise roulante pour pouvoir se déplacer comme il voulait. Les années passèrent, le rendant de plus en plus aigri, de plus en plus frustré de ne pas pouvoir embarquer… Ses jambes retrouvèrent un peu de force, juste ce qu’il fallait pour lui permettre de se lever et de faire quelques pas en se tenant où il pouvait. Cela le suffisait tout juste pour pouvoir vivre seul. Sa frustration, plutôt que de diminuer avec le temps, ne faisait qu’enfler. Un matin, alors qu’il roulait sur le port en observant les pêcheurs amener leurs cargaisons – et qu’il les insultait intérieurement dès qu’ils faisaient une stupidité, il vit un navire de la Marine accoster. Un sursaut de panique ancienne le parcourut, comme quand il était pirate… Il se calma, respira un grand coup, et décida même d’aller discuter avec les soldats. Ankomst est mort, se répétait-il, je suis Ker Avel, humble sculpteur sur bois. Il aborda un Marin, profitant de son statut d’handicapé qui provoquait généralement de la compassion :
- Bonjour mon brave ! ça f’sait longtemps qu’on avait pas vu un navire d’la marine ici… Qu’est-ce que vous v’nez faire ?
- Eh bien, nous avons récemment affronté des pirates et notre vaisseau a subi quelques dommages. Nous venons le faire réparer…
- Ah… Célèbres pirates ?
- Assez, ouais… C’était Amhran, successeur d’Ankomst à la tête du Corn ar Stang. On aurait bien aimé avoir son prédécesseur, le Faucheur, mais il est mort avant… Au moins on aura l’autre. Ils vont aller le pendre…
Ankomst resta immobile. Ça devait bien arriver un jour… Les pirates étaient de moins en moins nombreux, la Marine ayant des navires et des armes de plus en plus performants. Il remercia le marin et resta sur le quai, son regard vert planté dans l’horizon. Où es-tu, mon Second ? En route pour la mort, ou bien es-tu déjà arrivé à destination ? Il ne remarqua que tardivement qu’un autre Marin, un officier d’après ses galons, était debout à côté de lui et l’observait d’un air scrutateur. De méchante humeur, Ankomst releva la tête et l’affronta du regard :
- Un problème ?
- Non, non… Mais vous me rappelez quelqu’un que j’ai connu.
- Ça m’étonnerait !
- Si, je vous assure ! Je m’appel Avel. Je viens d’un village qui n’existe plus, rayé de la carte par des pirates… Ne seriez vous pas Ker Nevel ? Celui que Skan a enlevé ?
Ankomst fronça les sourcils, surpris, méfiant… Il mit un moment à se rappeler, le nom d’Avel tournant inutilement dans son esprit. Enfin, la vision d’un enfant pleurnichard s’imposa à lui… Oui, les mêmes yeux bleus, les mêmes cheveux sombres… Les taches de rousseur avaient plus ou moins disparues sous le bronzage, mais elles étaient toujours là.
- Mmoui, je crois me rappeler…
L’autre afficha un sourire joyeux. Derechef, il s’empara des poignées de la chaise roulante et il l’amena boire un verre. Ankomst protesta, lui qui trouvait humiliant de se faire guider par un autre, mais Avel s’en moquait. Ils se retrouvèrent bientôt attablés, avec une bonne choppe de rhum dans la main.
- Allez vieux ! Raconte-moi un peu tes aventures…
- Si j’te raconterais, je finirais au bout d’une corde.
Une lueur féroce brillait dans ses yeux. Après la mort d’Amrhan et de son équipage, il ne se sentait plus aucune volonté de survivre. Avel prit un air sérieux.
- Je vois. Je m’en doutais un peu, après que Skan t’eut capturé… Tu étais quoi pour lui ?
- Son fils.
- Haha… Fils de pirate… Tu es donc Ankomst ?
- Exact. T’as l’esprit vif. Et avant d’rire, j’te signale que t’es aussi fils de pirate. Skan m’a raconté que notre village…
- Je sais tout ça, ma tante me l’a raconté après que tout eut été détruit. C’est en parti pour ça que je suis rentré dans la Marine : pour prouver que le sang ne fait pas tout !
Les deux hommes s’affrontèrent du regard. Deux anciens amis, deux ennemis… Finalement, Avel esquissa un sourire.
- Non, je ne t’enverrais pas au bagne… Regarde toi, personne ne voudrait pendre un handicapé.
- L’handicapé, il va t’en coller une bientôt…
- Oui, oui. Raconte moi comme s’est arrivé, plutôt. Comment es tu devenu un pirate à roulettes ?
- Pourquoi pas… On s’était arrêté à Tir na n’Og***… Un gars d’mon équipage a laissé filer une info, sur Skan et son trésor. C’tait juste pour les faire baver, ça fait belle lurette qu’on l’a déterré, l’trésor… Mais cette folle l’a entendu. Elle était furieuse parce que j’avais refusé ses avances une fois… Une nuit, très discrètement, elles sont venues me capturer. J’crois bien qu’je serais mort dans ces cales, si mon équipage était pas v’nu me tirer de là… Après ça j’ai été malade, la fièvre, et quand c’tait fini, j’pouvais plus marcher. Mon méd’cin d’bord a rien put faire… J’peux encore me lever et faire quelques pas mais, ça veut pas rev’nir plus on dirait.
Avel hocha tristement la tête. Il devinait que pour un marin, être condamné à rouler sur terre était une chose terrible… Les deux hommes conversèrent encore un moment, puis l’officier dû retourner à son navire. Il lui promit de revenir, vu qu’ils resteraient ici le moment des réparations.
Ankomst resta encore quelques années dans cette ville dont il oublia ensuite le nom. Il attendit que les gens oublient l’histoire du Faucheur pour reprendre son nom de pirate, laissant de côté celui de Ker Nevel.

On dit qu’il tenta quelques voyages en tant que passagers, qu’il alla loin dans les terres reculées, à la recherche de quelque chose qui lui manquait. Quand on lui demande, il ne parle que de l’Ile d’Is, une ile entièrement immergée et qui abriterait grandes richesses. On raconte qu’il rentra à Layla après avoir attrapé une maladie tropicale qui faillit l’envoyer rejoindre ses ancêtres.
Mais peut être que tout ceci est faux. Peut être que la vérité est ailleurs.
• Anne Bonny et Rackham : couple de pirate célèbre.
• Anaon : Nom que l’on donne aux trépassés en Bretagne.
• Tir na n’Og : nom donné par les marins Irlandais au Paradis. Ici, il s’agit d’une Ile semblable à Port-Royal, repaire de boucaniers, criminels et pirates que la Marine n’osait attaquer.


Famille et amis :
Skan : Capitaine du Corn Ar Stang pendant de longues années, il était un capitaine craint et respecté dans le milieu. Il fut rendu célèbre en capturant un Noble de Layla et en retirant une grande rançon, qui constitua l’essentiel de son trésor. Il est le père d’Ankomst, a qui il donna ses yeux verts et ses cheveux sombres. Forme animale : un goéland
Anne : la mère d’Ankomst, morte en couche, femme pirate. Forme animal : un renard
Jirka : un grand noir aux bras couturés de cicatrices, une pour chaque homme tué. D’abord le second de Skan il devint ensuite celui d’Ankomst. En premier lieu, il le vit comme un ennemi, puis vint à le respecter et une grande amitié s’installa entre les deux hommes. A sa mort, Ankomst s’entailla le bras pour l’honorer et il en garde encore la cicatrice. Forme animale : un gorille
Amhran : Il prit la suite de Jirka. Un homme qui dissimulait ses sentiments pour survivre dans le milieu cruel des pirates… Sa peau et ses cheveux blancs ont séduit Ankomst malgré lui. Quand ce dernier dû abandonner la piraterie, il prit sa succession. Quelques années plus tard, l’équipage fut rattrapé par la marine et pendu… On raconte cependant qu’il aurait put s’échapper. Forme animale : un Albatros
Avel : Lui et Ankomst grandirent ensemble au village. Il échappa au pillage de Skan car il était en voyage chez sa tante. S’il est entré dans la Marine, c’était pour retrouver Ankomst ou tout du moins celui qui l’avait enlevé… De garçon pleurnichard, il est devenu un grand Capitaine. Aujourd’hui il a prit sa retraite, et il rend visite de temps en temps à son ancien ami, lui pardonnant son mauvais caractère. Forme animale : un grand chien robuste.
Amalthea : Ancienne esclave noire, elle parvint à s’échapper. Elle prit la mer, puisque la terre ne lui offrait que des Déserts. Grande et impétueuse, elle se fit rapidement un nom, combattant aussi bien que les hommes. Ankomst l’offensa en refusant ses avances et c’est en parti pour cela qu’elle le captura. Forme animale : une panthère
Jim : Son unique employé, qui tiens la caisse. C'est aussi son apprenti... Un gentil garçon, un peu naïf, qui pardonne facilement ses crises à Ankomst. Forme animale : un poney shetland.


Petits riens inutiles donc parfaitement indispensables :
- Parfois, Ankomst souffre du mal de terre. Ne le laissez pas vous vomir dessus.
- Il adore la musique et possède un violon, instrument dont il sait très bien jouer.
- Son métier actuel est sculpteur sur bois, un art qu’il a toujours apprécié et qui l’aidait à passer le temps sur son bateau. Mais en vérité, il n’a pas besoin de ça pour gagner sa vie. L’héritage de Skan est assez conséquent…
- Son trésor était composé essentiellement de vieilles bouteilles de rhum, de quelques titres de propriétés (qu’Ankomst a tous revendus plus tard) et d’argent.
- Il n’a pas remit les pieds dans le monde des humains depuis son enfance, et ne compte pas le faire. Il ne sait pas si un chat handicapé a de grandes chances de survie, là-bas…
- Sa couleur préférée est le rouge, et il n’aime pas manger du poisson. Il préfère le voir nager librement dans les eaux… Son aliment préféré est la viande rouge, quel qu’elle soit.
- S’il n’aime pas les gens, Ankomst adore les enfants et ces derniers le lui rendent bien. C’est un très bon conteur, et ses histoires de pirates les ravissent au plus haut point.


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MessageSujet: Re: □ Ankomst □ Pirate à Roulettes    Mer 15 Sep - 2:42


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□ Ankomst □ Pirate à Roulettes
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